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Dimanche 10 février : Dimanche de la Santé
Lundi 11 février : Journée Mondiale du Malade

Deux occasions d'honorer et de remercier tous ceux qui se dévouent avec amour pour tous ceux qui souffrent physiquement et moralement, sans oublier ceux qui souffrent de solitude.
Deux occasions de prier pour chacun, aidants et souffrants.

Dans la paroisse, c'est en l'église Notre Dame qu'ils se sont retrouvés et que certains ont pu recevoir ce beau Sacrement des Malades pour avoir la force de continuer le chemin avec l'aide du Seigneur.

Voici quelques paroles offertes : celle de notre Pape, quelques unes de l'émission « le Jour du Seigneur » et d'autres extraites du film « Jean Vanier, le Sacrement de la tendresse ».


 

Message pour la Journée Mondiale du Malade 2019

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8).

(texte en PDF)

Chers frères et sœurs,

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). Ce sont les mots prononcés par Jésus au moment d’envoyer les Apôtres proclamer l’Évangile, afin que son Royaume s’étende à travers des gestes d’amour gratuit. À l’occasion de la XXVIIème Journée Mondiale du Malade, qui sera célébrée de façon solennelle à Calcutta, en Inde, le 11 février 2019, l’Église, Mère de tous ses enfants, surtout des malades, rappelle que les gestes de don gratuit, comme ceux du Bon Samaritain, sont la voie la plus crédible de l’évangélisation. Le soin des malades a besoin de professionnalisme et de tendresse, de gestes gratuits, immédiats et simples comme une caresse, à travers lesquels on fait sentir à l’autre qu’il nous est « cher ».

La vie est un don de Dieu, et comme interroge Saint Paul : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Co 4, 7). Précisément parce que c’est un don, l’existence ne peut pas être considérée comme une simple possession ou comme une propriété privée, surtout face aux conquêtes de la médecine et de la biotechnologie qui pourraient amener l’homme à céder à la tentation de la manipulation de l’«arbre de la vie » (cf. Gn 3, 24).

Face à la culture du déchet et de l’indifférence, je tiens à affirmer que le don doit être considéré comme le paradigme capable de défier l’individualisme et la fragmentation sociale contemporaine, pour établir de nouveaux liens et diverses formes de coopération humaine entre les peuples et les cultures. Le dialogue, qui apparaît comme un présupposé du don, ouvre des espaces relationnels de croissance et de développement humain capables de rompre les schémas établis d’exercice du pouvoir de la société. Donner n’est pas l’équivalent de l’action d’offrir car cela ne peut s’employer que s’il s’agit d’un don de soi et cela ne peut pas être réduit au simple transfert d’une propriété ou de quelque objet. Donner se différencie d’offrir précisément parce que cela contient le don de soi et suppose le désir d’établir un lien. Le don est donc avant tout une reconnaissance réciproque, qui constitue le caractère indispensable du lien social. Dans le don, il y a le reflet de l’amour de Dieu, qui culmine dans l’incarnation du Fils Jésus et dans l’effusion de l’Esprit Saint.

Tout homme est pauvre, nécessiteux et indigent. Quand nous naissons, nous avons besoin pour vivre des attentions de nos parents, et de même, à chaque phase et étape de la vie, chacun de nous ne parviendra jamais à se libérer totalement du besoin et de l’aide des autres, il ne réussira jamais à arracher de soi la limite de l’impuissance face à quelqu’un ou quelque chose. C’est aussi une condition qui caractérise notre être de « créature ». La reconnaissance loyale de cette vérité nous invite à rester humbles et à pratiquer courageusement la solidarité, comme vertu indispensable à l’existence.

Cette conscience nous pousse à une pratique responsable et responsabilisante, en vue d’un bien qui est inséparablement personnel et commun. Ce n’est que quand l’homme cesse de se concevoir comme un monde à part, mais comme quelqu’un qui, par nature, est lié à tous les autres, originellement pressentis comme des « frères », qu’une pratique sociale solidaire, imprégnée du sens du bien commun, est possible. Nous ne devons pas craindre de reconnaître que nous sommes pauvres et que nous sommes incapables de nous procurer tout ce dont nous aurions besoin, car seuls et avec nos seules forces, nous ne parvenons pas à vaincre toutes nos limites. Ne craignons pas de le reconnaître, car Dieu lui-même, en Jésus, s’est abaissé (cf. Ph 2, 8) et il se penche sur nous et sur nos pauvretés pour nous aider et nous donner ces biens que seuls nous ne pourrions jamais avoir.

En cette circonstance de la célébration solennelle en Inde, je souhaite rappeler avec joie et admiration la figure de la Sainte Mère Teresa de Calcutta, un modèle de charité qui a rendu visible l’amour de Dieu pour les pauvres et les malades. Comme je l’affirmais à l’occasion de sa canonisation : « Mère Teresa, tout au long de son existence, a été une généreuse dispensatrice de la miséricorde divine, en se rendant disponible à tous à travers l’accueil et la défense de la vie humaine, la vie dans le sein maternel comme la vie abandonnée et rejetée. […] Elle s’est penchée sur les personnes abattues qu’on laisse mourir au bord des routes, en reconnaissant la dignité que Dieu leur avait donnée ; elle a fait entendre sa voix aux puissants de la terre, afin qu’ils reconnaissent leurs fautes face aux crimes […] de la pauvreté qu’ils ont créée eux-mêmes. La miséricorde a été pour elle le ‘‘ sel ’’ qui donnait de la saveur à chacune de ses œuvres, et la ‘‘ lumière ’’ qui éclairait les ténèbres de ceux qui n’avaient même plus de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffrance. Sa mission dans les périphéries des villes et dans les périphéries existentielles perdure de nos jours comme un témoignage éloquent de la proximité de Dieu aux pauvres parmi les pauvres » (Homélie, 4 septembre 2016).

Sainte Mère Teresa nous aide à comprendre que le seul critère d’action doit être l’amour gratuit envers tous, sans distinction de langue, de culture, d’ethnie ou de religion. Son exemple continue à nous guider pour ouvrir des horizons de joie et d’espérance pour l’humanité qui a besoin de compréhension et de tendresse, surtout pour ceux qui souffrent.

La gratuité humaine est le levain de l’action des volontaires qui ont tant d’importance dans le secteur socio-sanitaire et qui vivent de façon éloquente la spiritualité du bon Samaritain. Je remercie et j’encourage toutes les associations de volontaires qui s’occupent du transport et du secours des patients, celles qui pourvoient aux dons de sang, de tissus et d’organes. Un secteur spécial dans lequel votre présence exprime l’attention de l’Église est celui de la protection des droits des malades, surtout de ceux qui sont affectés par des pathologies qui requièrent des soins spéciaux, sans oublier le domaine de la sensibilisation et de la prévention. Vos services revêtent une importance fondamentale dans les structures sanitaires et à domicile, qui vont de l’assistance médicale au soutien spirituel. Beaucoup de personnes malades, seules, âgées, présentant des fragilités psychiques ou motrices, en bénéficient. Je vous exhorte à continuer d’être un signe de la présence de l’Église dans le monde sécularisé. Le volontaire est un ami désintéressé auquel on peut confier ses pensées et ses émotions ; grâce à l’écoute, il crée les conditions qui font passer le malade, d’objet passif de soins, à l’état de sujet actif et protagoniste d’un rapport de réciprocité, capable de retrouver l’espérance, mieux disposé à accepter les thérapies. Le volontariat communique des valeurs, des comportements et des styles de vie qui sont animés par le ferment du don. C’est ainsi également que se réalise l’humanisation des soins.

La dimension de la gratuité devrait surtout animer les structures sanitaires catholiques, car c’est la logique évangélique qui caractérise leur action, tant dans les régions les plus avancées que dans les plus défavorisées du monde. Les structures catholiques sont appelées à exprimer le sens du don, de la gratuité et de la solidarité, en réponse à la logique du profit à tout prix, du donner pour obtenir, de l’exploitation qui ne s’embarrasse pas des personnes.

Je vous exhorte tous, à différents niveaux, à promouvoir la culture de la gratuité et du don, indispensable pour dépasser la culture du profit et du déchet. Les institutions sanitaires catholiques ne devraient pas tomber dans le travers consistant à privilégier les intérêts de l’entreprise, mais sauvegarder l’attention à la personne plutôt que le gain. Nous savons que la santé est relationnelle, elle dépend de l’interaction avec les autres et a besoin de confiance, d’amitié et de solidarité ; c’est un bien dont on ne peut jouir « en plénitude » que s’il est partagé. La joie du don gratuit est l’indicateur de santé du chrétien.

Je vous confie tous à Marie, Salus infirmorum. Qu’elle nous aide à partager les dons reçus dans l’esprit du dialogue et de l’accueil réciproque, à vivre comme des frères et sœurs attentifs aux besoins les uns des autres, à savoir donner d’un cœur généreux, à apprendre la joie du service désintéressé. Je vous assure que je suis proche de vous tous dans la prière, avec mon affection, et je vous envoie de tout cœur la Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 25 novembre 2018
Solennité du Christ-Roi de l’Univers


FRANÇOIS


  • Revoir le témoignage de l'émission « Le Jour du Seigneur »

« La Force d'être vulnérable »

  • Extrait de l'homélie du Dimanche de la Santé :

Frères et sœurs,

Jésus nous invite à larguer les amarres, à oser le large. Il l’a fait lui-même en quittant l’intimité de Nazareth pour rejoindre Capharnaüm, ville frontière, au carrefour des peuples, des religions et des cultures. Il s’aventure même dans une ville interdite de Samarie. Oser le large, c’est aussi avoir l’audace de Jésus-Christ. Suivre un Jésus libre, frère universel qui n’est la propriété d’aucune Eglise, un Jésus meurtri, blessé, bouleversé par toutes les formes de souffrance et d’injustice.
Oser le large à l’exemple de Jésus, c’est rejeter la pensée unique, devenir prophète et comme nous y invite notre pape François, rejoindre les périphéries, ne pas nous installer dans le ronron de nos sacristies. C’est partager le quotidien de nos frères, là où ils vivent, chantent, pleurent, espèrent, entreprennent, souffrent et meurent.
Oser le large, c’est comme Jésus l’a fait, fréquenter la foule de pauvres gens : les blessés de la vie, de l’amour, les estropiés du cœur, du corps et de l’esprit. Regardons autour de nous : ils sont légion, les yeux rougis par les larmes, quémandant un sourire, une main tendue, un peu de chaleur humaine.

Frères et sœurs, en ce jour où nous célébrons le dimanche de la Santé, laissons-nous interpeller par la chaleureuse présence, qu’assurent toutes les personnes engagées aux côtés de nos amis âgés, isolés, handicapés, malades.

Au milieu de l’océan de la souffrance et des questions sans réponse, elles osent prendre le large pour rencontrer le Christ dans l’humanité défigurée. Elles instillent, contre vents et marées, un salutaire goutte à goutte d’amour dans le cœur de ceux qui souffrent.

Père Denis Ledogar


 

 

Bande d'annonce du film

La fondatrice de l'ONG Le Projet Imagine et présentatrice TV Frédérique Bedos rend hommage dans ce film à l'action et aux idées de Jean Vanier, fondateur des communautés de L'Arche et des réseaux Foi et Lumière.
La grande admiration de la réalisatrice, qui décrit Jean Vanier comme un "prophète", est contagieuse. Elle parvient à montrer comment sa pensée, sa parole et son action ont influencé la vie de milliers de personnes, qu'elles soient en situation de handicap intellectuel ou pas.

Des communautés de L'Arche se créent dans toute la France et dans le monde. Le film nous emmène alors à la découverte de L'Arche de Calcutta (Inde), créée dès 1971, et de L'Arche de Bethléem (Cisjordanie), montrant ainsi l'universalité du message de paix porté par Jean Vanier. Le Sacrement de la Tendresse permet de découvrir la puissance pour l’humanité d’une fraternité partagée avec les personnes en situation de handicap.

Voici quelques mots de Jean Vanier (en italique)ou de ses amis, tirés du film, au sujet des personnes handicapés, mais ils sont aussi pour les malades, les personnes fragiles et pour nous tous.

La tendresse, c'est la rencontre avec une personne... qui dit : tu es plus beau que ce que l'on dit de toi !
Tous ont souffert du rejet, or en chacun il y a quelque chose de si beau ! Et ils n'attendaient qu'une chose : que quelqu'un les rencontre.
Merci d'être là et de découvrir par toi-même que toi aussi tu est beau.


Aimer, ce n'est pas faire quelque chose pour quelqu'un, c'est être avec lui.

Naissance d'une vocation : Jean ne veut pas le pouvoir, et pourtant il et le fils du gouverneur du Canada. Pendant la deuxième guerre mondiale, Jean est à l'écoute des souffrances en France, alors à 13 ans, il veut rejoindre la marine anglaise. Son père accepte en lui disant : « J'ai confiance en toi ». Cette expérience le façonne pour toute la vie. Pourtant, il ressent un appel à une autre forme de vie. Commence ainsi sa quête spirituelle.
Jean a conscience que seul Jésus peut aider à redresser le monde. Il démissionne de la marine... Il rejoint le centre international d’enseignement théologique des laïcs, L’Eau Vive, que dirige le Père dominicain Thomas Philippe (rencontre déterminante). Il fait des études et devient docteur en philosophie.
C'est un homme d'action, de prière et de parole.
A la fin de l’année 1963, il visite le père Thomas qui vient d’être nommé aumônier du Val Fleuri à Trosly‐Breuil, petit bourg situé au bord de la forêt de Compiègne dans l’Oise. Le Val Fleuri est une institution qui accueille une trentaine d’hommes avec un handicap mental. Plus tard, en 1964, il visite un asile psychiatrique dans la banlieue parisienne et voit des gens assoiffés de relation, assoiffés d'amitié.
Les personnes avec un handicap étaient les personnes les plus opprimées du monde : J'ai découvert leur beauté et leur histoire épouvantable. Ils étaient le rebut de l'humanité et pourtant c'est eux qui sont dans la vérité, car en tant que victimes ils crient une vérité.

1964, Il prend donc la décision de fonder une communauté, mais avec qui ? Il avait fait la connaissance de Raphaël Simi et de Philippe Seux et avait été profondément touché par leur détresse. Il décide d'acheter une petite maison dans le voisinage pour les accueillir et vivre avec ces deux nouveaux compagnons. Ce ne sont pas « des handicapés mentaux » que Jean Vanier accueille, ce sont Raphaël et Philippe ; ce n’est pas une institution qu’il crée, mais lui qui s’engage auprès de ces deux hommes dont le cri l’a touché. Cette démarche d’engagement personnel va se révéler extraordinairement féconde.
Pour tous les trois, c’est le début d'une vie nouvelle, radicalement différente de tout ce qu'ils connaissaient jusque-là. Dans la maison il y a tout a faire, chacun y travaille, ce qui fait que Raphaël et Philippe se sentent chez eux. C’est ainsi, après quelques mois d'ajustements et de tâtonnements, le début d'une aventure humaine hors du commun : « Au fond, ils voulaient un ami. Ils ne voulaient pas d’abord mes connaissances, mes capacités de faire des choses, mais mon cœur et mon être »

Il fallait accueillir le présent et faire le mies possible. On faisait mal la cuisine, on faisait mal tout, mais on était heureux, on était bien ensemble, on rigolait, on faisait des blagues.
Ce qui les intéresse, c'est la relation, et dans la relation, ce qui unit, c'est le rire et les larmes.
Le pauvre rend Jésus présent. D'autres sont arrivés à Trosly.

Après la justice, il faut les écouter. Il faut que la personne devienne actrice de sa vie, donc on peut proposer mais en lui demandant son avis : partager au quotidien.
L'handicapé reçoit mais il donne et nous fait découvrir notre propre handicap. « Je pense comme toi, mais différemment »

Pour être signe du Royaume de Dieu, il faut rigoler, danser et découvrir que l'on est plus beau que ce que l'on croit. Dans un groupe, je dois être une personne. Musulmans, chrétiens (ou autre spiritualité comme dans l'Arche de Bethléem, celle de Jérusalem ou de Calcutta), on est uni ensemble dans un même regard humain... Nous vivons avec des gens qui ont tout perdu, mais ils ont un cœur et on peut vivre ensemble et faire tomber les murs.
L’Évangile, c'est l’Évangile de la tendresse, de la compassion.


A droite, l'un des objets en laine grattée
et vendus pour permettre à l'Arche de Bethléem de vivre.

 

L'Arche

L'Arche, c'est 147 communautés réparties sur les cinq continents, dont 32 en France qui sont reconnues comme établissements médico-sociaux. Elle compte plus de 5000 membres. De nouveaux projets sont chaque jour à l'œuvre pour répondre à l'appel des personnes ayant une déficience intellectuelle, vulnérables et pleinement humaines.
Pour les 50 ans de l'Arche, il a dénoncé, entre autres, la tyrannie de la normalité, celle de vouloir gagner qui écrase les faibles : l'être humain n'est pas fait pour gagner, mais pour aimer.

On a tous de la violence en soi, comment la transformer en tendresse !
Jean est passé de l'amour de la force à la force de l'amour.
Le cœur de l'Arche, c'est la tendresse : je t'aime comme tu es !
Le sens de l'Arche : je suis heureux de vivre avec toi !

Jean Vanier a été récipiendaire du prix Templeton 2015 pour sa découverte innovatrice sur le rôle central des personnes les plus vulnérables dans la création d’une société plus juste, inclusive et humaine.

Le débat qui a suivi ce très beau film a été animé par le responsable international de l'Arche et ... avec la présence de 3 membres de l'Arche d'Agen et d'autres de la "jeune" Arche de Nay qui espère grandir et vivre, comme les autres, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

 


Arche d'Agen                                                Arche de Nay

Parmi les questions :

Quelle spiritualité dans l'Arche ?

 

L'Arche de Nay :

L'Arche et ses partenaires
car le travail aide pour l'autonomie et la valorisation