Un jour tu m'as dit « suis-moi » ...

 

Voilà 50 ans que l'abbé Pierre Dufourcq a offert sa vie et son amour au Seigneur,
et donc aux autres, en réponse à l'appel reçu de Celui qui a comblé et éclairé sa vie. 

C'est donc avec beaucoup de ferveur et une grande communion
avec tous ceux qui ont pu être présents
que se sont déroulées la veillée de prières pour les vocations du 1er juillet,
qu'il avait souhaitée,
et la journée d'action de grâce et d'amitié du dimanche 4 juillet.



Voici quelques unes des prières pour continuer de les méditer,
de porter ce souci des vocations, de prier pour elles et pour tous ceux qui y répondent.


TU M’AS CHOISIE  (Prière d’Emmanuelle)

 Un jour, tu m’as dit : « Suis-moi ».
Ca me faisait tout drôle de me dire que c’est toi
qui le premier es venu vers moi…
Il y a des jours où j’aimerais tellement me dire
que c’est moi qui suis venue vers toi,
moi qui ai voulu la première, te rencontrer…
Tu m’as choisie, mais je n’ai rien, rien à te donner…
Mes mains sont vides, mon cœur fermé…
Je n’ai rien à te donner, tu le vois bien…
Il y a des jours où je me demande bien pourquoi
c’est moi que tu as choisi,
Pourquoi un jour, tu es venu tout bouleverser…
Tu m’as choisie, Tu m’as dit :

« Va, va avec tes mains vides, ton cœur fermé,
Va, j’ai besoin de toi, les autres ont besoin de toi…Va… 
Viens me donner à manger, j’ai faim…
Viens me voir, je suis tout seul…Va… » 

Non, non je ne peux pas…
Je ne peux pas aller crier l’Amour aux autres…
Je n’ai rien, rien à leur donner ! Non je ne peux pas…
Je n’ai rien… 

« Si, va, je t’ai choisie…
Va, donne-leur ton Amour, donne-leur mon Amour.
Vite, cours, inonde-les de ta joie, de ta paix, de ton Amour…
de Ma joie, de Ma paix, de Mon Amour… » 

Tu m’as choisie…
Tu m’as choisie pour aimer, rien que pour aimer, pour crier Ton Nom…
Tu m’as choisie…Je veux te choisir.
Mon cœur déborde, il est inondé par Ton Soleil. 


TOUS APPELES   (prière d’un laïc) 

Seigneur, comment ne pas penser
que nous avons tous notre vocation dans l’Eglise ?
Tous appelés à la sainteté,
tous appelés à communiquer notre foi,
à être missionnaires, là où nous vivons.
Sur la route difficile de l’Eglise actuelle,
garde-nous de nous lamenter,
de ressasser le manque de vocations,
la crise de ceci ou de cela.

Fais que nous prenions plutôt notre part
de la charge de l’Eglise à naître et à animer.
Ouvre nos intelligences et nos cœurs
aux impulsions de ton  Esprit,
pour que l’Eglise trouve les formes qui te plairont
et des constructeurs courageux.
Si nous nous sentons tous plus responsables
dans ton Eglise, elle sera si vivante
que les vocations naîtront.

Texte de Jean-Paul II

 A l’exemple de Jésus, le prêtre est lui-même quand il est « pour les autres ». La prière lui donne une particulière sensibilité envers ces « autres », elle le rend attentif à leurs besoins, à leur vie et à leur destin. La prière permet au prêtre de reconnaître aussi ceux « que le Père lui a donnés »… Ce sont, avant tout, ceux que le Bon Pasteur place, pour ainsi dire, sur le chemin de son ministère sacerdotal, de sa responsabilité pastorale.

Ce sont les enfants, les adultes, les aînés. Ce sont les jeunes, les époux, les familles, mais aussi les personnes seules. Ce sont les malades, ceux qui souffrent, les mourants, ceux qui sont spirituellement proches, prêts à la collaboration apostolique, mais aussi ceux qui sont éloignés, les absents , les indifférents. Ceux qui sont mal disposés pour différentes raisons. Ceux qui cherchent l’aide du prêtre et ceux qui la repoussent.

Comment être « à » tous ceux-là – et « à » chacun d’eux – en imitant le Christ ?

Nous connaîtrons toujours une épreuve de l’amour, épreuve que nous devons accepter ; avant tout, sur le terrain de la prière.

Seigneur, je te prie
             pour les bergers de nos Églises.

Donne-leur sagesse et force :
qu'ils sachent guider les brebis vers de bons pâturages
et qu'ils aient le courage de se tenir debout dans l'adversité.

Seigneur entends la prière qui monte de nos cœurs

Donne-leur lumière et vigilance :
qu'ils soient fidèles à ton Évangile malgré les contradictions de ce monde
et qu'ils puissent discerner l'ivraie du bon grain.     Seigneur entends la prière ...

Donne-leur enthousiasme et espérance :
qu'ils soient des allumeurs de joie au cœur de leurs fidèles
et qu'ils communiquent leur élan  à tous ceux qu'ils rencontrent.   Seigneur entends ...

Et donne à leurs brebis
de les aimer, de les soutenir, de leur pardonner au besoin,
dans leur merveilleux et dur labeur.    Amen

Seigneur entends la prière qui monte de nos coeurs.


Dimanche 4 juillet



C'est avec les autres prêtres du relais St Jacques-St Martin, ses amis,
la chorale et les paroissiens que
l'abbé Pierre Dufourcq a célébré cette messe d'action de grâce
et qu'il a refait ces gestes qu'il faisait pour la première fois, il y a 50 ans.





 

( Voir, à la fin, la totalité de l'homélie de Pierre Dufourcq
dans laquelle résonne le mot « confiance »,
elle traduit son bonheur d'être prêtre,
son beau parcours qui est loin d'être fini
et l'appel qu'il nous lance 
)

« 50 ans ! comme je suis heureux de partager avec vous ma joie et surtout l’action de grâce dans cette célébration. Oui, partager avec vous un grand merci à Dieu qui dans la 1ère lecture nous parlait avec une tendresse toute maternelle et qui s’est fait on ne peut plus proche en Jésus son Fils...

Voilà ! 50 ans… et la vie continue. J’accueille avec confiance la nouvelle mission que je reçois de notre Evêque : être son délégué pour l’entraide fraternelle des prêtres dans le Diocèse et aussi auxiliaire dans la paroisse Saint Pierre de l’Océan (quel beau nom) qui réunit St Jean de Luz, Ciboure et Urrugne avec résidence à St Jean de Luz à partir de septembre.

Jésus nous disait tout à l’heure : « La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers : prions pour les prêtres qui vont devenir les pasteurs de nos communautés ; prions pour ceux, peut-être parmi nous, que le Seigneur appelle à se mettre à son service  comme prêtres : qu’ils se découvrent attendus et soutenus par l’amitié, la confiance, l’engagement des autres chrétiens et qu’ils osent dire à leur tour : « Seigneur, tu m’appelles ; me voici ; envoie-moi. »

Frères et sœurs, il est fidèle le Dieu qui appelle, il est juste et bon de lui rendre grâce. AMEN »



La joie contagieuse qu'il porte en lui et l'amitié
ont continué d'animer cette belle journée ponctuée de nombreux MERCIS.

 



 



C'est dans l'établissement St Dominique qu'un repas très convivial a suivi
... "le buffet n'avait pas oublié l'ancien marin" ...



 







Sylvie a fait mémoire et les enfants ont participé joyeusement ...

 



... ainsi que toute l'assistance !



 

( Nos prêtres seraient-ils de vraies stars de la chanson !!! )



Une bien belle journée !
MERCI à tous ceux qui ont oeuvré pour la réussite d'une telle journée
MERCI Monsieur l'abbé Pierre Dufourcq pour ce que vous êtes et ce que vous donnez,
vous témoignez du bonheur de croire et d'être chrétien
malgré les difficultés du chemin.


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Homélie de Pierre Dufourcq :

50 ans de sacerdoce – 4 juillet 2010

29 JUIN 1960 : C’était à la veille du Concile Vatican II qui a si profondément marqué la vie de l’Eglise et notre ministère de prêtres dès ses premières années 

50 ans ! comme je suis heureux de partager avec vous ma joie et surtout l’action de grâce dans cette célébration. Oui, partager avec vous un grand merci à Dieu qui dans la 1ère lecture nous parlait avec une tendresse toute maternelle et qui s’est fait on ne peut plus proche en Jésus son Fils.

Nous lui disons merci d’abord pour la grâce de notre baptême : ce jour là, il a fait de nous ses enfants au sens vrai du mot, il nous a aimés le premier, il a fait les premiers pas vers nous. C’est en grandissant que nous avons eu la joie de le connaître et de croire en lui.

De son amour premier, nos parents ont souvent été les témoins vivants – je pense beaucoup à ma mère. Puis, des chrétiens , catéchistes,  prêtres, professeurs, animateurs d’aumôneries nous ont transmis la Parole de Dieu et nous ont guidé sur les chemins de sa rencontre. Tout cet environnement chrétien a favorisé et soutenu en moi l’appel intérieur et récurrent à devenir prêtre. Pourquoi moi ? Jésus a dit un jour à ses disciples : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » :texte souvent lu et entendu devenu parole   particulièrement éclairante pour moi le 15 Août 1955 : en service militaire dans la marine, je faisais l’expérience d’une cohabitation exiguë et exigeante sur un bateau et j’étais allé savourer quelques heures de silence à la chartreuse de Monrieux dans le Var : la lecture du chapitre 15 de l’Evangile de Saint Jean donnait tout son sens à cette immersion dans un univers bien différent du séminaire . Et avec ceux qui s’affirmaient chrétiens, les dimanches en mer, nous nous réunissions autour de la Parole de Dieu : et je dis à Dieu un grand merci pour le ministère du Père Podevigne qui nous éveillait et nous soutenait dans la conscience d’être témoins du Christ.

Après les années de formation et de maturation au grand Séminaire est venu le moment de

l’engagement définitif ! toujours impressionnant ! peut-on engager sa vie dans un avenir dont nul ne sait de quoi il sera fait (vous la connaissez bien cette interrogation, vous qui avez dit un oui que rien ne pourrait détruire). Le futur prêtre a deux motifs d’oser s’engager : l’assurance que le Christ  n’abandonne jamais ceux qu’il appelle et qui ne cessent de se confier à lui : l’ordination exprime son engagement à lui qui ne reprend jamais sa parole ; et puis un  autre motif d’audace confiante, c’est de savoir que son appel intérieur est authentifié par le choix de l’Eglise interprété par l’Evêque. Si je suis devenu prêtre, ce n’est pas seulement parce que je l’ai désiré, mais c’est aussi parce que d’autres chrétiens m’ont fait confiance.

Jésus disait : « c’est moi qui vous ai choisis et établis pour que vous partiez et que vous donniez des fruits ». Dans l’Evangile d’aujourd’hui, il appelait 72 disciples (un chiffre qui évoquait alors le nombre des nations païennes) et il les envoyait pour une mission qui consistait à annoncer partout où ils iraient « le règne de Dieu est tout proche de vous », et non seulement le dire mais en donner des signes, tels que guérir des malades, non pas en concurrençant ou suppléant les médecins et autres soignants, mais en manifestant la proximité de Dieu à tous ceux dont ils croiseraient la route, surtout les blessés de la vie. La mission des prêtres est de manifester que Jésus est réellement vivant, qu’il demeure effectivement parmi nous, que c’est de Lui que nous vient le salut et non seulement le dire mais en transmettre les relais, porteurs de sa vie et de son amour à travers les sacrements notamment.

Cette mission m’a toujours été confiée par l’Evêque qui m’a envoyé d’abord à Rome, en mission d’étude au cœur de l’Eglise universelle qui préparait le Concile autour du bon pape Jean 23 dont la bonhomie et la sérénité contagieuses étaient le fruit d’une confiance humble et totale dans la fidélité de Dieu et qui a fait de lui un pape très audacieux dans son grand âge.

Revenu dans le diocèse, aumônier des étudiants et de Marguerite de Navarre, puis au service diocésain de la catéchèse - elle est passionnante la transmission de la Parole de Dieu ! - , j’ai été associé à la formation des futurs prêtres, à Bayonne d’abord, et quelques années plus tard à Bangui en République Centrafricaine où j’étais accueilli chez un peuple si différent de moi et dans une Eglise toute jeune - à peine 100 ans - quelle cure de rajeunissement et d’espérance et en même temps quelle responsabilité : accompagner des jeunes, les aider à discerner la volonté du Seigneur sur eux attester l’authenticité de leur vocation : une mission qui ne peut être portée qu’à plusieurs ( dans l’équipe des formateurs à Bangui, nous étions de 4 continents et 5 nationalités : seule la foi créée des liens si universels !)

Et puis, il y a le ministère paroissial : à St Joseph (11 ans), ici à St Martin (15 ans dont 8 aussi à St Jacques) : que d’événements familiaux, paroissiaux nous ont réunis pour des fêtes, des célébrations joyeuses, que d’épreuves -des deuils notamment-nous ont permis de resserrer les liens de communion entre nous. S’il fallait caractériser ce qu’il nous est donné de vivre dans une communauté chrétienne, je parlerai volontiers de partage : partage de la vie avec ses joies et ses peines, partage de la foi nourrie de la Parole de Dieu et de l’accueil de sa vie dans les sacrements, partage du travail de la mission de l’Eglise. Pour tout cela avec vous, je dis merci à Dieu et je vous remercie pour votre amitié, votre confiance, votre bienveillance, votre générosité, le témoignage de votre foi, votre participation active à la vie de l’Eglise .Comment ne pas signaler comme motif de joie et cadeau de fête le chemin fait avec Eric : il a reconnu un appel intérieur, dans une circonstance bien caractéristique de l’humour du Seigneur(il nous l’a raconté jeudi soir dans la veillée de prière-)et  qui le conduit ,lui baptisé tout bébé et non catéchisé  à demander à communier aujourd’hui pour la 1ère fois ,

Un autre motif de dire merci à Dieu : le jour de notre ordination, l’Evêque et tous les prêtres présents imposent les mains sur la tête de l’ordinand : c’est un geste d’accueil et de communion dans le ministère. J’ai eu l’inappréciable grâce que cette fraternité créée par le sacrement se concrétise pour moi dans une vie et une mission partagée avec d’autres prêtres tout au long de ces 50 années dont 24 avec Marcel Daban et 15 avec Benoît.

On évoque souvent la solitude des prêtres imposée, pense-t-on par le célibat, qui, il est vrai, demande pour être vivable d’être choisi et non subi. Mais la solitude, nous le savons, beaucoup de nos contemporains la connaissent au quotidien (4 millions nous disent des statistiques publiées cette semaine) : pour tous, et donc pour nous prêtres, il est important que des amitiés fidèles, cordiales évitent le repliement sur soi si déprimant. Mais votre présence ici, si nombreuse, si chaleureuse dit bien la vérité de l’amitié qui nous unit laïcs et prêtres.

Est-ce à dire que tout est facile ? St Paul écrivait dans la 2ème  lecture : « Que la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ reste mon seul orgueil » Nous sommes les disciples d’un crucifié qui nous invite tous à renoncer à nous-mêmes, à prendre notre croix chaque jour, cette croix qui est au cœur de tout amour. Oui, il y a des jours de lassitude, avec la conscience de nos limites, de ne pas être à la hauteur de la confiance que Dieu  nous fait et de l’attente des hommes… et je demande pardon à ceux que j’ai pu choquer ou blesser. L’indifférence tranquille vis-à-vis de Dieu qui n’intéresse pas nombre de nos contemporains est une souffrance pour un apôtre (vous la connaissez vous aussi )Pour un pasteur, la plus grande épreuve est le constat de ferments de division qui peuvent gangrener la vie des communautés elles – mêmes.

Voilà ! 50 ans… et la vie continue. J’accueille avec confiance la nouvelle mission que je reçois de notre Evêque : être son délégué pour l’entraide fraternelle des prêtres dans le Diocèse et aussi auxiliaire dans la paroisse Saint Pierre de l’Océan (quel beau nom) qui réunit St Jean de Luz, Ciboure et Urrugne avec résidence à St Jean de  Luz à partir de septembre.

Jésus nous disait tout à l’heure : « La moisson est abondante mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers : prions pour les prêtres qui vont devenir les pasteurs de nos communautés ; prions pour ceux-peut-être parmi nous-que le Seigneur appelle à se mettre à son service  comme prêtres : qu’ils se découvrent attendus et soutenus par l’amitié, la confiance, l’engagement des autres chrétiens et qu’ils osent dire à leur tour : » Seigneur, tu m’appelles ; me voici ;envoie-moi.

Frères et sœurs, il est fidèle le Dieu qui appelle…il est juste et bon de lui rendre grâce .AMEN

Pierre DUFOURCQ


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