♦ Du 24 au 26 mai 2014

Un pèlerinage en Jordanie, Palestine et Israël, c'est ce que notre Pape François a fortement désiré et a réalisé : « Ce pèlerinage en Terre Sainte, a dit le Pape François, fut un cadeau dont je rends grâce à Dieu. Il m'a conduit sur cette terre bénie où a vécu Jésus et où se sont manifestés les événements fondateurs de l'hébraïsme, du christianisme et de l'islam... »

Son voyage avait aussi pour but d'encourager la recherche de la paix dans la région, de la paix qui est à la fois don de Dieu et action des hommes : « Je l'ai fait en Jordanie, en Palestine et en Israël, en pèlerin, au nom de Dieu et de l'homme, avec une grande compassion pour tous les fils de la Terre Sainte qui depuis trop de temps vivent en guerre et ont droit de connaître la paix. C'est pourquoi j'ai recommandé aux chrétiens d'être dociles à l'Esprit, d'être capables de gestes d'humilité, de fraternité et de réconciliation...de se faire des artisans de la paix »

Le voyage a également permis au Pape de confirmer les communautés chrétiennes dans la foi des populations qui souffrent tant. « J'exprime ma gratitude à l'Église pour la présence des chrétiens dans tout l'Orient. Ce sont des frères courageux qui témoignent de l'espérance et de la charité, qui sont le sel et la lumière de cette terre. Avec leurs écoles et leurs hôpitaux ils œuvrent en faveur de la réconciliation et du pardon, en faveur de la société entière... Ce voyage a été pour moi "une grâce reçue de frères et de sœurs qui espèrent contre tout espoir... »

Texte plus complet de cette relecture de son pèlerinage en Terre Sainte en cliquant sur la photo
où il est avec ses deux amis Argentins : un Juif et un Palestinien.

Dans la prière, il a posé des gestes forts, il a dit des paroles fortes... en voici quelques uns :

En Jordanie, terre d'accueil des réfugiés des zones de guerre, il a rencontré ceux d'un camp de réfugiés, ainsi que des jeunes handicapés à Béthanie, sur le lieux supposé du Baptême du Christ.

« J’ai beaucoup souhaité vous rencontrer au cours de mon pèlerinage, vous qui, à cause de conflits sanglants, avez dû laisser vos maisons et votre Patrie et avez trouvé refuge en cette terre hospitalière de Jordanie ; et en même temps, j’ai voulu vous rencontrer, chers jeunes qui faites l’expérience du poids de quelque limite physique.

... En venant ici au Jourdain se faire baptiser par Jean, Jésus montre son humilité et partage notre condition humaine : il s’abaisse jusqu’à nous et, par son amour, il nous rend la dignité et nous donne le salut. Cette humilité de Jésus, le fait qu’il se penche sur les blessures humaines pour les guérir, nous touche toujours. Car Jésus se baisse sur toutes les blessures humaines, pour les guérir... Et à notre tour nous sommes profondément touchés par les drames et les blessures de notre temps, spécialement par celles provoquées par les conflits encore ouverts au Moyen Orient. Je pense en premier lieu à la Syrie bien-aimée, déchirée par une lutte fratricide qui dure depuis désormais trois ans, et qui a déjà fait d’innombrables victimes, obligeant des millions de personnes à se faire réfugiées et exilées en d’autres pays.

Tous, nous voulons la paix...

Je m’adresse à la communauté internationale pour qu’elle ne laisse pas seule la Jordanie, si accueillante et courageuse, à faire face à l’urgence humanitaire venant de l’arrivée sur son territoire d’un nombre si élevé de réfugiés...

A vous les jeunes, je demande de vous unir à ma prière pour la paix. Vous pouvez le faire aussi en offrant à Dieu vos peines quotidiennes, et ainsi votre prière personnelle deviendra précieuse et efficace. Et je vous encourage à collaborer, par votre engagement et votre sensibilité, à la construction d’une société respectueuse des plus faibles, des malades, des enfants, des personnes âgées. Même dans les difficultés de la vie, soyez signe d’espérance. Vous êtes dans le cœur de Dieu. Vous êtes dans mes prières. Et je vous remercie pour votre présence chaleureuse et nombreuse...

Que Dieu convertisse les violents, que Dieu convertisse ceux qui ont des projets de guerre, qu'il convertisse ceux qui vendent et fabriquent les armes, qu’il fortifie les cœurs et les esprits des artisans de paix et qu’il les récompense de ses bénédictions... »

Il a ensuite retrouvé des enfants et des jeunes réfugiés des camps de Dheisheh, Aïda et Beit Jibrin.

Un enfant : « Cher pape François, nous sommes les enfants de la Palestine. Depuis 66 ans nos parents subissent l’occupation. Nous avons ouvert les yeux sur cette occupation et nous avons vu la nakba dans les yeux de nos grand parents, quand ils ont quitté ce monde. Nous voulons dire au monde : assez de souffrances et d’humiliations ! »

Le Pape : « Je vous remercie pour les chants. Ils sont très beaux ! Vous chantez très bien. Et je te remercie pour les paroles que tu as prononcées au nom de tous. Je remercie pour le cadeau, il est très significatif !

J’ai lu ce que vous avez écrit sur les feuilles ; j’ai compris ce qui était écrit en anglais, et le père m’a traduit ce qui était écrit en arabe. Je comprends ce que vous êtes en train de me dire et le message que vous me donnez.

Ne faites jamais en sorte que le passé détermine votre vie. Regardez toujours devant. Travaillez et luttez pour obtenir les choses que vous voulez. Mais, sachez une chose : que la violence ne se vainc pas par la violence ! La violence se vainc par la paix ! Avec la paix, avec le travail, avec la dignité de faire aller de l’avant la patrie !... »

Devant les deux murs, le "mur de séparation" entre la Palestine et l'État d'Israël, et le "mur occidental ou Kotel" dans lequel il a glissé la prière du Notre Père, car cette prière s'inspire des prières juives.

Vidéo du Pape devant le mur :


Le geste inattendu du pape François face au mur... par SIPAMEDIA

Auparavant c'est sur l'Esplanade des Mosquées, lieu emblématique d’un héritage commun et des tensions qui divisent Jérusalem, qu'il s'est exprimé :

Mettant ses pas de pape pèlerin dans ceux d’Abraham, le père des trois grands monothéismes, il rappela « qu'il vécut comme pèlerin sur ces terres » : « Musulmans, Chrétiens et Juifs reconnaissent en Abraham, bien que chacun de façon différente, un père dans la foi et un grand exemple à imiter, a-t-il déclaré devant plusieurs personnalités du monde musulman dont le Grand Mufti Muhamad Ahmad Hussein. Il se fit pèlerin, laissant son propre peuple, sa propre maison, pour entreprendre cette aventure spirituelle à laquelle Dieu l’appelait »

Abraham incarne l’humilité de la « personne qui se fait pauvre, qui se met en marche, est tendu vers un but grand et désiré, vit de l’espérance d’une promesse reçue » (cf. He 11, 8-19). Il a ensuite lancé un appel à être des « artisans de paix », œuvrant à « une communication et à un échange fraternels » : « Dans notre pèlerinage terrestre, nous ne sommes pas seuls, a-t-il rappelé : nous croisons le chemin d’autres frères, parfois nous partageons avec eux un bout de chemin, parfois nous vivons ensemble une étape qui nous donne du courage ».

Texte complet, cliquer ICI

Au Saint Sépulcre, le Pape François et le Patriarche Bartholomée Ier "sont restés longuement en prière, dans le partage d’une humilité commune... ce que le Saint Sépulcre, lieu de tensions et de chamailleries plus ou moins graves entre chrétiens, n’avait encore jamais vu de façon aussi exemplaire."

"Côte-à-côte, ils se sont agenouillés ensemble, comme deux vieux pélerins fatigués par le poids du jour, pour embrasser la dalle légèrement surélevée, jaunie par des myriades de dévotions. La pierre de l’Onction, comme on l’appelle, est cette plaque de marbre où le corps supplicié de Jésus aurait reçu les soins préalables à son ensevelissement, des mains de Joseph d'Arimathie..."

Immédiatement après, avant de prendre la parole, François a voulu baiser le vêtement de Bartholomée, signe d’humilité et de dévotion, ce qui s’est terminé dans une accolade fraternelle. Puis le pape a rappelé la grâce qui était donné à tous de vivre ce moment : « Chacun de nous, chaque baptisé dans le Christ, est spirituellement ressuscité de ce tombeau (...) Tenons-nous près du tombeau vide dans un recueillement respectueux, pour redécouvrir la grandeur de notre vocation chrétienne : nous sommes des hommes et des femmes de résurrection, non de mort. Apprenons, de ce lieu, à vivre notre vie, les souffrances de nos Églises et du monde entier à la lumière du matin de Pâques »


Texte complet en cliquant sur la photo ci-dessus

Des célébrations ont aussi marqué ce Pèlerinage :

Messe en Jordanie

avec Première Communion d'enfants et des représentants de diverses Églises :

Messe à Bethléem

Extraits de l'homélie (Texte complet en cliquant sur l'image ci -dessus)

« L’Enfant Jésus, né à Bethléem, est le signe donné par Dieu à qui attendait le salut, et il reste pour toujours le signe de la tendresse de Dieu et de sa présence dans le monde. L’ange dit aux bergers : « Voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un enfant… ».

Aujourd’hui également les enfants sont un signe. Signe d’espérance, signe de vie, mais aussi signe “diagnostic”... Quand les enfants sont accueillis, aimés, défendus, protégés dans leurs droits, la famille est saine, la société est meilleure, le monde est plus humain. Pensons à l’œuvre que réalise l’Institut Effetà Paolo VI en faveur des enfants palestiniens sourds-muets : c’est un signe concret de la bonté de Dieu. C’est un signe concret que la société s’améliore...

"Voici le signe qui nous est donné : vous trouverez un enfant…" Peut-être cet enfant pleure-t-il ! Il pleure parce qu’il a faim, parce qu’il a froid, parce qu’il veut rester dans les bras… Aujourd’hui également, les enfants pleurent, ils pleurent beaucoup, et leurs pleurs nous interpellent. Dans un monde qui met au rebut chaque jour des tonnes de nourriture et de médicaments, il y a des enfants qui pleurent, en vain, de faim et de maladies facilement curables. En un temps qui proclame la sauvegarde des mineurs, se commercialisent les armes qui finissent dans les mains d’enfants-soldats ; se commercialisent des produits confectionnés par de petits travailleurs-esclaves. Leurs pleurs sont étouffés : les pleurs de ces enfants sont étouffés ! Ils doivent combattre, ils doivent travailler, ils ne peuvent pas pleurer ! Mais leurs mères, Rachel d’aujourd’hui, pleurent pour eux : elles pleurent leurs enfants, et ne veulent pas être consolées (cf. Mt 2, 18)... »

Messe au Cénacle

« ... Au Cénacle, Jésus ressuscité, envoyé du Père, communiqua aux Apôtres son Esprit-même et, avec sa force, il les envoya renouveler la face de la terre (cf.Ps 104, 30)...

Le Cénacle nous rappelle le service, le lavement des pieds que Jésus a accompli, comme exemple pour ses disciples... Le Cénacle nous rappelle, avec l’Eucharistie, le sacrifice. Dans chaque célébration eucharistique, Jésus s’offre pour nous au Père... Le Cénacle nous rappelle aussi l’amitié. « Je ne vous appelle plus serviteurs – dit Jésus aux Douze – … je vous appelle mes amis » (Jn 15, 15)... Le Cénacle nous rappelle le départ du Maître et la promesse de se retrouver avec ses amis... Mais le Cénacle rappelle aussi la bassesse, la curiosité – « qui est celui qui trahit ? –, la trahison... Le Cénacle nous rappelle le partage, la fraternité, l’harmonie, la paix entre nous. Que d’amour, que de bien a jailli du Cénacle !... Le Cénacle enfin nous rappelle la naissance de la nouvelle famille, l’Église, notre sainte mère l’Église hiérarchique, constituée par Jésus ressuscité. Une famille qui a une Mère, la Vierge Marie...

L’horizon du Cénacle : l’horizon du Ressuscité et de l’Église.

D’ici part l’Église en sortie, animée par le souffle vital de l’Esprit. Recueillie en prière avec la Mère de Jésus, elle revit toujours l’attente d’une effusion nouvelle de l’Esprit Saint : que descende ton Esprit, Seigneur, et qu’il renouvelle la face de la terre (cf. Ps 104, 30) ! »

Texte complet en cliquant ICI

Méditation à Gethsémani

Patriarche Latin Fouad Twal : « A quelques mètres d’ici, sur le mont des Oliviers face à Jérusalem, Jésus pleura. Sous nos pieds, dans le jardin de Gethsémani, a eu lieu l’agonie du Maître. Angoisse telle qu’il n’en a jamais existée et qui continue à travers les angoisses des peuples, et à travers toutes celles de l’être humain.

Jérusalem est une ville qui unit tous les croyants, et en même temps, qui les divise. La ville du Calvaire, comme la ville de la Résurrection et de l’Espérance... Comme Jésus à Gethsémani, nos chers consacrées, partie intégrante de l’église locale, se sentent souvent seuls et abandonnés. Grâce à votre personne et votre voix, nous demandons au monde chrétien et à nos frères évêques, plus de proximité, plus de solidarité et un sens d’appartenance à notre Eglise Mère... »

Pape François : « Il sortit pour se rendre… au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent (Lc 22, 39)

Quand arrive l’heure marquée par Dieu pour sauver l’humanité de l’esclavage du péché, Jésus se retire ici, à Gethsémani, au pied du mont des Oliviers. Nous nous retrouvons dans ce lieu saint, sanctifié par la prière de Jésus, par son angoisse, par sa sueur de sang ; sanctifié par-dessus tout par son « oui » à la volonté d’amour du Père. Nous avons presque peur de nous rapprocher des sentiments que Jésus a éprouvés en cette heure ; nous entrons sur la pointe des pieds dans cet espace intérieur où s’est décidé le drame du monde.

En cette heure, Jésus a senti la nécessité de prier et d’avoir auprès de lui ses disciples, ses amis, qui l’avaient suivi et avaient partagé de plus près sa mission. Mais ici, à Gethsémani, le suivre se fait difficile et incertain ; le doute, la fatigue et la terreur prennent le dessus...

Cela nous fera du bien à nous tous, évêques, prêtres, personnes consacrées, séminaristes, de nous demander en ce lieu : qui suis-je devant mon Seigneur qui souffre ?...

Imitons la Vierge Marie et saint Jean, et restons près des nombreuses croix où Jésus est encore crucifié. C’est la route sur laquelle notre Rédempteur nous appelle à le suivre : il n’y en a pas d’autre, c’est celle là !

« Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jn 12, 26).

Texte complet en cliquant ICI

 

♦ 8 juin 2014

Le dimanche après-midi, le Président palestinien Mahmud Abbas et le Président israélien Shimon Peres ont répondu à l'invitation du Pape François et ont été ses hôtes, afin de prier pour solliciter de Dieu le don de la paix.

Le Vatican a qualifié la rencontre d’une « invocation pour la paix », afin d’éviter qu’elle soit assimilée à une « prière interreligieuse ». « On ne prie pas ensemble, on se retrouve pour prier », a ainsi précisé le père franciscain Pierbattista Pizzaballa, custode de Terre Sainte.

« Cette initiative vise à la paix dans une région traversée par des conflits, où politique et diplomatie ne sont pas parvenues à des résultats durables. (...) Nous voulons donner un signal, en Asie et en Europe, qu'avec l'aide de Dieu, nous pouvons arriver à des résultats », a affirmé le patriarche Bartholomée au quotidien italien La Repubblica. Dans un tweet posté samedi, le pape François a quant à lui affirmé : « La prière peut tout. Utilisons-la pour porter la paix au Moyen-Orient et dans le monde entier ».
Si l’événement est historique, il est aussi surtout symbolique. Le pape François a d’ailleurs insisté sur le fait que cette rencontre n’est en rien une « médiation », qui serait une « folie ». Le président Mahmoud Abbas a dit espérer que cette prière aide Israël à « décider » d'opter pour la paix.

Texte de l'invocation pour la Paix du Pape François, cliquer sur la photo ci-dessous

Auparavant le pape avait invité tous les fidèles : « Je vous demande de ne pas nous laisser seuls. Vous, priez, priez beaucoup pour que le Seigneur nous donne la paix dans cette Terre bénie. »

Pax Christi France s’était associé à cette initiative du pape François et avait invité tous les amis de la paix à s’unir à ce mouvement de prière pour la paix. Cliquez sur le logo pour retrouver le compte rendu de cette rencontre au Vatican :

Prière historique au Vatican pour la paix en Terre Sainte

Intervention du président palestinien Mahmoud Abbas

Intervention du président israélien Shimon Peres

 

Ensemble et avec le patriarche Bartholomée, ils ont planté un olivier, symbole de Paix.