Sur le site du Doyenné Pau-Périphérie

reportage avec vidéos sur

- le renoncement à poursuivre son pontificat de Benoît XVI

- les réactions de plusieurs hommes d'Eglise, dont Mgr Aillet

- et l'explication du conclave

 

- ainsi que le billet du Père Michel Dagras :

PAPE HONORAIRE !

La nouvelle a éclaté comme un éclair dans un ciel bleu ! Estimant ne plus avoir la force de diriger l’Église, Benoît XVI annonce qu'il quittera ses fonctions à la fin du mois.. Sa décision ne se perd pas dans un vide juridique. Le droit de l’Église prévoit en effet le cas1. Mais il ne s'était vraiment produit qu'une fois2.
Les commentaires vont bon train. Certains soucieux d'exciter des curiosités friandes de soupçons échafaudent des hypothèses sur d'éventuelles raisons inavouées. D'autres tournées vers l'avenir pronostiquent des papabile et les politiques – novatrices ou conformistes ? - qu'ils seront susceptibles d'impulser.

Mais l’événement fait mouche sur des consciences catholiques subitement placées devant une brassée de questions : un pape pour quoi faire ? Que retenir du pontificat de Benoît XVI ? Sur quoi fonder l'avenir de l’Église ? Des réponses développées ne sauraient tenir en quelques lignes.
Essayons tout de même d'en préciser quelques points d'attention majeurs.
Le Pape est un évêque. Il s'inscrit dans la longue liste de ceux qui ont exercé leur ministère à Rome. Le premier fut saint Pierre, l'apôtre qui reçut du Christ la mission de présider à l'unité vivante et missionnaire de l’Église. Cette responsabilité s'est trouvée confrontée au cours des siècles à des difficultés considérables, venues de la personnalité des papes eux-mêmes, des divisions internes qui ont déchiré la tunique sans couture de l'unité des chrétiens, et des persécutions qui ont conduit au martyre un certain nombre de pontifes. Quelles que soient les vicissitudes des temps le catholique croit que le souffle de L'Esprit anime ce ministère d'unité missionnaire et soutient finalement la croissance du bon grain au détriment de l'ivraie.

Le pontificat de Benoît XVI entre dans ce grand courant multiséculaire. Il en a connu les épreuves, épuisantes pour la personne qui les endure. Et c'est tout à son honneur de le voir innover en acceptant en toute simplicité de remettre son tablier pour le bien de l’Église.

Ce pape théologien nous laisse trois documents remarquables, trois encycliques de haute tenue. Les médias ont coutume de ne leur faire que chichement écho. Peut-être parce que leurs messages étonnent en remettant en en cause bien des idées reçues sur ce que croit l’Église ? Au premier de ces textes cette phrase étonnante : Dieu s'est retourné contre lui-même, son amour contre sa justice, selon l'attitude du Père accueillant son fils prodigue. Nous voici éloignés d'une conception effrayante du jugement de Dieu. Le deuxième texte bouscule aussi notre imaginaire en précisant que l'éternité n'est pas une succession continue des jours du calendrier, mais quelque chose comme le moment rempli de satisfaction, dans lequel la totalité nous embrasse et dans lequel nous embrassons la totalité. Le troisième message demande d'inscrire le principe de gratuité et la logique du don … à l'intérieur de la vie économique normale. Des générosités révolutionnaires pour un monde obsédé de rentabilité !
Notre Pape a rempli sa mission avec ombres et lumières. Il a tenu son bâton de pasteur, à sa façon, soucieux d'unité et de vérité. Aujourd'hui il lâche prise, exemple d'humilité et de courage pour tous les responsables et à tous les niveaux.


1 - Droit canon 332/2 S’il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu’elle soit dûment manifestée..
2 - En 1294 le Pape Célestin V démissionne en invoquant la maladie et l'inexpérience.