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Au sujet du Corps du Christ, écouter ou lire la très belle homélie de Mgr Michel Aupetit,
archevêque deParis, en l'église Saint-Eustache à Paris le jour de Pâques.

« On enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé » : c’est le témoignage essoufflé de Marie-Madeleine aux deux apôtres Pierre et Jean. Où est le corps du Seigneur ?

C’est la question qui s’est posée lundi soir au plus fort de l’incendie de Notre-Dame de Paris : « Où est le corps du Seigneur » ? Il fallait sauver la cathédrale, le trésor, constitué des pièces d’orfèvrerie accumulées au cours des siècles. Il fallait aussi sauver, pour les croyants, cette relique infiniment précieuse : la couronne d’épines de Jésus ramenée par le roi Saint-Louis.

Mais une question angoissante a surgi dans mon cœur : « Où est le corps du Seigneur » ? A-t-on pu sortir le Saint Sacrement ? Le Corps de Jésus qui était dans le tabernacle ?

C’est pour ce Corps, voilé sous l’apparence d’une miette de pain qu’a été construite cette cathédrale. Qu’est-ce qui est le plus précieux ? La cathédrale, le trésor ou la miette de pain ?

La miette de pain, c’est le Corps de Dieu, le Corps du Christ, son Corps ressuscité, insaisissable sauf s’il se donne. Et il se donne : « Ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». Et puis ce que nous avons fêté le Jeudi Saint : « Prenez, mangez, ceci est mon Corps ». Cette miette de pain, c’est la Vie de Dieu qui se communique. Cette miette de pain donne à ceux qui la reçoivent la vie éternelle, elle nous ouvre les portes du Ciel, elle nous fait participer à la résurrection du Christ, cette résurrection que nous fêtons aujourd’hui et qui appellera notre propre résurrection dans la chair au retour du Seigneur que nous attendons à l’achèvement du temps.

Nous voulons sauver la cathédrale. Cet écrin splendide a été voulu pour être la manifestation magnifique du génie humain qui rend hommage à l’amour d’un Dieu qui se donne par amour et qui, pour se donner, s’est fait l’un d’entre nous.

Rendons hommage à la foi des bâtisseurs qui ont su unir le génie humain et la grâce divine.

Aujourd’hui nous rendons hommage à nos chers pompiers qui, eux aussi, ont montré leur savoir-faire, leur courage, et nous les remercions d’avoir pu préserver l’essentiel, quelquefois au risque de leur vie. Quand la prière du peuple de Dieu tout entier s’est jointe à votre courage et à votre professionnalisme tout était encore possible. Et cela fut possible. Merci vraiment au nom de tous.

Mais je voudrais aussi remercier l’aumônier des pompiers, le père Fournier qui est allé chercher le Corps du Christ, le Saint Sacrement, cette miette de pain qui donne tout son sens à la vie de cet édifice splendide. Lui aussi a pris des risques pour sauver une miette de pain parce qu’elle était le Corps ressuscité de notre Seigneur que nous fêtons aujourd’hui, comme nous le fêtons chaque dimanche, qui est devenu le jour central de notre semaine parce que c’est le jour de sa résurrection.

Les apôtres se sont précipités au tombeau du Christ, ils n’ont pas trouvé son corps, ils ont cru. Nous avons trouvé le corps ressuscité du Seigneur. Nous aussi, nous croyons.