Index de l'article

Un temps privilégié pour se ressourcer et revenir ainsi à l'essentiel avec

la prière, le jeûne et le partage

Dans cette page évolutive, vous trouverez ce qui se vit dans la paroisse mais aussi des témoignages et des propositions grâce à quatre sites :

- « Carême dans la ville » avec les Dominicains de la Province de France, (comme Avent dans la ville qui avait été très suivi) qui propose entre autres une méditation à lire ou écouter chaque jour : www.retraitedanslaville.org 

et « Mon chemin de Carême »,  une version pour les plus jeunes qui s'appelle Théobule : www.theobule.org

- « Vivre le Carême avec Édith Stein », avec les Carmes de Paris, un thème par semaine, envoyé le vendredi et avec des propositions pour la semaine : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

- « 40 jours pour (re)découvrir la joie de prier » avec YouPRAY, écouter, méditer, prier. Un mail avec un petit programme audio court d'environ 10 minutes par jour, "starter de prière" qui vous aide à démarrer votre prière : https://blog.youpray.fr/

- « 40 jours avec les chrétiens qui souffrent », avec l'AED (Aide à l'Eglise en Détresse). Chaque semaine, une vidéo et le témoignage d'une religieuse de l'un des pays concernés : www.careme.aed-france.org/

Mais aussi des textes de notre Pape François : « Que le désert de la création redevienne le jardin de la communion avec Dieu, qui existait avant le Péché originel »


 

♦ Introduction par le Père Jean-Jacques Dufau

Le carême  est un temps de pèlerinage. Le carême est un temps qui dure 40 jours. Quarante jours de pèlerinage qui nous conduisent vers Jérusalem, là où Jésus est entré comme un roi. C’est le dimanche des Rameaux. Jérusalem, où Jésus a été jugé injustement, a été crucifié, est mort. C’est le Vendredi Saint. Jérusalem, là où, à la clarté du matin du Dimanche de Pâques, il est ressuscité. Seul Dieu pouvait le faire. Dieu l’a fait.

Le carême est un pèlerinage vers Pâques. Nous marchons avec le cœur, dans le creux de l’âme, vers le dimanche de Pâques. « Puissions-nous revivre l’expérience des disciples d’Emmaüs. Ecouter la Parole du Seigneur et nous nourrir du pain eucharistique qui permettront à notre cœur de redevenir brulant de foi, d’espérance et de charité » (Pape Francois)

Oui nous partons en randonnée en famille, en paroisse, avec des amis, avec des compagnons. Certains ont du mal à marcher, ils ont mal au pied, ils ont chaud ou froid. Il y en a qui craquent. Il faut les aider, leur redonner courage, porter leur sac, leur dire un mot aimable, oublier la mauvaise humeur. On a tous quelqu’un à servir avec une vraie intelligence. C’est le partage. Certains ont peut-être envie qu’on les aide, ils n’aiment pas se laisser servir. Ils souffrent, ils sont seuls, ils ne sont pas aimés. Avec l’amour on arrive à tout. « La pratique de l’aumône aide à découvrir que l’autre est mon frère : ce que je possède n’est jamais seulement mien » ( Pape François)

♦ Un vendredi avec les jeunes à 12h13

Des jeunes de l'Immaculée Conception et de Saint Maur ont choisi de se nourrir de l'Eucharistie, à la place du repas habituel, chaque vendredi de Carême. Sandrine et la talentueuse chorale de l'Immaculée Conception sont là pour aider chacun dans sa prière.

Liturgie de la Parole

Abbé Louis-Marie : « ... Et si nous disions : pendant ce Carême, pour toi, mon Dieu, je vais prendre du temps pour toi, je veux te mettre en premier... »

Offertoire

Communion

Vers l’Hostie Sainte, où Jésus m’attend, humblement, je relève les yeux, je Le contemple.
Dans le silence, où Jésus m’attend, mon âme assoiffée se déploie, cherchant Sa fraicheur.
Il me regarde si mystérieusement. Invisible dans l’Hostie, Il me regarde.
De son Amour brûlant, Il vient transfigurer mon cœur. Des ténèbres à la lumière, Il me relève.
Feu jaillissant du Cœur Sacré qui sans cesse guérit. Invisible dans l’Hostie, Il me regarde.

Hostia Santa.

Envoi

Ouvre mes yeux, Seigneur, fais que je voie ! Jésus Sauveur, je crois en toi !
Ouvre mes yeux, Seigneur, fais que je voie, Ton amour me conduira.

J'étais dans la nuit, dans la détresse et dans la mort.
Du fond de l'abîme j'ai crié vers toi Seigneur.
Tu m'as délivré, tu m'as guéri, tu m'as sauvé,
Mon âme est en paix car tu m'aimes.

 Un grand merci à tous ceux qui ont préparé et animé cette belle célébration,
et à chacun pour ces magnifiques silences porteurs d'une prière profonde
ainsi qu'à la chorale dont les chants ont aussi porté nos prières.

Bonne suite de Carême à chacun, bon chemin vers Pâques.


 

Votre foi est précieuse : réveillez-là !

Savez-vous que vous avez en vous une force que vous n'imaginez pas ? Votre foi ! Ravivez votre foi avec les méditations quotidiennes des Dominicains. Inscrivez-vous gratuitement : http://bit.ly/2GEy4P6

Aujourd'hui, pour nous préparer ensemble à Pâques, nous sommes heureux de vous retrouver pour méditer une phrase de Jésus : «Ta foi t'a sauvée». Cette phrase revient six fois dans les évangiles. C'est dire son importance. Notre foi nous sauve répète Jésus. Cela vaut donc la peine d'en prendre soin. 

Le carême nous offre un moment propice pour nourrir, éclairer, initier peut-être notre foi, fragile et précieuse. Cette année encore, saisissons-le !

Présentation par Frère Benoît Ente : entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville.

Pour bien accueillir ce temps de Carême, voici

5 témoignages du Carême 2018 sur le thème « Tu m’as relevé »

♦ Père René Luc : aujourd'hui encore, le Seigneur appelle des hommes à devenir les pasteurs de son peuple. Une folie ? Oui. Un signe pour le monde ? Également. Mais aussi une aventure vertigineuse, féconde, pour ceux qui consacrent leur vie à l'Evangile. Le Père René-Luc témoigne.

Relevés par le baptême : lorsqu'ils étaient baptisés, les premiers chrétiens étaient entièrement plongés dans l'eau. Cette tradition continue dans la cathédrale d'Evry où Louise et Hélène ont reçu le baptême, elles témoignent avec Laurence.

Florian Boucansaud : ancien footballeur professionnel, était au sommet de la gloire quand l'Esprit Saint a frappé à sa porte. Et quand l'Esprit de Dieu nous saisit, notre vie en est bouleversée. C'est ce qui est arrivé à Florian. Il témoigne pour nous dans ce film sur la confirmation.

Le sacrement de la réconciliation, guérisseur d'humanité : Il y a des hommes et des femmes qui aiment comme Jésus aime, qui pardonnent comme Jésus a pardonné. Guy Lescanne est de ceux là. Avec Zacharie, il a pris la route du pardon. Son histoire nous fait entrevoir la force immense du sacrement de la réconciliation.

S'engager avec un autre pour toute sa vie, sans savoir ce qui arrivera, sans savoir ce qu'il deviendra dans 20 ou 30 ans ? Voie sans issue ou au contraire chemin de vie où un amour humain et divin se construit jour après jour ? Anne-Charlotte et Guillaume nous partagent leur expérience.


 

« Ta foi t'a sauvée » : thème 2019

Sélection de quelques beaux textes ou témoignages
(Pour avoir tout, inscrivez-vous à Retraite dans la ville, c'est gratuit)

(Pour avoir les textes complets en PDF, cliquez sur la photo corespondante)

Savez-vous que vous avez en vous une force que vous n'imaginez pas ? Votre foi ! Ravivez votre foi avec les méditations quotidiennes des Dominicains.

♦ Dimanche 21 avril :

Pâques, Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

« Eau de parfum »

« Et la maison fut remplie de l’odeur du parfum. » (Jean 12, 3)

Ce matin, nous pouvons dire : « Notre foi nous a sauvés ! » Mais « si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi notre foi ».* Ce cri de joie est le fondement du message chrétien. Si nous ne croyons pas en la résurrection, il reste peut-être une vision religieuse du monde, mais le message chrétien est mort. Nous sommes ressuscités avec le Christ, et ce matin, nous chantons Alléluia avec toute la Création.

Aujourd’hui, Dieu, comme aux premiers jours de la Genèse, s’est rendu présent dans un lieu informe et même vide. Nous en découvrons la trace. Le linceul est là, le linge qui a couvert la tête est roulé à part. Mais le corps du crucifié est absent.
Le Ressuscité a emporté le mal, la haine, la jalousie, la discorde, la guerre. Il fallait la Croix pour que l’Écriture s’accomplisse, mais aujourd’hui la lumière triomphe des ténèbres : c’est notre foi, nous voulons vivre...

(Livre de l'Apocalypse 21, 1-4)

« Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : "Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé." »

♦ Samedi Saint 20 avril

« Lire la Bible »

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Luc 24, 45)

La Bible n'est pas qu'un assemblage de livres antiques, juste bons pour les spécialistes.
Elle est Parole de Dieu, c'est-à-dire qu'elle raconte le récit d'un Dieu qui entre en relation avec l'humanité. Cette histoire aux multiples facettes est là pour tous, elle a le pouvoir de nous éclairer aujourd'hui.
Thomas se lance dans la lecture de la Bible, persévère et finit par récolter des fruits. Pourquoi pas nous ?

♦ Vendredi Saint 19 avril

« Intronisation »

« Aujourd’hui, tu seras avec moi en paradis. » (Luc 23, 43)

C’est la fin, c’est le déchaînement de la violence et l’heure de la mort. La Passion nous rend contemporains d’une tragédie, d’une histoire violente et haineuse et nous pourrions être tentés de nous écrier : « Cela suffit avec ce que nous vivons, et entendons habituellement ! » Nos souffrances, celles de nos proches, le terrorisme, la révolte des gilets jaunes et les violences extrêmes, le monde qui marche sur la tête, l’Église qui va mal lorsque ses membres donnent un contre-témoignage. Tout peut nous revenir à l’esprit et au cœur.

La Passion du Seigneur nous rappelle, s’il en était besoin, que notre chemin passe par la Croix. Il n’est pas une marche triomphale et en tout cas, même si nous tombons, Dieu vient à notre rencontre.
En silence, Il nous accompagne pour nous faire entrer dans son mystère par le porche de l’espérance : le pire peut arriver, mais je ne serai pas abandonné...

♦ Jeudi Saint 18 avril

« Le geste qui Sauve »

« Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi,
vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
» (Jean 13, 14)

... Aujourd’hui, au moment d’entrer dans sa Passion, Dieu sait se rendre disponible à tous. Même Judas qui brise l’amitié fait l’objet de sa sollicitude et a les pieds lavés...

Le geste du lavement des pieds doit pouvoir nous guérir et nous faire agir pour le salut de nos frères et sœurs. Il est difficile de traverser la vie sans avoir à subir des injustices ou à endurer quelques blessures, mais c’est sans doute un des lieux où nous pouvons nous entraider : le pain est rompu, le sang versé. La fracture du groupe des disciples et sa restauration sont célébrées. La coupe nous engage à partager leur destinée, à vivre de leur espérance.

♦ Mardi 16 et mercredi 17 avril

« Défaillance »

« Je crois, viens au secours de mon manque de foi. » (Marc 9, 24)

La défaillance et le doute sont les lieux de la rencontre entre le croyant et l’incroyant. L’humble, conscient de ses limites, sait que sa foi peut défaillir. Ces heures sont à vivre sans honte, comme un dépouillement, une occasion de percevoir l’incroyant non pas comme quelqu’un à qui il manquerait quelque chose, mais comme un humain, un frère, une sœur de qui nous avons à recevoir, car nous ne lui sommes pas supérieurs, nous sommes aussi à terre et salis par la boue du chemin.

La croix est un lieu d’égalité où Pierre lui-même rejoint les reniements de l’histoire en même temps que les relèvements. « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. »...

 

« Poignée de main »

« Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23, 34)

Nous sommes au plus bas, à l’heure de la trahison. Notre foi en la résurrection devrait nous interdire de désespérer de la dignité humaine. La dignité du Fils de l’homme va être bafouée avec celle de tous les êtres humains qui sont maltraités dans l’histoire de l’humanité.

La foi est un sursaut, car croire en la dignité de toute personne peut s’avérer difficile. Nous avons peut-être dans notre entourage un frère, une sœur, un ami qui est tombé sur le chemin de la vie dans une addiction ou qui a commis une faute insoutenable. Si nous sommes en présence d’une personne qui nous répugne par sa lâcheté ou ce qu’elle a fait, Jésus nous demande de la respecter. Un ami magistrat me disait qu’il serrait toujours la main des prévenus, de ceux-là mêmes qu’il allait juger et parfois condamner lourdement...

 

♦ Dimanche 14 et lundi 15 avril

« L'unique croyant »

« C’est en Jésus-Christ, par sa foi, que nous avons l’assurance nécessaire
pour nous approcher de Dieu avec confiance.
"
» (Ephésiens 3, 12)

 Frère Bernard Sennelle : Prieur du couvent St Jacques à Paris, le frère Bernard travaille pour l'association DECERE à une réflexion sur la place des religions dans l’espace public en Europe. Il est également aumônier au Parlement européen.

Ai-je besoin d’un Sauveur ? La question nous habite au seuil des jours saints et de son cortège de trahisons. À la veille du déchaînement de lâchetés, d’accusations et de violences en tout genre, nous osons espérer, croire que les mystères de la foi ouvrent nos cœurs et nos esprits à la lumière et les délivrent de toute entrave. Cette semaine, nous entrons en Dieu et dans sa vie et c’est finalement un chemin de joie que nous allons emprunter tout au long de ces jours.
C’est un retour à nous-mêmes que nous vivrons, une explication avec nous-mêmes...

Au cours de cette semaine, le Christ retourne librement au Père la source de son élan. L’élan d’un fleuve lui est donné par sa source. L’élan du Christ lui vient de son Père. C’est sa foi qui va le soutenir au cœur du drame. Et la croix va conduire cette foi à sa perfection. Pour nous, le Christ devient l’unique Croyant...

 

« Insolite »

« Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”,
et il vous aurait obéi.
» (Luc 17, 6)

Mais que devient la Bonne Nouvelle du Christ dans un monde d’où le divin semble s’être retiré ? Que fait Dieu devant tant de violence et de lâcheté ? Qu’a-t-il fait pour venir au secours de son Fils à l’heure de la Passion ? Aujourd’hui, ces questions resurgissent et la foi paraît reléguée au vestiaire. Car elle est insolite, déroutante aux yeux de beaucoup de nos contemporains. Ils nous interpellent : « Comment pouvez-vous encore croire en un Dieu aujourd’hui ? »

Souvent d’ailleurs, Jésus s’étonne du manque de foi. Elle est aussi un chemin laborieux qui peut faire peur. Son caractère insolite contraste avec la communication moderne et la technique aussi rapides que sans surprise. Seulement, l’humanité fait ce qu’elle peut dans la lenteur et parfois la déroute. Insolite et fragile comme l’homme, la foi n’en est pas moins notre trésor et notre joie...

♦ Samedi 13 avril

« Passer à l'acte »

« Puis Jésus ressuscité leur dit : "Allez dans le monde entier.
Proclamez l’Évangile à toute la création." » (Marc 16, 15)


L'état de notre planète nous met face à un défi qui semble immense, bien trop lourd pour nous. Le risque est d'être paralysé par l'ampleur de la tâche.
Dans la prière, Sophie trouve une force pour se lever et passer à l'acte. Et si nous nous y mettions tous ?

♦ Jeudi 11 et vendredi 12 avril

« Irrésistible appel »

« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père,
et va vers le pays que je te montrerai
.
» (Genèse 12, 1)

Sœur Louis-Marie

J’ai 16 ans quand les sœurs s’installent aux Camélias à Saint-Denis de La Réunion. J’apporte souvent des fleurs pour leur chapelle. Un jour, une sœur me demande : « Est-ce une vocation ? » Je ne veux pas entendre et prends la fuite. Pourtant, cet appel reçu dans mon enfance ne me quitte pas.
Dix ans plus tard, il devient plus insistant et exige une réponse. Je suis restée proche de la communauté des sœurs et je me décide à y entrer. Comme saint Paul, je veux que tout le monde connaisse Jésus. Il y a trop de souffrances dans ce monde. Je veux les faire miennes, les porter dans mon cœur et les présenter à Dieu. On me traite de folle : « Tu as tout, un travail, une voiture, une maison ! Est-ce qu’en 68 on peut encore penser à la vie monastique ? » En cette période troublée, beaucoup quittent la vie religieuse et moi je m’engage. Cela semble un contresens... 

« Coup de barre »

« Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux.
» (Matthieu 26, 39)

Sœur Marie-Patricia

La vie monastique, ce n’est pas que des prières. Les tâches de la vie quotidienne sont nombreuses. J’ai même traversé une fatigue de la foi, car je peinais dans certaines tâches pratiques. J’ai crié vers le Seigneur ; Il m’a fait comprendre que je devais lâcher prise et lui faire davantage confiance.
Alors, je me suis armée de la Parole de Dieu, de la prière et de la charité dans le don de moi-même. Ce fut l’origine d’un nouvel élan dans ma foi.

Le Piton des Neiges, ce volcan de La Réunion, qui semble endormi, illustre bien la fatigue de la foi. En apparence, rien ne se passe et pourtant la lave est toujours là, qui jaillira de nouveau. Quel que soit l’état de vie, nous rencontrons parfois cette fatigue. Ce n’est ni une malédiction ni une fatalité...

♦ Mardi 9 et mercredi 10 avril

« Murmure »

« Par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine. »
(Lettre aux Éphésiens 2, 14)

Sœur Marie-Patricia

Au cours de leur marche dans le désert, lieu de la tentation et des épreuves, les Hébreux récriminèrent contre Moïse et contre Dieu. Le peuple murmure. Qui n’a jamais murmuré contre Dieu ? L’échec, la maladie, le deuil, autant d’occasions pour accuser Dieu. Qui n’a jamais murmuré contre son prochain, les institutions publiques, l’Église ?...

Le murmure crée des murs dans les relations. Relation avec Dieu, relation avec nos frères et sœurs.
Face à cela, dans la foi, Moïse intercède. Il ne réagit pas comme le peuple le voit, en ennemi. Il ne critique pas. Au contraire, il est solidaire du peuple. Il est leur avocat auprès de Dieu et rétablit la relation entre Dieu et le peuple.

Moïse préfigure Jésus qui intercède pour nous auprès du Père...

« Nuit cyclonique »

« Quand je me tiens à l’abri du Très-Haut et repose à l’ombre du puissant,
je dis au Seigneur : mon refuge, mon rempart, mon Dieu dont je suis sûr.
»
(Psaume 90, 1-2)

Sœur Marie de l'Enfant Jésus

C'est la nuit. J'ai 15 ans. Un terrible cyclone se déchaîne sur l’île de La Réunion. Éclairs éblouissants, tonnerres, averses et vents violents brisent tout. La maison craque, le toit en tôle se soulève. Ma mère en silence prend le tableau du Sacré-Cœur de Jésus et le pose sur une grande table sous laquelle nous nous réfugions. Nous crions vers le Seigneur, et récitons le chapelet. Peu à peu, la paix revient, nous reprenons confiance. Ce jour-là, la prière faisait corps avec notre vie, depuis elle ne m’a jamais quittée.
Elle n’a pas toujours été facile. Même après 65 ans de vie religieuse, elle ne me vient pas naturellement. Bien sûr, je reçois des grâces, mais chaque jour, pour que la prière fasse corps avec ma vie, il me faut faire un effort d’union à Dieu dans la foi.
Le Seigneur répond toujours à mes appels...

♦ Dimanche 7 et lundi 8 avril

« Silence, on tourne ! »

« Pour toi le silence est louange, ô Dieu, dans Sion. »
(Psaume 65, 2)

 Sœur Marie-Emmanuelle : installées depuis 1958 à Saint-Denis de la Réunion, les moniales dominicaines se consacrent à l'accueil et à l'écoute de la Parole de Dieu dans la vie contemplative.

 Une femme est prise en flagrant délit d’adultère. Elle est déjà condamnée par les bien-pensants qui la conduisent devant Jésus pour qu’il la juge. Va-t-il la condamner ? Elle se tait, car elle est une femme. Dans le milieu juif au temps de Jésus, la femme n’a pas droit à la parole, sa parole n’a aucune valeur juridique.

Se sachant déjà condamnée, elle garde le silence, à son silence répond celui de Jésus. Le silence de Jésus est riche de tout son amour, amour qui a déjà tout donné : sa vie, sa mort. Son amour enveloppe cette femme et ses accusateurs, son silence aimant n’est pas indifférence, mais temps de maturation. Il donne à chacun le temps d’entrer en lui-même, de prendre conscience de son état et de reconnaître qu’il ne peut pas s’en sortir seul dans la vie, qu’il a besoin d’un sauveur. Après le silence vient le temps de la parole. « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. »

L’impact de cette parole aurait-elle été aussi forte sans le silence qui l’a précédée ?
Dans les épreuves, il nous semble parfois que Dieu est absent, silencieux, mais comme pour Jésus, son silence n’est pas indifférence, mais temps de maturation. Il entend nos cris de détresse tout comme le frémissement de notre cœur...

 

« Sortie de secours »

« À pleine voix je crie vers le Seigneur ; il me répond de sa montagne sainte »
(
Psaume 21, 23)

... Dans la Bible, le cri souvent devient prière comme celui de Suzanne, une femme injustement condamnée à mort pour adultère. Elle n’a plus d’issue et crie vers le ciel. « Dieu éternel, toi qui pénètres les secrets, tu sais qu’ils ont porté contre moi un faux témoignage. Voici que je vais mourir, sans avoir rien fait de tout ce que leur méchanceté a imaginé contre moi. »...

Quand tout semblait fermé ou perdu, Jésus, du haut de la Croix, a lancé ce cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ! » Avec lui, ayons l’audace de crier à pleine voix vers notre Père.

♦ Samedi 6 avril

« Parler de Dieu »

« Je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée »
(Psaume 21, 23)

Il est fini ce temps où la majorité de la population était chrétienne, une époque où tous connaissaient les bases de la foi. Aujourd'hui un chrétien ne peut plus se dispenser d'un témoignage personnel.
Comme pour Thomas, cela vous paraît insurmontable ? Peut-être suffit-il de se lancer ? Partagez cette vidéo, ce sera un premier pas !

♦ Jeudi 4 et vendredi 5 avril

« Ils m'ont appelée Vilaine »

« Simon, j’ai quelque chose à te dire. » (Luc 7, 40)

Retrouvons cette scène à trois personnages principaux : Jésus invité chez Simon et probablement Marie Madeleine qui se jette à ses pieds.

Simon, l’hôte, parle le premier : – Tu es donc le seul à ne pas savoir à quel point cette femme n’est pas fréquentable ? Ce geste aux pieds de Jésus, une honte ! Simon est scandalisé. Jésus, au contraire, admire. N’est-il pas lui-même enseigné par ce geste ? Comme la femme, passionnée, s’est penchée sur ses pieds, avec larmes et parfum, Jésus à son tour se penche, confidentiellement, à l’oreille de Simon. Il désire par là inverser le regard de ce dernier dans l’espoir que s’éveille entre eux aussi une relation nouvelle...

« Liberté chérie »

« Ma grâce te suffit »

Saint Paul affirme : « Ma grâce te suffit ! » Or Jésus dit : « Ta foi t’a sauvée. » Alors ? Comment comprendre cette apparente contradiction ? Autrement dit : le tout est grâce d’un roman célèbre inclut-il ou exclut-il l’homme et la femme ? Bien sûr qu’il les inclut. Retrouvons pour nous en convaincre le fil rouge qui traverse le parcours évangélique de nos cinq amis.
Marie pleinement femme. Tout au long de son existence, elle consent. Elle conçoit et offre son fils à la vie. Elle conserve toutes choses en son cœur. Elle ose interroger : comment ? demande-t-elle à l’ange ; pourquoi ? reproche-t-elle à l’enfant fugueur...

♦ Mardi 2 et mercredi 3 avril

« Une sœur aînée d'abord »

« Marie dit alors : Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
»
(Luc 1, 46-47)

J’aurais dû commencer par elle, par sa foi à elle, « une petite fille, cette reine des anges »*.
Il y a son fiat, bien sûr, mais je préfère ici laisser parler son magnificat. Il déborde de sens par au moins trois attitudes qui s’entrelacent, tels trois fils tressant une gerbe.
D’abord, elle explose de joie. Elle exulte. Elle exalte. Elle, si petite, ne peut rien refuser, ne veut rien refuser à celui qui est tout. Elle a foi en lui, elle est foi en lui.

Ensuite, elle annonce la victoire des humbles sur toute forme de domination...

Enfin, le Magnificat nous révèle une troisième attitude : Marie s’offre à une nouvelle signification du temps et de l’histoire humaine. Elle nous invite à l’y suivre.

« Le bond de la confiance »

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Marc 10, 51)

... Dans cette proclamation, « ta foi t’a sauvé », se dévoilent deux bonnes nouvelles : d’une part l’accès à un salut personnel. La sortie de mes propres enfermements, issus de mon histoire, que je dois apprendre à nommer. D’autre part, l’accès à un salut au-delà de ma petite personne qui tend à réconcilier l’aventure humaine avec elle-même et avec Dieu.
Dans ce salut, j’ai ma part. La confiance a le premier et le dernier mot : ta confiance en moi, ma confiance en toi, si petit bout d’homme ou de femme sois-tu.

♦ Dimanche 31 mars et lundi 1er avril

« Des miettes en or »

« Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. »
(Luc 15, 31)

Dominique : il est entré dans l'ordre en 1951. Après avoir vécu plusieurs années en Algérie, il est maintenant à Lille où il donne des cours de français auprès de migrants.

 On entend ce dimanche la parabole de l’enfant prodigue. Je crois pourtant que plus fondamentalement, c’est le Père qui est prodigue. A-t-il manifesté une préférence entre ses fils ? Eh bien, non ! Il préfère… les deux. En Jésus, le Père aime tous ses enfants et parce qu'il nous aime, il nous fait collaborer chacun à notre propre salut. Cinq témoins cette semaine vont tour à tour nous en convaincre.
Commençons par la Cananéenne, une païenne au regard des juifs pieux, femme de toutes les audaces. Elle se fait accuser par Jésus d’ôter le pain de la bouche des enfants de la Promesse, tel un petit chien. Et elle de lui répondre : « Justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »...

« Même un homme de guerre »

« Chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. » (Matthieu 8, 10)

... L’expérience ? « Ce vécu qui fait vivre. » Ainsi la définissait un de mes amis. Elle serait cette part du vécu qui, ressassée, peut rebondir en sagesse, en repères éprouvés.

Notre centurion est fier. Il a conscience de pouvoir obtenir d’un subordonné une soumission totale et même à distance ! « Va là-bas, et il y va. »* Nous ne savons que trop les terribles déviations de ce pouvoir militaire quand il est abandonné au service d’un tyran ou d’un petit chef. Mais il peut aussi être mis au service du bien, constituer un rempart contre l’adversité et mobiliser des énergies au service de justes causes défensives...

♦ Samedi 30 mars

 « S'engager dans l'Église »

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » (Matthieu 16, 18)

Pourquoi s'engager dans une Église salie par les crimes de quelques uns ?
Parce qu'elle est l'Église du Christ et qu'il compte sur nous pour la rendre belle et sainte, parce qu'elle est le porte-voix de Dieu pour annoncer son amour offert à tous, parce qu'il s'y vit aussi et surtout de grandes joies et enfin parce que unis, nous sommes plus forts pour vaincre le mal.
Tout cela, Thomas le découvre et s'émerveille.

♦ Jeudi 28 et vendredi 29 mars

« Au pied du mur »

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
(Matthieu 28, 20)

Denis : architecte et familier de la Bible, passionné par la catéchèse et l’œcuménisme, actif dans une association pour loger durablement les sans abri.

 ... Lorsqu’enfin j’acceptai de témoigner, tout se mit à couler de source. Cela passait non par mes pauvres mots, mais par le feu d’une intonation, d’un regard, du silence où Dieu se tient. Dieu me parlait dans ce que je balbutiais maladroitement. Nouvel éblouissement, comme un « Je suis avec [toi] tous les jours… »
D’accord, Seigneur « Me voici ». Je suis incapable mais Toi, Tu m’as sauvé.

« Deuxième chance »

« Maître, laisse-le cette année encore. »
(Luc 13, 8 )

Philippe : père de famille, engagé dans la vie professionnelle, politique et associative. Fondateur de l’association Espace Fraternité qui distribue repas et vêtements aux personnes les plus défavorisées.

 ... Engagés dans une association qui accueille, écoute les plus vulnérables. Nous leur offrons repas, vêtements, aide administrative et médicale. L’un comme l’autre, nous et eux, recevons une deuxième chance.
Chaque fois, ce sont deux arbres sauvés dans la vigne du Seigneur.
Aller au-delà, changer mon regard vis-à-vis des exclus des banquets, un retournement s’est opéré en moi.

Il passait par là. Un jour, ils l’ont arrêté, condamné. Il apportait l’amour, prêchait la fraternité. Quand ils ont crié crucifie-le, les hommes ne lui ont pas donné sa deuxième chance. Pourtant, Jésus était venu pour nous sauver. Il guérissait, en plus il pardonnait. Dieu l’a ressuscité...

♦ Mardi 26 et mercredi 27 mars

Cécile : épouse, mère et grand-mère, Cécile Paris est aussi organiste à la cathédrale de St Malo, maire-adjointe de la ville de Dinan et auteur d’un livre « Orphelins d’un enfant ».

« Mystérieux remèdes »

« Dieu parle d’une façon et puis d’une autre, sans qu’on prête attention. »
(Job, 33, 14)

 ... La mort de mon fils Vincent, jeune dominicain de trente ans, pourrait paraître injuste et passer pour la preuve d’un non-amour de Dieu. Pourtant, mystérieusement, j’ose dire maintenant que cette épreuve a été pour moi le départ d’une grande aventure avec le Christ. De la mort a jailli la vie, pour Vincent comme pour moi.
Il nous faut parfois beaucoup de temps pour comprendre les agissements de Dieu à notre égard. Malgré notre tiédeur et notre inconstance, Dieu, lui, jamais ne nous abandonne. Comme le vigneron sait soigner le figuier, il connaît les remèdes à notre mal, nous laissant toute liberté de les prendre ou pas. Ces remèdes peuvent aussi s’appeler fraternité, partage, prière, eucharistie, sacrement de réconciliation...
Allons-nous accepter de nous laisser soigner par le Christ ?

« Trouve ta voix ! »

« Seigneur, me voici ! » (Exode, 3, 4)

Yacine : Enseignante en zone d'éducation prioritaire à Limoges, responsable du groupe fraternel local, impliquée dans les relations avec les musulmans, Yacine participe également au catéchisme en paroisse.

 Le Seigneur vit que Moïse avait fait un détour.*
Toi aussi, tu es en train de faire un détour en te mettant à l’écoute de cette méditation, nul doute, le Seigneur l’a vu. Comme Moïse, Il t’appelle ! Pas sous la forme d’un buisson ardent. Il ne te demande pas d’aller devant Pharaon. Mais Il a quelque chose à te dire ici et maintenant. Essaye de trouver ta façon de lui répondre, en trouvant le ton juste pour toi, avec ton corps, ta voix, ton cœur : « Seigneur, me voici ! »

Oui, j’ai vu la misère de mon peuple.**
Aujourd’hui, je crie vers Dieu mes colères, mes gouffres ; je crie les souffrances, les injustices. Pourtant, le chant de joie que Dieu a déposé en mon cœur, nul ne peut me le ravir. Oh ! Rien n’est résolu, mais je retrouve la force de poursuivre le chemin et de faire « ma part de colibri »...

♦ Dimanche 24 et lundi 25 mars

Estelle : Jeune quarantenaire, expatriée au Moyen Orient et maman d'une petite fille. Elle partage ses gourmandises terrestres et spirituelles sur son blog (www.tellou.com). Membre de la fraternité Pierre Claverie de Paris.

« L’almanach de Michel le jardinier »

« Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas » (Luc 13, 9)

 ... Je me suis demandé pourquoi le maître et le vigneron étaient frustrés de ne pas trouver du fruit sur leur figuier. Mais quand j’ai regardé le mien, la réponse m’est venue : ils l’aiment.
Je ne sais si les plantes ont une âme et répondent aux soins qu’on leur donne, mais je sais que des hommes, même brûlés par la vie, donnent des fruits quand ils sont aimés, choyés. Rien n’est jamais foutu. Mais cela ne suffit pas ! Nous avons besoin de savoir que nous sommes aimés ! Cela peut paraître impossible dans les difficultés.
Pourtant, même dans ces moments nous recevons de la bienveillance.

Apprenons à reconnaître que nous recevons des autres. De Dieu. Puis remercier, louer et reverdir. S’épanouir. Et porter des fruits. Cette reconnaissance de l’amour reçu de Dieu est ce premier pas qui nous sauve. Porter des fruits, c’est donner chair à l’amour, à l’espérance, à la foi.
Quel jardinier suis-je si je ne prends pas soin du jardin de Dieu ? Jardiner les hommes nous demande de la patience et de mettre de côté nos jugements.

 « Oui »

« Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. » (Matthieu 19, 26)

Catherine : Infirmière en soins palliatif pédiatriques, engagée dans le catéchuménat pour sa paroisse.

 ... Je garde en mémoire le témoignage d’une maman après le décès de sa fille qui me confiait : je n’accepterai jamais la mort de mon enfant. Mais, après un temps de colère et de révolte légitimes, elle a commencé à accepter la réalité de sa mort et à envisager d’aider d’autres parents.
Ce processus très lent s’est développé en elle grâce à un accompagnement, à la prière, à la fréquentation quotidienne de la Bible. Elle parvient à dire « oui » à la vie reçue de Dieu, même si elle n’est pas sans épreuves, elle avance là où il semblait impossible de passer.
Marie nous enseigne cette écoute de la Parole de Dieu. Son « oui » a permis à cette maman d’accueillir l’impossible. Elle a laissé la Parole mûrir en elle, s’incarner dans sa vie.

Samedi 23

« Savoir donner »

« Ne détourne ton visage d’aucun pauvre,
et le visage de Dieu ne se détournera pas de toi. » (Livre de Tobie 4, 7)

Donner, oui, mais comment, jusqu’où ? Dans son quotidien confortable et insouciant, Sophie est prise sur le vif par une main qui se tend vers elle.
Passée la surprise, elle réagit avec sa foi, son intelligence, son cœur et nous entraîne à sa suite.

Jeudi 21 et vendredi 22 mars

« Pain béni »

« Tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.
»
(Psaume 144, 15-16)

... C’est en apprenant à remercier que j’apprends à aimer.
Il y a tant de choses que nous recevons chaque jour. Nous ne les voyons plus, car nous les considérons comme acquises : la nourriture, un toit, des amis, et même notre corps. Cette croix sur le pain est un geste simple, une marque de reconnaissance, un signe même de résistance face à l’indifférence. Merci Seigneur !

L’Eucharistie est justement un pain de vie donné. Littéralement, Eucharistie signifie rendre grâce, autrement dit, merci pour la grâce de Dieu. La messe elle-même est un merci adressé à Dieu pour son don le plus grand : le don de lui-même.

« Don du sang, urgent ! »

« Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous.
Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. »
(Première lettre de saint Jean 3, 16)

... « Dieu nous a créés pour que nous réalisions de petites choses avec un grand amour », répétait Mère Teresa.
Ces petits dons participent à un plus grand don qui les dépasse : le don de son corps, de son sang par Jésus. La croix est l'accomplissement de sa vie donnée dans les rencontres, les enseignements, les guérisons. Quand un soldat perce le cœur de Jésus sur la croix, « aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau ». Pour les juifs, le sang c'est la vie.

Le Christ continue à donner sa vie, même au-delà de sa mort, dans les sacrements et dans l'Esprit. Il n'était pas obligé de la donner. Il agit librement, sans contrainte. Ce ne sont pas les clous qui ont tenu Jésus sur la croix, écrit Catherine de Sienne, c’est son amour pour nous.
La mort de Jésus n'a aucun sens si on n'y voit pas un don. Il est amour et amour veut dire don de soi envers l'autre. À travers les yeux de la foi, la croix nous ouvre un monde immense, l'amour infini de Dieu. Dieu est défini par le don. Il est Trinité, c'est-à-dire don réciproque d'amour entre le Père, le Fils et l'Esprit. Cet amour se répand dans le monde.
Moi qui croyais que l’amour était en forme de
, je vois maintenant quil forme une .

Mardi 19 et mercredi 20 mars  

« Rien que cinq minutes »

« Je tiens mon âme égale et silencieuse. » (Psaume 130, 2)

... le silence intérieur est la condition de la connaissance de Dieu. Jean Tauler, mystique dominicain, a écrit : « Pour que Dieu parle, il faut se taire. »

C’est la leçon de saint Joseph qui se prépare à écouter le message de Dieu. Dans l’Évangile, il est l’homme du silence. Non pas un silence mort, mais un silence attentif et actif. D'ailleurs, quand cet homme juste reçoit la parole de Dieu, immédiatement « il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit ». Le silence de Joseph est déjà une communion d’amour.

« Coup de bol ! »

« Comme un oiseau, nous avons échappé au filet du chasseur ;
le filet s'est rompu : nous avons échappé.
» (Psaume 123, 7)

La Providence ne veut pas dire que Dieu ne me laissera jamais éprouver le mal, mais que, grâce à Dieu, jamais le mal ne me vaincra. Telle est l'expérience de l'apôtre Paul qui a traversé peines et dangers jusqu'au martyr. « Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec l’épreuve, il donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter. »
Voilà la foi qui me sauve : quand le filet m’étouffe, quand le jeu va mal, je continue à croire que la victoire est possible. « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance. »

Dimanche 17 et lundi 18 mars

Le frère Matthew Jarvis du couvent de Leicester est de nationalité anglaise. Ordonné en 2016, il est vicaire dans une paroisse et engagé dans la mission auprès des étudiants.

« Lumière, où es-tu ? »

« Je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres.
» (Jean 12, 48)

 ... En Jésus, Dieu se révèle humble : il se laisse voir, il s'approche doucement de ma propre faiblesse. C’est en lui que la luminosité divine se fait visible, non pour me faire peur, mais pour me faire sortir de mes ténèbres.
En quittant les ténèbres, même peu à peu, je partage la lumière de Dieu, je deviens lumière pour le monde, ma manière de vivre éclaire mes frères et sœurs...

« Soif de Toi »

« Seigneur, donne-moi de cette eau. » (Jean 4, 15)

...Le désir d'une eau matérielle conduit la samaritaine à un autre désir caché en elle, la soif d'eau vive, celle du vrai Dieu. « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. » Même une petite soif peut nous conduire sur le bon chemin. Deux pièges sont à éviter : l'indifférence, ne plus même désirer le bien, et la désespérance, croire l'eau vive à jamais inaccessible.
Jésus réveille notre désir, car il est l'infiniment désirable. Au puits et sur la croix, il a soif, car il est animé d’un grand désir. Il veut manger et boire à notre table, entrer en communion avec nous et nous désaltérer de son amour. « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive, [...] de son cœur couleront des fleuves d'eau vive. »

♦ Samedi 16 Mars : « Prier dans le secret »

« Que ma prière devant toi s'élève comme un encens,
et mes mains, comme l'offrande du soir. » Psaume 140, verset 2

Qui peut se prétendre un spécialiste de la prière sinon Jésus ? Tous, nous tâtonnons pour entrer dans cette expérience de relation avec Dieu. Thomas aussi tâtonne. Il nous raconte son initiation drôle et parfois maladroite à la prière silencieuse.

♦ Jeudi 14 et vendredi 15 Mars

« Le roc de la miséricorde »

« Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. » (Matthieu 5, 7)

La miséricorde est le quatrième pied de notre chaise... Ma vocation dans la mission de l’Église consiste à annoncer sans cesse l’amour du Seigneur. Pas n’importe comment ! Communauté, prière, service du prochain s’équilibrent dans la miséricorde.

« Passeur d'éternité »

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » (Matthieu 6, 10)

Sur la terre comme au ciel signifie maintenant comme plus tard. Mais le ciel désigne de manière générale le monde invisible des anges et des saints. En imitant leur vie sur terre, et avec leur aide, nous devenons nous-mêmes des fidèles serviteurs de l'Évangile, des passeurs d'éternité.
Je veux être heureux aujourd'hui, donner la force de vivre aux personnes que je rencontre. À qui sourire ce matin ? En rayonnant cet amour qui vient de Dieu, tu feras venir le ciel sur la terre.
Reste la question de la souffrance...

♦ Mardi 12 et mercredi 13 mars

« Devant ma machine à coudre »

« Quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée. » (Matthieu 6, 6)

... Prie comme tu es. La meilleure méthode pour prier est la tienne, encore faut-il la découvrir. Libère la prière qui est en toi. Ta prière t’appartient et s'accorde à ton tempérament, à ton état de vie. Ne copie pas celle des autres. Tu pries avec ton histoire et surtout avec ton cœur. Tu te présentes devant Dieu en sachant qu'il t'aime tel que tu es...

« Ma trousse de douce compassion »

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.
» (Matthieu 25, 40)

... Au chevet des personnes malades, j'utilise toujours ma trousse de douce compassion avec ses quatre « P », Présence, Patience, Partage et Prière... Grâce à ma trousse de douce compassion, la personne malade se sent entourée, respectée, considérée et aimée. Les personnes malades sont nos maîtres. Les accompagner est une grâce qui demande toujours de rester humble. Dieu est amour. Il aime le monde à travers chacun de nous, à travers ceux qui manifestent dans le monde Sa compassion.

Dimanche 10 et lundi 11 mars :

Frère Jacques Ambec : le frère Jacques vit au couvent de Toulouse où il accompagne des personnes malades du sida. Il a écrit l'Évangile de la compassion...

« La parabole de la chaise »

« Jésus ne leur disait rien sans parabole. » (Matthieu 13, 34)

  Regardez les chaises, le plus souvent nous en assurons la stabilité au moyen de quatre pieds. Il en est de même dans notre vie chrétienne.
- Le premier pied c'est la communauté chrétienne
- Le deuxième pied reste évidemment la prière
- Le troisième pied nous renvoie au service de notre prochain.
Une chaise pourrait tenir avec trois pieds, mais quand on s’assoit, attention à la chute ! Le quatrième pied équilibre les trois autres, patientez, il vous sera dévoilé jeudi !

« Cœur ouvert »

« Assidus aux instructions des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle,
à la fraction du pain et aux prières, tous les croyants vivaient unis
et mettaient tout en commun.
» (Actes des Apôtres 2, 42)

Des enfants du catéchisme ont tout compris. Par le dessin de deux cœurs, ils ont illustré la parole : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur. » Tout d'abord, un cœur fermé par des barbelés, prisonnier du repli sur soi, de l'égoïsme et du péché. Puis, un cœur ouvert d’où jaillissent des flèches qui symbolisent le partage, l'ouverture aux autres, la générosité, le don de soi, l'amitié et le pardon. Un seul mot réunit tous ces éléments : l'amour ; les chrétiens d’ailleurs se reconnaissent à l’amour qu’ils ont les uns envers les autres.

Samedi 9 mars : « rester jeûne »

« L’homme ne vit pas seulement de pain. » (Luc 4, 4)

Le jeûne interroge. Et c'était déjà le cas au temps de Jésus.
Dans ce court film de fiction, Sophie nous communique sa joie et son énergie pour nous encourager à oser l'expérience du jeûne.

Jeudi 7 et vendredi 8 mars

« Objectif terre »

« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! » (Luc 7, 50)

C’est bien d’avoir la foi, de partir sur la lune chercher un désert… encore faut-il garder les pieds sur terre ! Soyons-en certain, une foi qui ferait perdre le sens du réel est incapable de nous sauver. À quatre personnes dans l’Évangile, le Christ affirme : « ta foi t’a sauvé ». Bartimé, l'hémorroïsse, le lépreux samaritain, la femme au parfum...

C’est en parfumant ce qui rattache le Christ au sol, à la terre, qu’elle embaume toute la maison. Ce dont Jean-Baptiste au désert ne s’était pas senti digne, « dénouer la courroie de ses sandales* », elle le fait. Elle touche la nouveauté de l’Évangile en fait. Cette femme découvre que la foi en Jésus Christ ne commence pas par la tête, mais bien par les pieds, le plus terrestre. Et des pieds, elle remonte au cœur.

 

« Eclipse »

« Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie » (Luc23, 35)

... Le Vendredi saint, tout s’est assombri : « L’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était éclipsé. »
Au pied de la croix, il y avait de quoi perdre la foi. C’est pourtant là que l’amour de Dieu se révèle dans sa nudité et sa puissance. À l’ombre de la croix, la lumière resplendit. Alors, l’un des bourreaux, le centurion, s’exclame : « Celui-ci était réellement un homme juste. »
À ce centurion, le Christ aurait pu dire : « Ta foi t’a sauvé. » N’est-ce pas ce qu’il veut nous dire aujourd’hui ?

Plantée au cœur de notre marche vers Pâques, la croix habitue nos yeux à la lumière de la résurrection et son ambiance lunaire prépare le soleil pascal...

Mercredi 6 mars, mercredi des Cendres, entrée dans le Carême

Frère Charles Desjobert : : Architecte de formation, il a été ordonné en juillet 2018

Un petit pas pour l’homme… (PDF)

« Dans l'Esprit, Jésus fut conduit à travers le désert. » (Luc 4, 1)

 Les hommes se lancent parfois des défis fous. Il y a cinquante ans tout pile, quelques-uns traversaient l’espace pour atteindre la lune. Vraiment, il fallait y croire et oser.
Alors en ce mercredi des Cendres, je vous propose de revivre l'expérience et d’embarquer pour un désert... en plein ciel. Rassurez-vous, la tablette entre vos mains est bien plus performante que l’ordinateur d’une fusée de l’époque. Aussi n’est-il pas nécessaire de nous barder d’autres appareils ultra-sophistiqués.
Au contraire, ce voyage a pour objectif de nous déconnecter de nos habitudes encombrantes pour nous reconnecter à nos frères et sœurs. Effectuons les dernières mises à jour et comptons sur un puissant propulseur, l’Esprit saint, pour nous conduire à ce désert.
À quoi bon partir pour un désert ? À nos astronautes, comme il dut paraître et vaste et beau et silencieux ce désert, après l’étroitesse et les secousses de la fusée. Face à l'étendue lunaire, toute la technique s’est envolée. Dans nos vies, nous traversons bien des déserts stériles : l’isolement, l’incompréhension, le surmenage aussi… de mornes plaines terrestres aux horizons de sable et de cendre.
Un carême c’est autre chose, un désert en plein ciel. Le Père nous y appelle, car il en sait l’horizon ouvert. Et ça change tout. 
Car pour être franc, Dieu nous entraîne, et bien plus haut, et bien plus loin que la lune. Il fera refleurir nos déserts. Il en fallait des êtres raisonnables, bien déraisonnables, pour filer vers les étoiles.
C’est ça avoir la foi : un projet fou, comme partir en plein ciel. Mais pour se lancer, rassurez-vous, pas besoin de décrocher la lune, un premier pas suffit.
Alors que chaque jour de notre carême soit un petit pas pour l’homme et un grand pas en Dieu.

♦ Introduction « Ta foi t'a sauvé »

Frère Benoît Ente : il rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville

 Une femme sans doute très belle, pécheresse et connue comme telle, ose entrer dans la maison d'un pharisien pour, au cours du repas, mouiller de ses larmes, essuyer de ses cheveux, baiser de sa bouche, parfumer de ses mains les pieds de Jésus.
Une autre femme souffrant de perte de sang, impure, étrangère de surcroît, ose toucher un homme juif. Quand celui-ci demande qui a fait cela, de nouveau elle surmonte sa crainte et se dénonce.
Un homme, aveugle de naissance, inexistant aux yeux du monde, brave la réprobation de la foule et crie vers Jésus sa détresse.
Un autre homme, lépreux, samaritain, ose suivre le mouvement de son cœur. Il quitte ses 9 compagnons et retourne sur ses pas rendre grâce à un homme juif qui l'a guéri.
A chacun, Jésus a dit " ta foi t'a sauvé." Tous, ils ont osé transgresser les règles de conduites, les règles de pureté, les codes sociaux et les barrières religieuses de leur époque pour s'approcher de Jésus. Ils croyaient en sa hauteur de vue, ils ont espéré qu'il leur ferait justice, qu'il comprendrait leur soif, leur souffrance, leur joie. Ils ont cru que Jésus prendrait publiquement leur défense, même s'il aurait à en payer les conséquences plus tard. Eux, les exclus des banquets, les méprisés, les intouchables, les invisibles ont cru que Jésus serait des leurs et cette foi les a sauvés. Aujourd'hui, ils sont nos guides sur le chemin du salut, que leur foi devienne la nôtre.

Pour nous préparer à la grande fête de Pâques, les frères Charles, Matthew, Jacques, Dominique, Bernard, les sœurs de l'île de la Réunion Marie-Emmanuelle, Marie-Patricia, Marie de l'enfant Jésus, Louis-Marie, les laïcs dominicains Catherine, Cécile, Yacine, Denis et Philippe ont écrit des méditations pour éclairer notre foi. Une mini série vidéo La foi en actes nous donnera des conseils pour la mettre en pratique. Des vidéos en direct sur facebook les mardis soir nous permettront d'en discuter.
Qu'en ce temps de carême, le Seigneur éclaire votre route et guide chacun de vos pas jusqu'au jour de la Résurrection.


La Province de Paris des Carmes Déchaux vous propose une retraite en ligne avec Édith Stein pour marcher vers Pâques jusqu'au 28 avril. Cette retraite a été préparée par le frère Philippe Hugelé du couvent d'Avon avec l'aide du Carmel de Montmartre.

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix est co-patronne de l’Europe. Avant d’entrer au Carmel sous ce nom, Édith Stein a déjà une longue vie de philosophe et de conférencière. Née en Prusse en 1891, juive devenue agnostique, elle mène sa quête de vérité à travers la philosophie et les évènements de sa vie, jusqu’à la découverte du Christ. Baptisée à l’âge de 31 ans, elle devient une intellectuelle catholique remarquable. Interdite d’enseignement par les nazis, elle entre au carmel de Cologne en 1933 puis doit fuir au carmel d’Echt en Hollande en 1939. Arrêtée avec sa sœur, elle meurt au camp d’Auschwitz le 9 août 1942, laissant une œuvre et un message puissants. Pendant ce carême, ses textes et sa vie nourriront notre méditation pour vivre à la suite du Christ un chemin pascal.
 
L’équipe des retraites en ligne
Le ­Carmel de Montmartre, frère Philippe (couvent d’Avon)
frère Jean-Alexandre (couvent d’Avon), Dominique, Raphaëlle et Marie-Noëlle.

Programme du Carême

Thématique de chaque semaine de Carême :

  • Introduction : revenir à la Source
  • Semaine 1 : souviens-toi de la longue marche dans le désert
  • Semaine2 : ne crains pas, crois seulement
  • Semaine 3 : entrer dans le Mystère de Dieu
  • Semaine 4 : vivre de l'Eucharistie
  • Semaine 5 : commencez toujours !
  • Semaine sainte : levez les yeux vers le Crucifié
  • Pâques : mon cœur veille
  • Dimanche de la miséricorde : témoignages
Après une introduction à la retraite envoyée le mercredi 6 mars, vous recevrez chaque vendredi un email hebdomadaire. Vous pourrez télécharger le contenu de la semaine en format word ou PDF (version PC ou mobile). Dans cet email vous trouverez :Un commentaire de la 1ère lecture du dimanche.
  1. Des textes d’Édith Stein avec des pistes de réflexion
  2. Un calendrier pour prier du lundi au samedi avec 6 courtes méditations en images, avec des citations de la Bible et d’Édith Stein, ainsi que des pistes de mise en pratique. (Pour les personnes très « connectées », vous pouvez suivre ce calendrier chaque matin sur notre page Facebook, sur Hozana et sur notre compte Twitter « Carmes de Paris ».)
  3. Une version audio du résumé de la méditation en 3-4 minutes.

♦ Introduction

Comme pour chaque semaine, commentaires de la Parole de Dieu,
textes d’Édith Stein et propositions en cliquant sur la photo


Le carême, c’est un temps pour unifier notre vie dans le Christ qui est la Vérité. Édith Stein écrivait dans une lettre : Qui cherche la vérité cherche Dieu, qu’il en ait conscience ou non.Prenons le temps pendant le Carême de faire la vérité dans notre vie en quittant nos masques et nos personnages. Que la lumière du Christ nous illumine ! Revenons à la Source !

♦ Semaine 1

« Alors tu te réjouiras pour tous les biens que le Seigneur ton Dieu t’a donnés,
à toi et à ta maison.
» (Deutéronome 26, 1-11)

Pour commencer ce Carême, prenons le temps de regarder un peu en arrière : notre société de consommation nous rend amnésiques face aux dons de Dieu. Souvenons-nous de tant de bienfaits reçus, comme Israël au désert, et réjouissons-nous ainsi en relisant les passages de Dieu dans notre vie.
Sainte Thérèse Bénédicte de Croix nous apprend aussi à scruter les signes des temps de notre époque : "Nous vivons aujourd'hui de nouveau en une époque qui a un besoin urgent de ce renouvellement provenant des sources cachées d'âmes unies à Dieu." Il est urgent de retrouver le chemin de Dieu vers la terre promise de notre coeur. Bonne semaine !

Propositions pour prier (pour imprimer : PDF)

Lundi 11 mars : dépasser la rancune
« Tu ne garderas pas de rancune contre les fls de ton peuple. » (Lv 19, 18)
« Nous n’avons pas à juger et nous devons faire confance à la miséricorde insondable de Dieu. » (Lettre du 16 février 1930).La rancune est ce qui ferme le plus le cœur à la grâce. Seigneur, viens m’en délivrer. Pardonner, ce n’est pas effacer le mal, c’est souhaiter que nous nous retrouvions tous, convertis et pardonnés, au dernier Jour.

Mardi 12 mars : le chemin du pardon
« Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons  leurs dettes à nos débiteurs. » (Mt 6, 12)
« Chacun est responsable de son propre salut dans la mesure où il peut être obtenu par la coopération de sa liberté, et non sans elle. Et chacun est en même temps responsable du salut de tous les autres dans la mesure où il a la possibilité  d’implorer la grâce par sa prière pour chacun. » (Liberté et grâce)
Me mettre en route en ce Carême, c’est vouloir être délivré par Dieu et accomplir le bien que je peux. Puis-je vivre chaque rencontre aujourd’hui avec Dieu ? Ou ma solitude comme un temps où Dieu est vraiment là ?

Mercredi 13 mars : crier vers Dieu
« On criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera  de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence. » (Jonas 3, 8)
« Ce dont j’ai à répondre, j’ai à en répondre devant Dieu. En quoi cela consiste, c’est-à-dire quel est mon devoir, cela, ma conscience me le dit. La suivre est affaire de ma liberté. » (Le château de l’âme)
La miséricorde de Dieu me permet de commencer une vie nouvelle en choisissant Dieu. Cela aboutit à des actes. Est-ce que je vois la route qui s’ouvre devant moi ? Ai-je envie de la suivre ?

Jeudi 14 mars : aimer au quotidien
« Si donc vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses  à ceux qui les lui demandent ! Donc tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi. » (Mt 7, 12)
« Dans des conditions habituelles d’existence, il n’y a aucune autre possibilité de rendre à Dieu amour pour amour qu’en remplissant fidèlement ses devoirs quotidiens jusque dans le moindre détail ; en ne laissant passer aucune occasion de servir les autres par amour. » (Source cachée)
Le Père nous donne son Esprit en surabondance et cet Esprit est rayonnement d’amour. Puis-je accomplir un acte quotidien qui d’habitude me fait « râler » en y mettant beaucoup d’amour, en invoquant l’Esprit ?

Vendredi 15 mars : Le regarder
« Eh bien ! moi je vous dis : tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. » (Mt 5, 22)
« Acquiescer à notre propre impuissance et pauvreté et nous abandonner avec d’autant plus de confance à l’amour tout-puissant, c’est la grande sagesse que nous devons sans cesse pénétrer à nouveau et toujours plus profondément. »
(Lettre à Elly Dursy)
Jésus, le doux, le miséricordieux, nous place devant les exigences radicales de l’Amour divin. Je suis incapable d’accomplir sans Lui ce qu’il demande. Lui le Crucifé qui a aimé totalement, je prends le temps de le regarder, de mendier son Esprit…

Samedi 16 mars : être tel(le) qu’il m’a créé(e)
« Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »  (Mt 5, 48)
« Dieu conduit l’être humain à devenir authentiquement humain. […] La personne qui place sa vie dans la main de Dieu peut être sûre, et elle seule le peut, qu’elle va devenir entièrement elle-même, c’est-à-dire qu’elle va devenir ce que Dieu a conçu pour elle personnellement. » (Vérité et clarté)
Comment être parfait comme Dieu ? Peut-être simplement en me laissant être tel qu’il m’a créé…

♦ Semaine 2


"Abram eut foi dans le Seigneur
et le Seigneur estima qu’il était juste
. " (Genèse 15, 1-18)

La foi, c'est d'abord un chemin comme nous le montre la vie d'Abraham : il y a des étapes et des combats mêlés de crainte, de doute et de confiance.
A travers sa correspondance, Thérèse Bénédicte de la Croix nous fait part de son propre itinéraire de conversion au Christ  et affirme ainsi : "Je suis convaincue que je suis à la place qui est la mienne, je suis reconnaissante d’avoir été conduite sur ce chemin et j’y vais en faisant joyeusement le don de moi-même". Puis-je aujourd'hui dire la même chose ? Ou dois-je encore cheminer pour trouver cette place ? Confiance, ne craignons pas !

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Lundi 18 mars : la pépite d’or qui est en moi
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. » (Lc 6, 36)
« Dieu seul voit l’intérieur du cœur. Il voit ce qui cloche mais il voit aussi la plus petite pépite d’or qui échappe souvent à notre vue et qui n’est jamais totalement absente. Crois à cette pépite en chaque être humain… » (Lettre à Elly Dursy)
Être capable de miséricorde, croire qu’il y a une pépite d’or en chacun, moi compris… Puis-je trouver et nommer cette pépite ?

Mardi 19 mars : se confer à saint Joseph
« C’est donc par la foi qu’on devient héritier ; ainsi c’est un don gratuit, et la promesse demeure valable pour tous les descendants d’Abraham… » (Romains 4, 16)
« Toi, le patriarche de la foi à l’égal d’Abraham, Fort dans ta simplicité d’enfant, auteur de prodiges, Par la force de ton obéissance et la pureté de ton cœur, Bouclier du saint Temple de la Nouvelle Alliance, Sois son protecteur et veille sur nous, Ô saint Joseph ! » (Poésie)
Au milieu du Carême, l’Église place devant nos yeux la fgure de Joseph. Il a su tout quitter pour obéir à la Parole de Dieu. Sa foi est pour nous un modèle. Seigneur, augmente en nous la foi !

Mercredi 20 mars : être à sa place
« Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » (Mt 20, 22)
« Je suis convaincue que je suis à la place qui est la mienne, je suis reconnaissante d’avoir été conduite sur ce chemin et j’y vais en faisant joyeusement le don de moi- même, sans aucune trace de ‘résignation’. » (Lettre du 29 novembre 1925)
Souvent, je prie pour obtenir quelque chose que je trouve bien pour moi, pour changer de place dans le monde. Mais je me trompe assez fréquemment. Jésus nous interpelle avec vigueur : la prière, c’est demander mais aussi s’ouvrir à la volonté du Père.

Jeudi 21 mars : la mesure de l’amour
« Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent ! » (Lc 16, 29)
« Notre amour envers le prochain est la mesure de notre amour pour Dieu. »
(Science de la croix)
Rejoindre une personne dans le besoin, quel que soit son besoin. Le ferai-je aujourd’hui ? Si je ne laisse pas l’autre me déranger, il est probable que je ne laisserai pas Dieu me déranger…

Vendredi 22 mars : accueillir le salut de Jésus
« Ils respecteront mon fls. » (Mt 21, 37)
« Christ est puissance de Dieu et sagesse de Dieu non seulement comme envoyé de Dieu, Fils de Dieu et Dieu lui-même mais comme crucifé. Car la mort sur la croix est le moyen de rédemption qu’a inventé la sagesse insondable de Dieu. » (Science de la croix)
Dieu n’est pas naïf : nous n’avons pas respecté son Fils, il fut torturé sur la croix.
Suis-je conscient d’être bénéfciaire de la mort d’amour de Jésus assumée par le Père ?

Samedi 23 mars : me réjouir de l’œuvre de Dieu
« Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller…mangeons et festoyons car mon fls que voilà était mort, et il est revenu à la vie. » (Lc 15, 22.24)
« La puissance rédemptrice : c’est la force d’éveiller à la vie ceux en qui la vie divine s’était éteinte du fait du péché. » (Science de la croix)
Dieu montre sa puissance quand il nous revêt de sa miséricorde. Il veut nous donner tout ce qui est à lui, et surtout cette puissance de l’amour qui donne vie aux autres. Est-ce que je sais faire la fête et me réjouir avec d’autres de l’œuvre de Dieu ?

♦ Semaine 3


Dieu dit à Moïse : «Tu parleras ainsi aux fils d’Israël :
“Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS”. »
(Exode 3, 1-15)

Moïse est ébloui par la lumière diffusée par un buisson étrange qui brûle sans se consumer... C'est alors que Dieu révèle son nom : "Je suis qui je suis". Nom mystérieux qui nous invite à aller vers la profondeur !
C'est en quelque sorte l'expérience d’Édith Stein qui affirme quelques années après son baptême :"C’est un monde infini qui s’ouvre d’une manière absolument nouvelle, lorsque l’on commence à vivre vers l’intérieur et non vers l’extérieur." Nous aussi, pendant ce Carême, prenons le temps d'aller vers l'intérieur de nous-mêmes pour entrer dans le Mystère de Dieu et nous découvrir en vérité ... C'est un voyage étonnant !

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Lundi 25 mars : Annonciation : apprendre la juste obéissance
« Je suis la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. Alors l’ange la quitta. »  (Lc 1, 28)
« Cette obéissance parfaite (à Dieu), la Vierge la pratiquait, car elle se disait la servante du Seigneur et l’était en vérité, mettant à la disposition du Seigneur toutes ses forces pour le servir. » (Source cachée)
L’obéissance a mauvaise presse. Je dois toujours discerner objectivement car j’ai rarement un ange devant moi. Mais une fois que l’ange quitte Marie, elle prend l’initiative d’aller aider sa vieille cousine. La véritable obéissance donne le goût de l’initiative, du petit « plus » dans le service de Dieu et du prochain…

Mardi 26 mars : un amour sans frontière
« Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas à ton tour avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? »  (Mt 18, 31-32)
« L’amour du Christ ne connaît aucune frontière, il n’a pas d’éclipse, il ne s’effraie pas de la laideur ou de la saleté. Il est venu par amour des pécheurs et non des justes. Et si l’amour du Christ vit en nous, nous faisons comme lui et nous allons chercher la brebis perdue. » (Le mystère de Noël)
Jésus nous met devant une exigence divine impossible à nos yeux parfois. Ne nous y trompons pas : c’est l’Esprit  du Christ, l’Amour du Christ en nous, qui peut nous rendre capables d’un amour sans limite.

Mercredi 27 mars : la demeure de Dieu
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir. » (Mt 5, 17)
« À la place du Temple de Salomon, le Christ a bâti un temple de pierres vivantes, la communion des saints. (La prière de l’Église)
Toute la Parole de Dieu montre que le Seigneur est en quête d’un lieu où son Esprit, son Amour, peut reposer (Gn 1). Du Temple de Jérusalem au Cœur de Jésus, qui est le lieu parfait où repose l’Esprit. Agrégé à Lui, nous formons le Temple annoncé, la communion des saints (Ap 21). En Lui, avec nous en Lui, tout est accompli.

Jeudi 28 mars : répondre à Dieu
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert, Comme au jour de tentation et de défi, Où vos pères m’ont tenté et provoqué »  (Ps 94)
 « Il y a en chaque être humain un lieu libre de tout lien terrestre, un lieu qui ne vient pas des autres et qui n’est pas déterminé par les autres. Là, il se trouve seul devant Dieu.
C’est l’intériorité de l’âme, le je absolument individuel et libre, le je personnel.»
(De la personne humaine)
 Je suis devant Dieu et je dois lui donner une réponse. Non par la parole seulement mais par mes actes. Je prends un petit temps de solitude pour me mettre devant Lui.

Vendredi 29 mars : le commandement de l’amour
« Tu n’es pas loin du Royaume des Cieux. » (Mc 12, 34)
« Tout l’enseignement de Jésus peut être compris comme l’interprétation des comman- dements et des préceptes de la Loi dans le sens du commandement de l’amour. »
(La formation des jeunes)
Amour de Dieu et amour du prochain ne font qu’un. Si je vois double, c’est un problème de vue ! Aujourd’hui ai-je l’idée d’un acte concret d’amour envers mon prochain ? 

Samedi 30 mars : soyons lucides !
« Mon Dieu, je te rends grâce car je ne suis pas comme les autres hommes. » (Lc 18, 11)
« Il y a une raison à ce que Dieu trouve son seul agrément à l’amour : toutes nos œuvres et nos efforts appliqués ne sont à ses yeux qu’un pur zéro.
Nous ne pouvons rien lui donner, il n’a besoin de rien et ne réclame rien. Il ne veut qu’une seule chose : l’amour ».  (Science de la croix)
Nous sommes souvent des pharisiens voulant servir Dieu … et en tirer gloire… Puissions-nous le faire en admirant de plus en plus le bien que font les autres, pécheurs notoires ou non…

♦ Semaine 4


« Le pain de Dieu descend du ciel et donne la vie au monde. » (Jn 6,33)

Jésus se révèle le vrai pain de vie qui descend du ciel et qu'annonçait la manne donnée à Israël au désert. Il est la pâque qui nous sauve et que nous recevons dans la célébration de l'Eucharistie dans notre vie. Mais il y a toujours le risque de faire de la messe une routine ou d'empêcher que la grâce eucharistique reçue change vraiment notre vie.
Or sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix affirme que "vivre de l’eucharistie signifie sortir insensiblement de l’étroitesse de sa propre vie pour naître à l’immensité de la vie du Christ". En ce temps de carême, ré-apprenons ce chemin de communion pour faire de notre vie une Eucharistie !

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Lundi 1er avril : se tenir devant Dieu pour tous
« Seigneur ! Descends, avant que mon enfant ne meure ! » (Jn 4, 49)
« Se tenir devant Dieu pour tous : voilà notre vocation. » (Lettre du 14 mai 1934)
Souvent, nous appelons Jésus en lui demandant son aide pour telle personne. C’est bien. Nous ne sommes pas toujours exaucés de manière spectaculaire, mais l’amour se diffuse comme le rayonnement du soleil. Croyons-y !

Mardi 2 avril : annoncer Jésus
« L’homme (guéri) parti annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. » (Jn 5, 15)
« Appartenir à Dieu dans un don libre d’amour et le servir, telle est non seulement la vocation de quelques élus mais celle de tout chrétien : consacré ou non, homme ou femme, chacun est appelé à la suite du Christ. » (Vocation de l’homme et de la femme)
Tout chrétien est appelé à annoncer que Jésus l’a guéri. D’une manière ou d’une autre. Quelle est ma manière ? Suis-je encore un peu « paralysé » pour l’annoncer ?

Mercredi 3 avril : recevoir la Vie
« Comme le Père en effet relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. » (Jn 5, 21)
« N’es-tu pas la manne si douce à mon palais, qui du Cœur du Fils déborde dans le mien, nourriture des anges et des bienheureux ? Lui qui s’est levé de la mort vers la vie, il a su m’éveiller du sommeil de la mort à une vie nouvelle. Vie nouvelle qu’il me donne chaque jour et dont la plénitude doit un jour m’inonder, Vie de ta propre vie, toi-même en vérité, Saint-Esprit, vie éternelle ! » (Source cachée)
Dieu annonce la couleur : nous sommes appelés à une surabondance de Vie.
Voilà le projet de Dieu pour nous. Cela m’est donné dans l’eucharistie. Ai-je le désir de manger et recevoir cette Vie ?

Jeudi 4 avril : un pour tous et …
« Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant…»  (Ex 32, 11)
« C’est seulement par le fait que l’individu se tient devant Dieu, par la confrontation et l’attirance de la liberté divine et de la liberté humaine, qu’il lui est donné la force de se tenir là pour tous et ce “tous pour un et un pour tous” fait l’Église. »  (Liberté et grâce)
Moïse se tient devant Dieu pour obtenir la conversion et le salut de son peuple. M’arrive-t-il de vraiment supplier pour autrui ? « Tous pour un, un pour tous. »

Vendredi 5 avril : s’intéresser aux affaires du Seigneur
« Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes… » (Sg 2, 1)
« Celui qui recherche le Seigneur dans sa Maison ne voudra plus l’entretenir uniquement de lui-même et de ses affaires. Il commencera à s’intéresser aux affaires du Seigneur.
(Le mystère de Noël)
Le carême avance. La liturgie peu à peu nous encourage à regarder toujours plus vers le Crucifié, à nous décentrer de nous-même. Allons vers Lui, regardons-Le…

Samedi 6 avril : la prière de l’Église
« Mets fin à la rage des impies, affermis le juste, Toi qui scrutes les cœurs et les reins, Dieu, le Juste ! » (Ps 7)
« Toute prière véritable est prière de l’Église : à travers toute prière véritable,  il se passe quelque chose dans l’Église et c’est l’Église elle-même qui la prie car c’est l’Esprit Saint vivant en elle qui, en chaque âme unique, “intervient pour nous par des cris inexprimables”. » (Source cachée)
Nous connaissons notre état de pécheur, nous voyons la justice et la bonté de Jésus. Le choc du péché et de l’Amour va le mener à la mort. Par la prière, nous sommes un avec Lui. Nos œuvres, notre langue, notre esprit, puissent-ils devenir à l’image du Christ…

♦ Semaine 5


« Le Seigneur dit : "Ne vous souvenez plus d'autrefois, ne songez plus au passé.
Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ?"
»
(Isaïe 43, 16-21)

La première lecture de ce dimanche de Carême annonce à Israël un nouvel Exode, la délivrance de l'exil à Babylone. Dieu est en train de préparer quelque chose de neuf mais le voyons-nous s'esquisser devant nous ? Savons-nous discerner l’œuvre secrète de l'Esprit ? Édith Stein confie dans une de ses correspondances comment sa vie de prière transforme son quotidien : « Vous avez là ma méthode... Ma vie commence neuve chaque matin. » Pourrions-nous mettre en œuvre cette méthode dans nos vies ? Alors chaque jour sera comme le premier jour !

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Lundi 8 avril : ne pas juger
« Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne. » (Jn 8, 15)
« Ne jugeons pas pour n’être pas jugés ! Nous sommes tous abusés par des apparences trompeuses. Nous ne voyons ici-bas que des énigmes ;
Seul le Créateur connaît ce qui est en vérité. » (Poésie)
Nous ne pouvons juger, ni Dieu, ni les autres, ni nous-mêmes. Mais le peu que nous pouvons faire de bien, faisons-le avec Lui…

Mardi 9 avril : comme un petit enfant
« Qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » (Nb 21, 8)
« Déposez tout souci de votre avenir dans la main de Dieu et laissez-vous guider par Lui comme un petit enfant. Vous pourrez alors être sûre de ne pas vous perdre en chemin. » (Lettre du 4 octobre 1934)
À défaut de comprendre, regardons Jésus, suivons-Le, ne le lâchons pas d’une semelle, disons-Lui notre foi.

Mercredi 10 avril : ma place dans le corps du Christ
« Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. » (Jn 8, 39)
« L’être humain est par nature membre de la société ; le péché originel et la rédemption seraient complètement incompréhensibles si l’humanité était une somme d’individus isolés, totalement séparés. Que l’être humain est par nature membre du grand corps d’humanité, né de la communauté, dans la communauté et pour la communauté, est un fait, mais un fait mystérieux, qui est en lien avec tous les mystères du christianisme… » (Le travail éducatif social)
Quand nous écoutons l’évangile, il est important de comprendre que Jésus s’adresse à nous, à chaque génération humaine qui refuse d’être enfants de Dieu et de se comporter comme tels. Ai-je conscience d’être membre d’un corps ?

Jeudi 11 avril : le souci de Jésus pour mon salut
« Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. »  (Jn 8, 51)
« Les desseins salvifques de Dieu s’étendent certes à toute l’humanité et, par amour pour elle, à son peuple élu. Mais par-là, il se soucie de chaque âme en particulier.
Il tente de gagner chacune comme épouse avec un tendre amour, l’entourant d’une fidélité paternelle. » (Science de la croix) Vertigineux. Jésus se soucie de chacun d’entre nous. Si nous gardons une relation vivante avec lui, si nous gardons sa parole, il nous promet la Vie. Jésus ne pense pas à sa propre mort, il est passionné de mon salut, du tien, de celui de tous…»

Vendredi 12 avril : écouter Dieu me parler
« (Jésus) repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. » (Jn 10, 40)
« Une parole de l’Écriture peut me toucher si profondément qu’à travers elle je sens que Dieu lui-même m’adresse la parole et je perçois sa présence. Le livre et l’auteur sacré, ou le prédicateur que j’entends à ce moment-là, ont disparu — Dieu parle en personne, et Il me parle à moi. » (Voies de la connaissance de Dieu)
Pourchassé par ceux qui veulent sa mort, Jésus retourne prier au lieu où il a commencé sa vie publique, où le Père a fait entendre son Amour pour lui. Ai-je un lieu source où Dieu m’a parlé ? Est-ce que je sais y retourner, y demeurer au
moment des grandes épreuves ?

Samedi 13 avril : la vie livrée du Christ
« Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. » (Jn 11, 50)
« Christ livre sa vie pour ouvrir aux hommes l’accès à la vie éternelle. » (Science de la croix)
Jésus est mort pour donner vie à tous. Tout homme devient un prochain pour qui le Christ est mort.

♦ Semaine Sainte


« Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;
c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,
c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :
je sais que je ne serai pas confondu.
» (Isaïe 50, 4-11)

Ce mystérieux chant d'Isaïe évoque un serviteur de Dieu affronté à la persécution. Malgré la souffrance, il ne recule pas et, avec la force de Dieu, endure tout. Annonce voilée de la Passion de Jésus...  En cette Semaine Sainte, accompagnons le Christ sur son chemin et découvrons avec sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix la force d'intercession de la prière : "C'est sur tous les fronts, dans tous les lieux de souffrance que tu peux être présent(e) par la puissance de la croix". Demeurons unis dans cette grande traversée vers Pâques.

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Lundi Saint – 15 avril : perdre mon temps par amour
« Six jours avant la pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. » (Jn 12, 1)
« La foi au crucifié, la foi vivante, qui va de pair avec le don de soi par amour, est donc pour nous accès à la vie et commencement de la gloire future ; c’est pourquoi la croix est notre seul titre de gloire. (Science de la croix)
Traqué par ses adversaires, Jésus vient à Béthanie, il y trouve l’amitié de Lazare et Marthe, l’onction de Marie. Est-ce que je vois en mes amis le Christ ? Est-ce que je sais « perdre mon temps » comme on répand un parfum auprès de ceux qui voient la mort approcher ?

Mardi Saint – 16 avril : Jésus est bouleversé
« En ces temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé… » (Jn 13, 21)
« Nous devenons membres du corps du Christ non seulement par l’amour… mais aussi très réellement en étant un avec sa chair : cela est réalisé par la nourriture qu’il nous a offerte pour nous prouver le désir qu’il a de nous.  (La prière de l’Église)
Jésus s’est lié aux hommes pécheurs. Pierre, Judas, les autres apôtres, tous ont trahi à leur manière. Est-ce cela qui bouleverse Jésus ? Qu’il m’accorde le repentir de Pierre, et le désir que tous soient sauvés.

Mercredi Saint – 17 avril : face à la possible trahison
« ‘Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer.’ Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » (Mt 26, 22)
« Tu aimes vraiment les tiens, ô bon pasteur, Comme jamais n’a aimé nul autre cœur humain… »  (Poésie)
Seul un proche peut livrer Jésus, le trahir. « Serait-ce moi ? » L’évangile met cette question sur toutes nos lèvres. Je sais que je l’ai trahi, mais sa miséricorde est infinie. Aujourd’hui, je peux accueillir son amour et en vivre.

Jeudi Saint – 18 avril : adorer Jésus quand il se livre
« Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » (1 Co 11, 26)
« Mon Seigneur et mon Dieu, caché sous l’espèce du pain, Quand te manifesteras-tu dans une gloire visible ? Le monde gît dans les douleurs de l’enfantement L’Épouse (ton Église) persévère dans l’attente. Viens vite ! » (Poésie)
Puis-je prendre un temps d’adoration ? Au moins, que mon cœur reste tourné vers toi, Seigneur…

Vendredi Saint – 19 avril : intercéder avec Jésus
« Il intercédait pour les pécheurs » (Isaïe 53, 12)
« Lève les yeux vers la Croix. Elle étend ses poutres à la manière d’un homme qui ouvre les bras pour accueillir le monde entier. » (Poésie)
Seigneur, tu as intercédé pour les pécheurs dont je suis. Tu t’es interposé devant les pécheurs. Désormais, nul ne peut être frappé sans que tu sois frappé. Mystère insondable. Tu prends tous les coups et tu restes les bras ouverts…

Samedi Saint – 20 avril : avec notre Mère
« Voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait,  Jésus dit à sa mère : ‘Femme, voici ton Fils.’ » (Jn 19, 26)
« Au pied de la Croix je me suis tenue avec toi aujourd’hui et j’ai ressenti clairement, comme jamais, qu’au pied de la Croix tu es devenue notre Mère. » (Poésie)
Je reste auprès de la Vierge Marie aujourd’hui. Je passe du temps avec elle,  je lui redis qu’elle est ma mère et que je suis son enfant qu’elle doit guider :  « Tu nous connais tous : avec nos plaies, nos faiblesses…Ainsi tu prends à cœur d’orienter nos pas. »

♦ Pâques


« Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, dans les parterres d’aromates,
pour mener ses brebis paître aux jardins, et pour cueillir des lis.
Je suis à mon bien-aimé, mon bien-aimé est à moi,
lui qui mène paître ses brebis parmi les lis.
»
(Cantique des Cantiques 5, 1-8 ; 6, 1-10)

Le Seigneur est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité, alléluia ! .Le Bien-Aimé est entré dans le jardin de la Vie, le Bon Pasteur rassemble ses brebis. Réjouissons-nous avec Marie-Madeleine et entrons dans la joie : notre cœur qui a veillé auprès de la Vierge peut maintenant éclater d'allégresse. Peut-être percevons-nous déjà ce que décrit Édith : "L'âme sent comme si du centre le plus intérieur jaillissaient des fleuves d'eau vive".

Nous vous souhaitons à tous une radieuse fête de Pâques !

L'équipe de la Retraite en ligne


 

Carême 2019 avec youPRAY est une retraite en ligne gratuite : il suffit de vous inscrire et vous recevrez un mail par jour avec un starter de prière (petit programme audio court d'environ 10 minutes qui vous aide à démarrer votre prière).
Selon les jours :

  • L’Évangile du jour médité accompagné d’un chant
  • Une dizaine de chapelet avec un saint
  • La playlist de louange du jour
  • Une mini-retraite à la maison
  • Et bien d’autres surprises !

En voiture, dans le train ou le métro, en allant au boulot, en faisant la vaisselle ou votre jogging, appuyez sur Play, laissez-vous guider et expérimentez la puissance de la prière dans votre vie.
Cette retraite vous permettra de découvrir en avant-première des programmes de l’application de prière youPRAY qui sortira dans quelques semaines.

Avec qui allez-vous prier concrètement ?

Selon les programmes et les jours, vous prierez avec:

  • Des papes : le pape François, Benoît XVI…
  • Des saints : Charles de Foucauld, Mère Teresa, Louis et Zélie Martin, Padre Pio…
  • De grands témoins : P. Raniero Cantalamessa, P. Joseph-Marie Verlinde, P. Etienne Méténier, P. Jacques Philippe, Olivier Belleil...
  • Des artistes : Glorious, Taizé, les communautés de l’Emmanuel et des Béatitudes, les Fraternités Monastiques de Jérusalem, Exo, Dei Amoris Cantores…

youPRAY a remporté en 2018 le prix Oremus du groupe Bayard, et a été lauréat de l'événement Pitch My Church qui promeut les meilleurs innovations digitales chrétiennes.

♦ Samedi 9 mars

Répondre à un appel

Introduction :
Pour démarrer notre retraite, nous considérons un aspect essentiel de la prière : toute prière est d’abord une réponse à un appel.

Méditation du père Jacques Philippe :
La première chose qui doit nous motiver et nous encourager pour entrer dans une vie de prière, c’est que Dieu lui-même nous y invite. L’homme cherche Dieu, mais Dieu le recherche bien davantage. Dieu nous appelle à le prier, car depuis toujours, et bien plus que nous ne l’imaginons, il désire ardemment entrer en communion avec nous.

Le fondement le plus solide de la vie de prière, ce n’est pas notre propre recherche, notre initiative personnelle, notre désir (ils ont leur prix, mais peuvent parfois faire défaut), le fondement le plus solide de la vie de prière c’est l’appel de Dieu...

Suite en cliquant ICI

Résolution du jour :
Aujourd’hui et rien que pour aujourd’hui, je penserai aussi souvent que possible que Dieu m’aime, qu’il est heureux lorsque je prends quelques secondes au milieu de mes activités pour penser à lui et me confier à lui.

♦ Samedi 16 mars

Mettre Dieu à la première place

Introduction :
Dans cette deuxième journée de notre retraite, nous cherchons à avancer un peu plus dans la prière. Lorsque je prie, Dieu peut prendre la première place dans ma vie.

Méditation du père Jacques Philippe :
L’existence humaine ne trouve sa plénitude d’équilibre et sa beauté que si Dieu en est le centre. « Dieu premier servi ! », disait sainte Jeanne d’Arc. La fidélité à la prière permet de garantir, de manière concrète et effective, ce primat de Dieu. Sans elle, la priorité donnée à Dieu risque de n’être qu’une bonne intention, voire une illusion...

Donner à Dieu un primat absolu par rapport à toute autre réalité (travail, relations humaines, etc.) est le seul moyen d’instaurer un rapport juste avec les choses, dans un vrai investissement et une saine distance qui permet de sauvegarder une liberté intérieure et l’unité de sa vie. Sinon, on tombe dans une indifférence, une négligence ou, au contraire, un attachement, un envahissement, une dispersion, des inquiétudes inutiles.

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Résolution du jour :
Ce soir, avant de me coucher, je prendrai cinq minutes pour remercier Dieu d’être le vrai centre de ma vie. Je lui remettrai tout ce qui a fait cette journée : le bien que j’ai accompli pour lui rendre grâce, les difficultés que j’ai rencontrées pour invoquer son aide, mes fautes et imperfections pour lui demander pardon. Ainsi, tout ce qui a fait ma journée trouve son achèvement en Dieu. Et je m’endormirai en paix, confiant en sa miséricorde.

♦ Vendredi 22 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 21, 33-43.45-46)
(Parabole de la vigne)

Extrait de la méditation du Père Etienne Méténier :
Il est venu non pour punir mais te bénir...

La vigne a été comme dérobée à son auteur, et avec une patience inépuisable, Il a cherché à la reconquérir. Il a finalement résolu de se donner en venant « en personne nous sauver » (Is 35,4), pour payer par lui-même et à nous-mêmes le rachat de ce qui lui appartenait déjà.

Nous avons ainsi été excessifs dans l'avidité, Lui encore plus dans la générosité ;
obstinés dans le refus, Lui dans le salut proposé ;
opiniâtres comme pécheurs, Lui comme Sauveur ;
irréductibles comme malfaiteurs, Lui comme Rédempteur ;
acharnés dans la dureté, Lui dans la bonté ;
immodérés dans la vanité, Lui dans l'humilité ;
effrénés dans la raideur, Lui dans la douceur ;
extravagants dans l'attention à soi, Lui dans le don total de soi ;
humainement démesurés dans l'égocentrisme, Lui divinement dans l'Amour ;
nous exagérons dans la malveillance, Lui dans la patience ;
nous persévérons dans la révolte absurde, Lui dans Sa Miséricorde, qui semble encore plus insensée car gratuite.


Il est venu non pour punir mais te bénir ; non pour forcer mais inviter ; non pour violenter mais appeler ; non pour écraser mais te soigner ; non pour juger mais aimer, non pour punir mais pour séduire ton âme. 

Texte complet en cliquant ICI

♦ Samedi 23 mars

Prier gratuitement

Introduction :
En ce troisième jour de notre retraite, nous demandons au Seigneur de continuer son œuvre à travers ce temps que nous prenons chaque jour avec lui. Nous méditons aujourd’hui sur une qualité essentielle de la prière : la gratuité.

Méditation du père Jacques Philippe :
La fidélité à la prière est précieuse car elle nous aide à préserver dans notre vie l’aspect de gratuité. Prier c’est perdre son temps pour Dieu. À la base, il s’agit d’une attitude d’amour gratuit.
Ce sens de la gratuité est bien menacé aujourd’hui où tout est pensé en termes de rentabilité, d’efficacité, de performance. L’amour vrai ne peut pas se cantonner dans la catégorie de l’utile. L’évangile de Marc, quand il raconte l’institution des Douze, nous dit que Jésus les a choisis d’abord « pour être avec lui » (Mc 3, 14). Et ensuite seulement pour partager ses tâches : prêcher, chasser les démons, etc. Nous ne sommes pas uniquement des serviteurs, nous sommes appelés à être amis, dans une vie et une intimité partagées, au-delà de tout utilitarisme.

Prier c’est passer gratuitement du temps avec Dieu, pour la joie d’être ensemble. C’est aimer, car donner son temps c’est donner sa vie. L’amour n’est pas d’abord faire quelque chose pour l’autre, c’est lui être présent. La prière nous éduque à être présents à Dieu, dans une simple attention aimante...

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Résolution du jour :
Aujourd’hui et rien que pour aujourd’hui, je prendrai un temps gratuit avec Jésus.
Pendant ce temps, je reste quelques minutes en silence et j’entends Jésus me dire : « Je ne t’appelle plus serviteur, mais ami. » Je me laisse toucher par cette parole, qui vient me rejoindre dans l’intimité de ma relation avec Lui et qui m’invite à ne plus vivre en serviteur, mais en ami de Jésus. « Je ne t’appelle plus serviteur, mais ami. »

♦ Jeudi 28 Mars

Prier le chapelet, Mystère Lumineux, avec le Pape François

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Mystère Lumineux : le Baptême de Jésus au Jourdain

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. »
Un Fruit du Mystère : La sainteté
Une Grâce à demander : Découvrir ma vocation
Intentions de prière : Pour tous les baptisés, afin que le Seigneur renouvelle en chacun le désir de sainteté.


♦ Samedi 30 mars

Vivre le Ciel sur la terre

Introduction :
Nous méditons aujourd’hui sur le « déjà là » du Royaume. Par la prière, nous vivons un avant-goût du ciel, qui nous fait anticiper le Royaume.

Méditation du père Jacques Philippe :
La prière nous fait anticiper le Ciel. Elle nous fait entrevoir et savourer un bonheur qui n’est pas de ce monde, que rien ne peut nous offrir ici-bas, ce bonheur en Dieu auquel nous sommes destinés et pour lequel nous avons été créés.

On rencontre des combats, des souffrances, des aridités dans la vie de prière. Mais si l’on persévère fidèlement, on y goûte de temps en temps un bonheur indicible, une paix et un rassasiement qui sont un avant-goût du paradis. « Vous verrez les cieux ouverts », nous a promis Jésus (Jn 1, 51)....

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Résolution du jour :
Toute la journée, je serai attentif à la présence de Dieu qui sans cesse m’accompagne. Je tâcherai d’être sensible à ce que le Seigneur veut m’enseigner sur son Royaume aujourd’hui.

♦ Dimanche 31 mars

« Accourant, il tomba sur son cou et l'embrassa... »

Une belle méditation de Charles de Foucauld
sur la parabole de l'enfant prodigue (Luc 15, 1-3. 11-32)

Mon Dieu, que vous êtes bon ! C'est ce que vous avez fait pour moi ! Oui, jeune, je suis allé loin de vous, loin de votre maison, de vos saints autels, de votre Église, dans un pays éloigné, le pays des choses profanes, des créatures, de l'incrédulité, de l'indifférence, des passions terrestres... Oh ! qu'il est douloureusement loin de vous ce pays-là ! J'y suis resté longtemps, 13 ans, dissipant ma jeunesse dans le péché et la folie.

Votre première grâce (non la première de ma vie, car elles sont innombrables à toutes heures de mon existence, mais celle en laquelle je vois comme la première aube de ma conversion), c'est de m'avoir fait éprouver la famine, famine matérielle et spirituelle ; vous avez eu la bonté infinie de me mettre dans des difficultés matérielles qui m'ont fait souffrir et m'ont fait trouver des épines dans cette folle vie ; vous m'avez fait éprouver la famine spirituelle en me faisant éprouver des désirs intimes d'un meilleur état moral, des goûts de vertu, des besoins de bien moral ; et puis, quand je suis revenu vers vous, bien timidement, en tâtonnant, vous faisant cette étrange prière : « Si vous existez, faites que je vous connaisse », ô Dieu de bonté qui n'aviez cessé d'agir depuis ma naissance en moi et autour de moi pour amener ce moment, avec quelle tendresse, « accourant aussitôt, vous tombâtes sur mon cou, m'embrassâtes » ; avec quel empressement vous me rendîtes la tunique d'innocence... Et à quel divin festin, bien autre que celui du père de l'enfant prodigue, vous m'invitâtes aussitôt...

Comme il est bon ce Père de l'enfant prodigue ! Mais comme vous êtes mille fois plus tendre que lui ! Comme vous avez fait mille fois plus pour moi qu'il n'a fait pour son fils ! Que vous êtes bon, mon Seigneur et mon Dieu ! Merci, merci, merci, sans fin merci ! Enfant prodigue, non seulement reçu avec une si ineffable bonté, sans punition, sans réprimande, sans nul souvenir du passé, mais avec des baisers, la tunique première et l'anneau d'enfant de la maison, non seulement reçu ainsi, mais cherché par ce Père béni et rapporté par lui de ces pays lointains.

♦ Samedi 6 avril

La prière me fait connaître Dieu

Introduction :
Nous poursuivons notre retraite sur la prière, habités par ce désir de trouver ou de retrouver la joie de prier. Aujourd’hui, nous allons voir comment la prière m’introduit peu à peu dans une vraie connaissance de Dieu.

Méditation du père Jacques Philippe :
La prière nous introduit peu à peu dans une vraie connaissance de Dieu. Non pas un Dieu abstrait, lointain, le « grand horloger » de Voltaire ou le Dieu des philosophes et des savants, ni même celui d’une certaine théologie froide et cérébrale, mais le Dieu personnel, vivant et vrai, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Le Dieu qui parle au cœur, selon l’expression de Pascal. Non pas un Dieu au sujet duquel nous nous contentons de quelques idées héritées de notre éducation ou de notre culture, ou encore un Dieu qui serait le produit de nos projections psychologiques, mais le Dieu véritable.

La prière nous permet de passer de nos idées sur Dieu, de nos représentations (toujours fausses ou trop étroites) à une expérience de Dieu. Et c’est bien différent.

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Résolution du jour :
Je prends un temps pour lire la Parole de Dieu de la liturgie du jour. Je contemple le visage de Dieu que me révèle ce passage de la Parole. Je le médite et le garde dans mon cœur.

♦ Samedi 13 avril

Découvrir mon identité profonde

Introduction :
En ce sixième jour de retraite, nous méditons sur l’un des fruits de la prière : la connaissance de soi. L’homme ne se connaît vraiment que dans la lumière de Dieu.

Méditation du père Jacques Philippe :
L’homme ne peut vraiment se connaître que dans la lumière de Dieu. Tout ce qu’il peut connaître de lui-même par des moyens humains (expérience de la vie, psychologie, sciences humaines) n’est pas à mépriser, bien entendu. Mais cela ne donne qu’une connaissance limitée et partielle de son être. Il n’a accès à son identité profonde que dans la lumière de Dieu, dans le regard que pose sur lui son Père du Ciel.

Cette connaissance a deux aspects : un aspect au premier abord négatif, mais qui débouche ensuite sur quelque chose d’extrêmement positif.
L’aspect négatif concerne notre péché, notre misère profonde. On ne les connaît vraiment que dans la lumière de Dieu...
Par bonheur, Dieu est tendre et miséricordieux, et cette mise en lumière ne se fait que progressivement, au fur et à mesure que nous sommes capables de la supporter. Dieu ne nous montre notre péché qu’en nous révélant simultanément son pardon et sa miséricorde...

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Résolution du jour :
Aujourd’hui et rien que pour aujourd’hui, j’essaierai d’accueillir mes propres erreurs, les critiques à mon encontre, les contrariétés de ma journée avec douceur et humilité. Comme Thérèse de Lisieux, j’apprendrai à me réjouir des faiblesses que je découvre en moi, je n’essaierai pas de les cacher ou de les nier, mais avec tout ce que je suis, je me jetterai avec confiance dans les bras du Père.

♦ Samedi Saint 20 avril

La prière me rend capable d’aimer mon prochain

Introduction :
Nous méditons aujourd’hui sur l’un des plus beaux fruits de la prière : l’amour du prochain. La prière fait grandir en moi l’amour du prochain.

Méditation du père Jacques Philippe :
Un des plus beaux fruits de la prière (et un critère de discernement de l’authenticité de celle-ci) est de faire grandir dans l’amour du prochain.

Si notre prière est vraie, elle nous rapproche de Dieu, nous unit à lui et nous fait donc percevoir et partager l’amour infini qu’il porte à chacune de ses créatures. La prière dilate et attendrit le cœur. Là où manque la prière, au contraire, les cœurs s’endurcissent et l’amour se refroidit....

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Résolution du jour :

Aujourd’hui et rien que pour aujourd’hui, j’essaierai de saisir une occasion pour rendre un service joyeux et désintéressé à l’un de mes proches.

♦ Dimanche de Pâques 21 avril

« Ai-je le cœur ouvert aux surprises de Dieu ? » Pape François

Pape François :

Après l’écoute de la Parole de Dieu, de ce passage de l’Évangile (Jean 20, 1-9), trois choses me viennent à l’esprit.

Premièrement : l’annonce. Il y a là une annonce : le Seigneur est ressuscité. Cette annonce qui depuis les premiers temps des chrétiens allait de bouche en bouche ; c’était le salut : le Seigneur est ressuscité. Et les femmes, qui sont allées oindre le corps du Seigneur, ont trouvé une surprise. La surprise... Les annonces de Dieu sont toujours des surprises, parce que notre Dieu est le Dieu des surprises. Il en est ainsi depuis le début de l’histoire du salut, depuis notre père Abraham. Dieu te surprend : « Allez, va, va, quitte ta terre et va ». Et il y a toujours une surprise après l’autre. Dieu ne sait pas faire une annonce sans nous surprendre. Et la surprise est ce qui te touche le cœur, qui te touche justement là, où tu ne l’attends pas. Pour le dire un peu avec le langage des jeunes : la surprise est un coup bas ; tu ne l’attends pas. Premièrement : l’annonce faite surprise.

Deuxièmement : la hâte. Les femmes courent, vont dire en hâte : « Mais, nous avons trouvé cela ! ». Les surprises de Dieu nous mettent en chemin, immédiatement, sans attendre. Et ainsi, elles courent pour voir. Et Pierre et Jean courent. Les bergers, cette nuit de Noël, courent : « Allons à Bethléem voir ce que nous ont dit les anges ». Et la Samaritaine, court pour dire aux gens de son village : « Voilà une nouveauté : j’ai trouvé un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ». Et les gens savaient ce qu’elle avait fait. Et ces gens courent, ils laissent tout ce qu’ils sont en train de faire, même la femme au foyer laisse les pommes de terre dans la casserole — elle les trouvera brûlées —, mais l’important est d’aller, de courir, pour voir cette surprise, cette annonce.

Cela arrive encore aujourd’hui. Dans nos quartiers, dans les villages, quand il arrive quelque chose d’extraordinaire, les gens courent pour voir. Aller en hâte. André n’a pas perdu de temps et est allé en hâte vers Pierre pour lui dire : « Nous avons trouvé le Messie ». Les surprises, les bonnes nouvelles, se donnent toujours ainsi : en hâte. Dans l’Évangile, il y a quelqu’un qui prend un peu de temps ; il ne veut pas prendre de risques. Mais le Seigneur est bon, il l’attend avec amour, c’est Thomas. « Je croirai quand je verrai les plaies », dit-il. Le Seigneur a aussi de la patience pour ceux qui n’ont pas autant de hâte.

L’annonce-surprise, la réponse en hâte et la troisième chose que je voudrais vous dire aujourd’hui est une question : « Et moi ? Ai-je le cœur ouvert aux surprises de Dieu, suis-je capable d’aller en hâte ou ai-je toujours ce même refrain : « Mais, demain je verrai, demain, demain ? ». Qu’est-ce que me dit la surprise ? Jean et Pierre sont allés en courant au sépulcre. L’Évangile dit de Jean : « Il crut ». Pierre aussi : « Il crut », mais à sa façon, avec la foi un peu mêlée aux remords d’avoir renié le Seigneur. L’annonce faite surprise, la course et la hâte, et la question : « Et moi, aujourd’hui, en cette Pâques 2019, qu’est-ce que je fais ? Toi, qu’est-ce que tu fais ? ».


 

40 jours avec les chrétiens qui souffrent

« Le Carême, occasion providentielle de conversion, nous aide à contempler cet étonnant mystère d'amour. » Saint Jean-Paul II

Chers amis,

En ce mercredi des Cendres, nous entrons dans un temps de préparation à de nouveaux commencements, un temps de combat spirituel, un temps pour laisser le Christ nous habiter et nous laisser guider par l'Esprit Saint. Pour votre Carême, nous vous proposons de vivre 40 jours aux côtés de témoins de l'Église souffrante.

En vous inscrivant, chaque semaine, vous pourrez :

- découvrir un témoignage à travers la vidéo et le portrait d'une religieuse d'un pays où l'Église est en détresse,

- prier aux intentions qu'elle vous confie,
- réaliser un effort de Carême en union avec les chrétiens de son pays.

Marc Fromager Directeur de l'AED

♦ Première semaine : Pérou et le témoignage de Soeur Graciana

♦ Deuxième semaine : Prendre soin des orphelins

au Kazakhstan avec sœur Rita

♦ Troisième semaine : Prendre soin des enfants handicapés

en Syrie avec sœur Samia

♦ Quatrième semaine : Prendre soin des personnes âgées

au Rwanda avec sœur Cécilia

♦ Cinquième semaine : Amener Jésus au peuple et éduquer

au Pakistan avec sœur Ghazia

♦ Semaine Sainte : Prier pour le monde avec l'Adoration Perpétuelle
en Ukraine avec sœur Klara


♦ Méditation du Mercredi des Cendres

... Pour retrouver la route, aujourd’hui nous est offert un signe : des cendres sur la tête. C’est un signe qui nous fait penser à ce que nous avons en tête. Nos pensées poursuivent souvent des choses passagères, qui vont et viennent. La légère couche de cendres que nous recevrons est pour nous dire, avec délicatesse et vérité : des nombreuses choses que tu as en tête, derrière lesquelles chaque jour tu cours et te donne du mal, il ne restera rien. Pour tout ce qui te fatigue, de la vie tu n’emporteras avec toi aucune richesse. Les réalités terrestres s’évanouissent, comme poussière au vent. Les biens sont provisoires, le pouvoir passe, le succès pâlit. La culture de l’apparence, aujourd’hui dominante, qui entraîne à vivre pour les choses qui passent, est une grande tromperie. Parce que c’est comme une flambée : une fois finie, il reste seulement la cendre. Le Carême est le temps pour nous libérer de l’illusion de vivre en poursuivant la poussière. Le Carême c’est redécouvrir que nous sommes faits pour le feu qui brûle toujours, non pour la cendre qui s’éteint tout de suite; pour Dieu, non pour le monde ; pour l’éternité du Ciel, non pour la duperie de la terre ; pour la liberté des enfants, non pour l’esclavage des choses. Nous pouvons nous demander aujourd’hui : de quel côté suis-je ? Est-ce que je vis pour le feu ou pour la cendre ?...

Texte complet en cliquant sur la photo

♦ Méditation proposée sur le texte de la Transfiguration

Texte des JMJ du Brésil, proposé par youPray, extrait :

... Dans l’Évangile nous avons entendu la réponse : le Christ. « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le ! » Jésus est celui qui nous porte Dieu et qui nous porte à Dieu, avec lui toute notre vie se transforme, se renouvelle et nous pouvons regarder la réalité avec un regard nouveau, du point de vue de Jésus, avec ses yeux à lui (Cf. Lettre enc. Lumen fidei, n. 18). C’est pourquoi je vous dis aujourd’hui, à chacun d’entre vous, avec force : « mets le Christ » dans ta vie, et tu trouveras un ami en qui te fier toujours ; « mets le Christ » et tu verras croître les ailes de l’espérance pour parcourir avec joie la route de l’avenir ; « mets le Christ » et ta vie sera pleine de son amour, elle sera une vie féconde. Parce que nous voulons tous avoir une vie féconde, une vie qui donne vie aux autres...

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♦ Méditation proposée sur la peur de la liberté
(Matthieu 5, 17-19)

Texte proposé par youPray :

La liberté fait peur. Cet extrait évangélique suit les Béatitudes. Les Béatitudes sont l’expression de la nouvelle loi, plus exigeante que celle de Moïse. La maturation de la loi peut se comparer au germe qui éclate et donne naissance à la fleur. Jésus est l’expression de la maturité de la loi, l’heure de l’accomplissement de la loi, qui est la loi de l’Esprit.
Vers la maturité de la loi, il y a toujours de la crainte, crainte de la liberté que donne l’Esprit. La loi de l’Esprit rend libres ! Cette liberté fait peur. Cette peur engendre deux tentations.
La première tentation est celle de revenir en arrière. C'est la peur de la liberté, de l’Esprit-Saint. Il est mieux de ne pas courir de risques. La tentation de reculer survient parce que le croyant se sent plus en sécurité en arrière. Mais la pleine sécurité est dans l’Esprit Saint qui porte en avant, qui donne confiance mais cette sécurité est plus exigeante.
L’autre tentation est le progressisme adolescent, qui fait sortir de la route. Il survient lorsque le croyant n’est pas assez détaché d’une culture : il prend de ci de là les valeurs de cette culture… Ils veulent faire cette loi ? Faisons cette loi… Les adolescents veulent tout avoir. Et à la fin, on glisse, comme quand la route est gelée et que la voiture glisse et fait du hors-piste.
En ce moment de l’histoire de l’Église, le chrétien ne peut ni reculer ni sortir de la route, qui est celle de la liberté dans l’Esprit Saint, qui rend libres, dans le discernement continu sur la volonté de Dieu.

♦ Prier le chapelet, Mystère Lumineux

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Mystère Lumineux : le Baptême de Jésus au Jourdain

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. »
Un Fruit du Mystère : La sainteté
Une Grâce à demander : Découvrir ma vocation
Intentions de prière : Pour tous les baptisés, afin que le Seigneur renouvelle en chacun le désir de sainteté.

♦ Dimanche de Pâques 21 avril

« Ai-je le cœur ouvert aux surprises de Dieu ? » Pape François

Méditation du Pape proposée par YouPray

Après l’écoute de la Parole de Dieu, de ce passage de l’Évangile (Jean 20, 1-9), trois choses me viennent à l’esprit.

Premièrement : l’annonce. Il y a là une annonce : le Seigneur est ressuscité. Cette annonce qui depuis les premiers temps des chrétiens allait de bouche en bouche ; c’était le salut : le Seigneur est ressuscité. Et les femmes, qui sont allées oindre le corps du Seigneur, ont trouvé une surprise. La surprise... Les annonces de Dieu sont toujours des surprises, parce que notre Dieu est le Dieu des surprises. Il en est ainsi depuis le début de l’histoire du salut, depuis notre père Abraham. Dieu te surprend : « Allez, va, va, quitte ta terre et va ». Et il y a toujours une surprise après l’autre. Dieu ne sait pas faire une annonce sans nous surprendre. Et la surprise est ce qui te touche le cœur, qui te touche justement là, où tu ne l’attends pas. Pour le dire un peu avec le langage des jeunes : la surprise est un coup bas ; tu ne l’attends pas. Premièrement : l’annonce faite surprise.

Deuxièmement : la hâte. Les femmes courent, vont dire en hâte : « Mais, nous avons trouvé cela ! ». Les surprises de Dieu nous mettent en chemin, immédiatement, sans attendre. Et ainsi, elles courent pour voir. Et Pierre et Jean courent. Les bergers, cette nuit de Noël, courent : « Allons à Bethléem voir ce que nous ont dit les anges ». Et la Samaritaine, court pour dire aux gens de son village : « Voilà une nouveauté : j’ai trouvé un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ». Et les gens savaient ce qu’elle avait fait. Et ces gens courent, ils laissent tout ce qu’ils sont en train de faire, même la femme au foyer laisse les pommes de terre dans la casserole — elle les trouvera brûlées —, mais l’important est d’aller, de courir, pour voir cette surprise, cette annonce.

Cela arrive encore aujourd’hui. Dans nos quartiers, dans les villages, quand il arrive quelque chose d’extraordinaire, les gens courent pour voir. Aller en hâte. André n’a pas perdu de temps et est allé en hâte vers Pierre pour lui dire : « Nous avons trouvé le Messie ». Les surprises, les bonnes nouvelles, se donnent toujours ainsi : en hâte. Dans l’Évangile, il y a quelqu’un qui prend un peu de temps ; il ne veut pas prendre de risques. Mais le Seigneur est bon, il l’attend avec amour, c’est Thomas. « Je croirai quand je verrai les plaies », dit-il. Le Seigneur a aussi de la patience pour ceux qui n’ont pas autant de hâte.

L’annonce-surprise, la réponse en hâte et la troisième chose que je voudrais vous dire aujourd’hui est une question : « Et moi ? Ai-je le cœur ouvert aux surprises de Dieu, suis-je capable d’aller en hâte ou ai-je toujours ce même refrain : « Mais, demain je verrai, demain, demain ? ». Qu’est-ce que me dit la surprise ? Jean et Pierre sont allés en courant au sépulcre. L’Évangile dit de Jean : « Il crut ». Pierre aussi : « Il crut », mais à sa façon, avec la foi un peu mêlée aux remords d’avoir renié le Seigneur. L’annonce faite surprise, la course et la hâte, et la question : « Et moi, aujourd’hui, en cette Pâques 2019, qu’est-ce que je fais ? Toi, qu’est-ce que tu fais ? ».