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« Ta foi t'a sauvée » : thème 2019

Sélection de quelques beaux textes ou témoignages
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(Pour avoir les textes complets en PDF, cliquez sur la photo corespondante)

Savez-vous que vous avez en vous une force que vous n'imaginez pas ? Votre foi ! Ravivez votre foi avec les méditations quotidiennes des Dominicains.

♦ Jeudi Saint 18 avril

« Le geste qui Sauve »

« Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi,
vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
» (Jean 13, 14)

... Aujourd’hui, au moment d’entrer dans sa Passion, Dieu sait se rendre disponible à tous. Même Judas qui brise l’amitié fait l’objet de sa sollicitude et a les pieds lavés...

Le geste du lavement des pieds doit pouvoir nous guérir et nous faire agir pour le salut de nos frères et sœurs. Il est difficile de traverser la vie sans avoir à subir des injustices ou à endurer quelques blessures, mais c’est sans doute un des lieux où nous pouvons nous entraider : le pain est rompu, le sang versé. La fracture du groupe des disciples et sa restauration sont célébrées. La coupe nous engage à partager leur destinée, à vivre de leur espérance.

♦ Mardi 16 et mercredi 17 avril

« Défaillance »

« Je crois, viens au secours de mon manque de foi. » (Marc 9, 24)

La défaillance et le doute sont les lieux de la rencontre entre le croyant et l’incroyant. L’humble, conscient de ses limites, sait que sa foi peut défaillir. Ces heures sont à vivre sans honte, comme un dépouillement, une occasion de percevoir l’incroyant non pas comme quelqu’un à qui il manquerait quelque chose, mais comme un humain, un frère, une sœur de qui nous avons à recevoir, car nous ne lui sommes pas supérieurs, nous sommes aussi à terre et salis par la boue du chemin.

La croix est un lieu d’égalité où Pierre lui-même rejoint les reniements de l’histoire en même temps que les relèvements. « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. »...

 

« Poignée de main »

« Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23, 34)

Nous sommes au plus bas, à l’heure de la trahison. Notre foi en la résurrection devrait nous interdire de désespérer de la dignité humaine. La dignité du Fils de l’homme va être bafouée avec celle de tous les êtres humains qui sont maltraités dans l’histoire de l’humanité.

La foi est un sursaut, car croire en la dignité de toute personne peut s’avérer difficile. Nous avons peut-être dans notre entourage un frère, une sœur, un ami qui est tombé sur le chemin de la vie dans une addiction ou qui a commis une faute insoutenable. Si nous sommes en présence d’une personne qui nous répugne par sa lâcheté ou ce qu’elle a fait, Jésus nous demande de la respecter. Un ami magistrat me disait qu’il serrait toujours la main des prévenus, de ceux-là mêmes qu’il allait juger et parfois condamner lourdement...

 

♦ Dimanche 14 et lundi 15 avril

« L'unique croyant »

« C’est en Jésus-Christ, par sa foi, que nous avons l’assurance nécessaire
pour nous approcher de Dieu avec confiance.
"
» (Ephésiens 3, 12)

 Frère Bernard Sennelle : Prieur du couvent St Jacques à Paris, le frère Bernard travaille pour l'association DECERE à une réflexion sur la place des religions dans l’espace public en Europe. Il est également aumônier au Parlement européen.

Ai-je besoin d’un Sauveur ? La question nous habite au seuil des jours saints et de son cortège de trahisons. À la veille du déchaînement de lâchetés, d’accusations et de violences en tout genre, nous osons espérer, croire que les mystères de la foi ouvrent nos cœurs et nos esprits à la lumière et les délivrent de toute entrave. Cette semaine, nous entrons en Dieu et dans sa vie et c’est finalement un chemin de joie que nous allons emprunter tout au long de ces jours.
C’est un retour à nous-mêmes que nous vivrons, une explication avec nous-mêmes...

Au cours de cette semaine, le Christ retourne librement au Père la source de son élan. L’élan d’un fleuve lui est donné par sa source. L’élan du Christ lui vient de son Père. C’est sa foi qui va le soutenir au cœur du drame. Et la croix va conduire cette foi à sa perfection. Pour nous, le Christ devient l’unique Croyant...

 

« Insolite »

« Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”,
et il vous aurait obéi.
» (Luc 17, 6)

Mais que devient la Bonne Nouvelle du Christ dans un monde d’où le divin semble s’être retiré ? Que fait Dieu devant tant de violence et de lâcheté ? Qu’a-t-il fait pour venir au secours de son Fils à l’heure de la Passion ? Aujourd’hui, ces questions resurgissent et la foi paraît reléguée au vestiaire. Car elle est insolite, déroutante aux yeux de beaucoup de nos contemporains. Ils nous interpellent : « Comment pouvez-vous encore croire en un Dieu aujourd’hui ? »

Souvent d’ailleurs, Jésus s’étonne du manque de foi. Elle est aussi un chemin laborieux qui peut faire peur. Son caractère insolite contraste avec la communication moderne et la technique aussi rapides que sans surprise. Seulement, l’humanité fait ce qu’elle peut dans la lenteur et parfois la déroute. Insolite et fragile comme l’homme, la foi n’en est pas moins notre trésor et notre joie...

♦ Samedi 13 avril

« Passer à l'acte »

« Puis Jésus ressuscité leur dit : "Allez dans le monde entier.
Proclamez l’Évangile à toute la création." » (Marc 16, 15)


L'état de notre planète nous met face à un défi qui semble immense, bien trop lourd pour nous. Le risque est d'être paralysé par l'ampleur de la tâche.
Dans la prière, Sophie trouve une force pour se lever et passer à l'acte. Et si nous nous y mettions tous ?

♦ Jeudi 11 et vendredi 12 avril

« Irrésistible appel »

« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père,
et va vers le pays que je te montrerai
.
» (Genèse 12, 1)

Sœur Louis-Marie

J’ai 16 ans quand les sœurs s’installent aux Camélias à Saint-Denis de La Réunion. J’apporte souvent des fleurs pour leur chapelle. Un jour, une sœur me demande : « Est-ce une vocation ? » Je ne veux pas entendre et prends la fuite. Pourtant, cet appel reçu dans mon enfance ne me quitte pas.
Dix ans plus tard, il devient plus insistant et exige une réponse. Je suis restée proche de la communauté des sœurs et je me décide à y entrer. Comme saint Paul, je veux que tout le monde connaisse Jésus. Il y a trop de souffrances dans ce monde. Je veux les faire miennes, les porter dans mon cœur et les présenter à Dieu. On me traite de folle : « Tu as tout, un travail, une voiture, une maison ! Est-ce qu’en 68 on peut encore penser à la vie monastique ? » En cette période troublée, beaucoup quittent la vie religieuse et moi je m’engage. Cela semble un contresens... 

« Coup de barre »

« Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux.
» (Matthieu 26, 39)

Sœur Marie-Patricia

La vie monastique, ce n’est pas que des prières. Les tâches de la vie quotidienne sont nombreuses. J’ai même traversé une fatigue de la foi, car je peinais dans certaines tâches pratiques. J’ai crié vers le Seigneur ; Il m’a fait comprendre que je devais lâcher prise et lui faire davantage confiance.
Alors, je me suis armée de la Parole de Dieu, de la prière et de la charité dans le don de moi-même. Ce fut l’origine d’un nouvel élan dans ma foi.

Le Piton des Neiges, ce volcan de La Réunion, qui semble endormi, illustre bien la fatigue de la foi. En apparence, rien ne se passe et pourtant la lave est toujours là, qui jaillira de nouveau. Quel que soit l’état de vie, nous rencontrons parfois cette fatigue. Ce n’est ni une malédiction ni une fatalité...

♦ Mardi 9 et mercredi 10 avril

« Murmure »

« Par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine. »
(Lettre aux Éphésiens 2, 14)

Sœur Marie-Patricia

Au cours de leur marche dans le désert, lieu de la tentation et des épreuves, les Hébreux récriminèrent contre Moïse et contre Dieu. Le peuple murmure. Qui n’a jamais murmuré contre Dieu ? L’échec, la maladie, le deuil, autant d’occasions pour accuser Dieu. Qui n’a jamais murmuré contre son prochain, les institutions publiques, l’Église ?...

Le murmure crée des murs dans les relations. Relation avec Dieu, relation avec nos frères et sœurs.
Face à cela, dans la foi, Moïse intercède. Il ne réagit pas comme le peuple le voit, en ennemi. Il ne critique pas. Au contraire, il est solidaire du peuple. Il est leur avocat auprès de Dieu et rétablit la relation entre Dieu et le peuple.

Moïse préfigure Jésus qui intercède pour nous auprès du Père...

« Nuit cyclonique »

« Quand je me tiens à l’abri du Très-Haut et repose à l’ombre du puissant,
je dis au Seigneur : mon refuge, mon rempart, mon Dieu dont je suis sûr.
»
(Psaume 90, 1-2)

Sœur Marie de l'Enfant Jésus

C'est la nuit. J'ai 15 ans. Un terrible cyclone se déchaîne sur l’île de La Réunion. Éclairs éblouissants, tonnerres, averses et vents violents brisent tout. La maison craque, le toit en tôle se soulève. Ma mère en silence prend le tableau du Sacré-Cœur de Jésus et le pose sur une grande table sous laquelle nous nous réfugions. Nous crions vers le Seigneur, et récitons le chapelet. Peu à peu, la paix revient, nous reprenons confiance. Ce jour-là, la prière faisait corps avec notre vie, depuis elle ne m’a jamais quittée.
Elle n’a pas toujours été facile. Même après 65 ans de vie religieuse, elle ne me vient pas naturellement. Bien sûr, je reçois des grâces, mais chaque jour, pour que la prière fasse corps avec ma vie, il me faut faire un effort d’union à Dieu dans la foi.
Le Seigneur répond toujours à mes appels...

♦ Dimanche 7 et lundi 8 avril

« Silence, on tourne ! »

« Pour toi le silence est louange, ô Dieu, dans Sion. »
(Psaume 65, 2)

 Sœur Marie-Emmanuelle : installées depuis 1958 à Saint-Denis de la Réunion, les moniales dominicaines se consacrent à l'accueil et à l'écoute de la Parole de Dieu dans la vie contemplative.

 Une femme est prise en flagrant délit d’adultère. Elle est déjà condamnée par les bien-pensants qui la conduisent devant Jésus pour qu’il la juge. Va-t-il la condamner ? Elle se tait, car elle est une femme. Dans le milieu juif au temps de Jésus, la femme n’a pas droit à la parole, sa parole n’a aucune valeur juridique.

Se sachant déjà condamnée, elle garde le silence, à son silence répond celui de Jésus. Le silence de Jésus est riche de tout son amour, amour qui a déjà tout donné : sa vie, sa mort. Son amour enveloppe cette femme et ses accusateurs, son silence aimant n’est pas indifférence, mais temps de maturation. Il donne à chacun le temps d’entrer en lui-même, de prendre conscience de son état et de reconnaître qu’il ne peut pas s’en sortir seul dans la vie, qu’il a besoin d’un sauveur. Après le silence vient le temps de la parole. « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. »

L’impact de cette parole aurait-elle été aussi forte sans le silence qui l’a précédée ?
Dans les épreuves, il nous semble parfois que Dieu est absent, silencieux, mais comme pour Jésus, son silence n’est pas indifférence, mais temps de maturation. Il entend nos cris de détresse tout comme le frémissement de notre cœur...

 

« Sortie de secours »

« À pleine voix je crie vers le Seigneur ; il me répond de sa montagne sainte »
(
Psaume 21, 23)

... Dans la Bible, le cri souvent devient prière comme celui de Suzanne, une femme injustement condamnée à mort pour adultère. Elle n’a plus d’issue et crie vers le ciel. « Dieu éternel, toi qui pénètres les secrets, tu sais qu’ils ont porté contre moi un faux témoignage. Voici que je vais mourir, sans avoir rien fait de tout ce que leur méchanceté a imaginé contre moi. »...

Quand tout semblait fermé ou perdu, Jésus, du haut de la Croix, a lancé ce cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ! » Avec lui, ayons l’audace de crier à pleine voix vers notre Père.

♦ Samedi 6 avril

« Parler de Dieu »

« Je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée »
(Psaume 21, 23)

Il est fini ce temps où la majorité de la population était chrétienne, une époque où tous connaissaient les bases de la foi. Aujourd'hui un chrétien ne peut plus se dispenser d'un témoignage personnel.
Comme pour Thomas, cela vous paraît insurmontable ? Peut-être suffit-il de se lancer ? Partagez cette vidéo, ce sera un premier pas !

♦ Jeudi 4 et vendredi 5 avril

« Ils m'ont appelée Vilaine »

« Simon, j’ai quelque chose à te dire. » (Luc 7, 40)

Retrouvons cette scène à trois personnages principaux : Jésus invité chez Simon et probablement Marie Madeleine qui se jette à ses pieds.

Simon, l’hôte, parle le premier : – Tu es donc le seul à ne pas savoir à quel point cette femme n’est pas fréquentable ? Ce geste aux pieds de Jésus, une honte ! Simon est scandalisé. Jésus, au contraire, admire. N’est-il pas lui-même enseigné par ce geste ? Comme la femme, passionnée, s’est penchée sur ses pieds, avec larmes et parfum, Jésus à son tour se penche, confidentiellement, à l’oreille de Simon. Il désire par là inverser le regard de ce dernier dans l’espoir que s’éveille entre eux aussi une relation nouvelle...

« Liberté chérie »

« Ma grâce te suffit »

Saint Paul affirme : « Ma grâce te suffit ! » Or Jésus dit : « Ta foi t’a sauvée. » Alors ? Comment comprendre cette apparente contradiction ? Autrement dit : le tout est grâce d’un roman célèbre inclut-il ou exclut-il l’homme et la femme ? Bien sûr qu’il les inclut. Retrouvons pour nous en convaincre le fil rouge qui traverse le parcours évangélique de nos cinq amis.
Marie pleinement femme. Tout au long de son existence, elle consent. Elle conçoit et offre son fils à la vie. Elle conserve toutes choses en son cœur. Elle ose interroger : comment ? demande-t-elle à l’ange ; pourquoi ? reproche-t-elle à l’enfant fugueur...

♦ Mardi 2 et mercredi 3 avril

« Une sœur aînée d'abord »

« Marie dit alors : Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
»
(Luc 1, 46-47)

J’aurais dû commencer par elle, par sa foi à elle, « une petite fille, cette reine des anges »*.
Il y a son fiat, bien sûr, mais je préfère ici laisser parler son magnificat. Il déborde de sens par au moins trois attitudes qui s’entrelacent, tels trois fils tressant une gerbe.
D’abord, elle explose de joie. Elle exulte. Elle exalte. Elle, si petite, ne peut rien refuser, ne veut rien refuser à celui qui est tout. Elle a foi en lui, elle est foi en lui.

Ensuite, elle annonce la victoire des humbles sur toute forme de domination...

Enfin, le Magnificat nous révèle une troisième attitude : Marie s’offre à une nouvelle signification du temps et de l’histoire humaine. Elle nous invite à l’y suivre.

« Le bond de la confiance »

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Marc 10, 51)

... Dans cette proclamation, « ta foi t’a sauvé », se dévoilent deux bonnes nouvelles : d’une part l’accès à un salut personnel. La sortie de mes propres enfermements, issus de mon histoire, que je dois apprendre à nommer. D’autre part, l’accès à un salut au-delà de ma petite personne qui tend à réconcilier l’aventure humaine avec elle-même et avec Dieu.
Dans ce salut, j’ai ma part. La confiance a le premier et le dernier mot : ta confiance en moi, ma confiance en toi, si petit bout d’homme ou de femme sois-tu.

♦ Dimanche 31 mars et lundi 1er avril

« Des miettes en or »

« Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. »
(Luc 15, 31)

Dominique : il est entré dans l'ordre en 1951. Après avoir vécu plusieurs années en Algérie, il est maintenant à Lille où il donne des cours de français auprès de migrants.

 On entend ce dimanche la parabole de l’enfant prodigue. Je crois pourtant que plus fondamentalement, c’est le Père qui est prodigue. A-t-il manifesté une préférence entre ses fils ? Eh bien, non ! Il préfère… les deux. En Jésus, le Père aime tous ses enfants et parce qu'il nous aime, il nous fait collaborer chacun à notre propre salut. Cinq témoins cette semaine vont tour à tour nous en convaincre.
Commençons par la Cananéenne, une païenne au regard des juifs pieux, femme de toutes les audaces. Elle se fait accuser par Jésus d’ôter le pain de la bouche des enfants de la Promesse, tel un petit chien. Et elle de lui répondre : « Justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »...

« Même un homme de guerre »

« Chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. » (Matthieu 8, 10)

... L’expérience ? « Ce vécu qui fait vivre. » Ainsi la définissait un de mes amis. Elle serait cette part du vécu qui, ressassée, peut rebondir en sagesse, en repères éprouvés.

Notre centurion est fier. Il a conscience de pouvoir obtenir d’un subordonné une soumission totale et même à distance ! « Va là-bas, et il y va. »* Nous ne savons que trop les terribles déviations de ce pouvoir militaire quand il est abandonné au service d’un tyran ou d’un petit chef. Mais il peut aussi être mis au service du bien, constituer un rempart contre l’adversité et mobiliser des énergies au service de justes causes défensives...

♦ Samedi 30 mars

 « S'engager dans l'Église »

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ;
et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. » (Matthieu 16, 18)

Pourquoi s'engager dans une Église salie par les crimes de quelques uns ?
Parce qu'elle est l'Église du Christ et qu'il compte sur nous pour la rendre belle et sainte, parce qu'elle est le porte-voix de Dieu pour annoncer son amour offert à tous, parce qu'il s'y vit aussi et surtout de grandes joies et enfin parce que unis, nous sommes plus forts pour vaincre le mal.
Tout cela, Thomas le découvre et s'émerveille.

♦ Jeudi 28 et vendredi 29 mars

« Au pied du mur »

« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
(Matthieu 28, 20)

Denis : architecte et familier de la Bible, passionné par la catéchèse et l’œcuménisme, actif dans une association pour loger durablement les sans abri.

 ... Lorsqu’enfin j’acceptai de témoigner, tout se mit à couler de source. Cela passait non par mes pauvres mots, mais par le feu d’une intonation, d’un regard, du silence où Dieu se tient. Dieu me parlait dans ce que je balbutiais maladroitement. Nouvel éblouissement, comme un « Je suis avec [toi] tous les jours… »
D’accord, Seigneur « Me voici ». Je suis incapable mais Toi, Tu m’as sauvé.

« Deuxième chance »

« Maître, laisse-le cette année encore. »
(Luc 13, 8 )

Philippe : père de famille, engagé dans la vie professionnelle, politique et associative. Fondateur de l’association Espace Fraternité qui distribue repas et vêtements aux personnes les plus défavorisées.

 ... Engagés dans une association qui accueille, écoute les plus vulnérables. Nous leur offrons repas, vêtements, aide administrative et médicale. L’un comme l’autre, nous et eux, recevons une deuxième chance.
Chaque fois, ce sont deux arbres sauvés dans la vigne du Seigneur.
Aller au-delà, changer mon regard vis-à-vis des exclus des banquets, un retournement s’est opéré en moi.

Il passait par là. Un jour, ils l’ont arrêté, condamné. Il apportait l’amour, prêchait la fraternité. Quand ils ont crié crucifie-le, les hommes ne lui ont pas donné sa deuxième chance. Pourtant, Jésus était venu pour nous sauver. Il guérissait, en plus il pardonnait. Dieu l’a ressuscité...

♦ Mardi 26 et mercredi 27 mars

Cécile : épouse, mère et grand-mère, Cécile Paris est aussi organiste à la cathédrale de St Malo, maire-adjointe de la ville de Dinan et auteur d’un livre « Orphelins d’un enfant ».

« Mystérieux remèdes »

« Dieu parle d’une façon et puis d’une autre, sans qu’on prête attention. »
(Job, 33, 14)

 ... La mort de mon fils Vincent, jeune dominicain de trente ans, pourrait paraître injuste et passer pour la preuve d’un non-amour de Dieu. Pourtant, mystérieusement, j’ose dire maintenant que cette épreuve a été pour moi le départ d’une grande aventure avec le Christ. De la mort a jailli la vie, pour Vincent comme pour moi.
Il nous faut parfois beaucoup de temps pour comprendre les agissements de Dieu à notre égard. Malgré notre tiédeur et notre inconstance, Dieu, lui, jamais ne nous abandonne. Comme le vigneron sait soigner le figuier, il connaît les remèdes à notre mal, nous laissant toute liberté de les prendre ou pas. Ces remèdes peuvent aussi s’appeler fraternité, partage, prière, eucharistie, sacrement de réconciliation...
Allons-nous accepter de nous laisser soigner par le Christ ?

« Trouve ta voix ! »

« Seigneur, me voici ! » (Exode, 3, 4)

Yacine : Enseignante en zone d'éducation prioritaire à Limoges, responsable du groupe fraternel local, impliquée dans les relations avec les musulmans, Yacine participe également au catéchisme en paroisse.

 Le Seigneur vit que Moïse avait fait un détour.*
Toi aussi, tu es en train de faire un détour en te mettant à l’écoute de cette méditation, nul doute, le Seigneur l’a vu. Comme Moïse, Il t’appelle ! Pas sous la forme d’un buisson ardent. Il ne te demande pas d’aller devant Pharaon. Mais Il a quelque chose à te dire ici et maintenant. Essaye de trouver ta façon de lui répondre, en trouvant le ton juste pour toi, avec ton corps, ta voix, ton cœur : « Seigneur, me voici ! »

Oui, j’ai vu la misère de mon peuple.**
Aujourd’hui, je crie vers Dieu mes colères, mes gouffres ; je crie les souffrances, les injustices. Pourtant, le chant de joie que Dieu a déposé en mon cœur, nul ne peut me le ravir. Oh ! Rien n’est résolu, mais je retrouve la force de poursuivre le chemin et de faire « ma part de colibri »...

♦ Dimanche 24 et lundi 25 mars

Estelle : Jeune quarantenaire, expatriée au Moyen Orient et maman d'une petite fille. Elle partage ses gourmandises terrestres et spirituelles sur son blog (www.tellou.com). Membre de la fraternité Pierre Claverie de Paris.

« L’almanach de Michel le jardinier »

« Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas » (Luc 13, 9)

 ... Je me suis demandé pourquoi le maître et le vigneron étaient frustrés de ne pas trouver du fruit sur leur figuier. Mais quand j’ai regardé le mien, la réponse m’est venue : ils l’aiment.
Je ne sais si les plantes ont une âme et répondent aux soins qu’on leur donne, mais je sais que des hommes, même brûlés par la vie, donnent des fruits quand ils sont aimés, choyés. Rien n’est jamais foutu. Mais cela ne suffit pas ! Nous avons besoin de savoir que nous sommes aimés ! Cela peut paraître impossible dans les difficultés.
Pourtant, même dans ces moments nous recevons de la bienveillance.

Apprenons à reconnaître que nous recevons des autres. De Dieu. Puis remercier, louer et reverdir. S’épanouir. Et porter des fruits. Cette reconnaissance de l’amour reçu de Dieu est ce premier pas qui nous sauve. Porter des fruits, c’est donner chair à l’amour, à l’espérance, à la foi.
Quel jardinier suis-je si je ne prends pas soin du jardin de Dieu ? Jardiner les hommes nous demande de la patience et de mettre de côté nos jugements.

 « Oui »

« Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. » (Matthieu 19, 26)

Catherine : Infirmière en soins palliatif pédiatriques, engagée dans le catéchuménat pour sa paroisse.

 ... Je garde en mémoire le témoignage d’une maman après le décès de sa fille qui me confiait : je n’accepterai jamais la mort de mon enfant. Mais, après un temps de colère et de révolte légitimes, elle a commencé à accepter la réalité de sa mort et à envisager d’aider d’autres parents.
Ce processus très lent s’est développé en elle grâce à un accompagnement, à la prière, à la fréquentation quotidienne de la Bible. Elle parvient à dire « oui » à la vie reçue de Dieu, même si elle n’est pas sans épreuves, elle avance là où il semblait impossible de passer.
Marie nous enseigne cette écoute de la Parole de Dieu. Son « oui » a permis à cette maman d’accueillir l’impossible. Elle a laissé la Parole mûrir en elle, s’incarner dans sa vie.

Samedi 23

« Savoir donner »

« Ne détourne ton visage d’aucun pauvre,
et le visage de Dieu ne se détournera pas de toi. » (Livre de Tobie 4, 7)

Donner, oui, mais comment, jusqu’où ? Dans son quotidien confortable et insouciant, Sophie est prise sur le vif par une main qui se tend vers elle.
Passée la surprise, elle réagit avec sa foi, son intelligence, son cœur et nous entraîne à sa suite.

Jeudi 21 et vendredi 22 mars

« Pain béni »

« Tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.
»
(Psaume 144, 15-16)

... C’est en apprenant à remercier que j’apprends à aimer.
Il y a tant de choses que nous recevons chaque jour. Nous ne les voyons plus, car nous les considérons comme acquises : la nourriture, un toit, des amis, et même notre corps. Cette croix sur le pain est un geste simple, une marque de reconnaissance, un signe même de résistance face à l’indifférence. Merci Seigneur !

L’Eucharistie est justement un pain de vie donné. Littéralement, Eucharistie signifie rendre grâce, autrement dit, merci pour la grâce de Dieu. La messe elle-même est un merci adressé à Dieu pour son don le plus grand : le don de lui-même.

« Don du sang, urgent ! »

« Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous.
Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. »
(Première lettre de saint Jean 3, 16)

... « Dieu nous a créés pour que nous réalisions de petites choses avec un grand amour », répétait Mère Teresa.
Ces petits dons participent à un plus grand don qui les dépasse : le don de son corps, de son sang par Jésus. La croix est l'accomplissement de sa vie donnée dans les rencontres, les enseignements, les guérisons. Quand un soldat perce le cœur de Jésus sur la croix, « aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau ». Pour les juifs, le sang c'est la vie.

Le Christ continue à donner sa vie, même au-delà de sa mort, dans les sacrements et dans l'Esprit. Il n'était pas obligé de la donner. Il agit librement, sans contrainte. Ce ne sont pas les clous qui ont tenu Jésus sur la croix, écrit Catherine de Sienne, c’est son amour pour nous.
La mort de Jésus n'a aucun sens si on n'y voit pas un don. Il est amour et amour veut dire don de soi envers l'autre. À travers les yeux de la foi, la croix nous ouvre un monde immense, l'amour infini de Dieu. Dieu est défini par le don. Il est Trinité, c'est-à-dire don réciproque d'amour entre le Père, le Fils et l'Esprit. Cet amour se répand dans le monde.
Moi qui croyais que l’amour était en forme de
, je vois maintenant quil forme une .

Mardi 19 et mercredi 20 mars  

« Rien que cinq minutes »

« Je tiens mon âme égale et silencieuse. » (Psaume 130, 2)

... le silence intérieur est la condition de la connaissance de Dieu. Jean Tauler, mystique dominicain, a écrit : « Pour que Dieu parle, il faut se taire. »

C’est la leçon de saint Joseph qui se prépare à écouter le message de Dieu. Dans l’Évangile, il est l’homme du silence. Non pas un silence mort, mais un silence attentif et actif. D'ailleurs, quand cet homme juste reçoit la parole de Dieu, immédiatement « il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit ». Le silence de Joseph est déjà une communion d’amour.

« Coup de bol ! »

« Comme un oiseau, nous avons échappé au filet du chasseur ;
le filet s'est rompu : nous avons échappé.
» (Psaume 123, 7)

La Providence ne veut pas dire que Dieu ne me laissera jamais éprouver le mal, mais que, grâce à Dieu, jamais le mal ne me vaincra. Telle est l'expérience de l'apôtre Paul qui a traversé peines et dangers jusqu'au martyr. « Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec l’épreuve, il donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter. »
Voilà la foi qui me sauve : quand le filet m’étouffe, quand le jeu va mal, je continue à croire que la victoire est possible. « La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance. »

Dimanche 17 et lundi 18 mars

Le frère Matthew Jarvis du couvent de Leicester est de nationalité anglaise. Ordonné en 2016, il est vicaire dans une paroisse et engagé dans la mission auprès des étudiants.

« Lumière, où es-tu ? »

« Je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres.
» (Jean 12, 48)

 ... En Jésus, Dieu se révèle humble : il se laisse voir, il s'approche doucement de ma propre faiblesse. C’est en lui que la luminosité divine se fait visible, non pour me faire peur, mais pour me faire sortir de mes ténèbres.
En quittant les ténèbres, même peu à peu, je partage la lumière de Dieu, je deviens lumière pour le monde, ma manière de vivre éclaire mes frères et sœurs...

« Soif de Toi »

« Seigneur, donne-moi de cette eau. » (Jean 4, 15)

...Le désir d'une eau matérielle conduit la samaritaine à un autre désir caché en elle, la soif d'eau vive, celle du vrai Dieu. « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. » Même une petite soif peut nous conduire sur le bon chemin. Deux pièges sont à éviter : l'indifférence, ne plus même désirer le bien, et la désespérance, croire l'eau vive à jamais inaccessible.
Jésus réveille notre désir, car il est l'infiniment désirable. Au puits et sur la croix, il a soif, car il est animé d’un grand désir. Il veut manger et boire à notre table, entrer en communion avec nous et nous désaltérer de son amour. « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive, [...] de son cœur couleront des fleuves d'eau vive. »

♦ Samedi 16 Mars : « Prier dans le secret »

« Que ma prière devant toi s'élève comme un encens,
et mes mains, comme l'offrande du soir. » Psaume 140, verset 2

Qui peut se prétendre un spécialiste de la prière sinon Jésus ? Tous, nous tâtonnons pour entrer dans cette expérience de relation avec Dieu. Thomas aussi tâtonne. Il nous raconte son initiation drôle et parfois maladroite à la prière silencieuse.

♦ Jeudi 14 et vendredi 15 Mars

« Le roc de la miséricorde »

« Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. » (Matthieu 5, 7)

La miséricorde est le quatrième pied de notre chaise... Ma vocation dans la mission de l’Église consiste à annoncer sans cesse l’amour du Seigneur. Pas n’importe comment ! Communauté, prière, service du prochain s’équilibrent dans la miséricorde.

« Passeur d'éternité »

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » (Matthieu 6, 10)

Sur la terre comme au ciel signifie maintenant comme plus tard. Mais le ciel désigne de manière générale le monde invisible des anges et des saints. En imitant leur vie sur terre, et avec leur aide, nous devenons nous-mêmes des fidèles serviteurs de l'Évangile, des passeurs d'éternité.
Je veux être heureux aujourd'hui, donner la force de vivre aux personnes que je rencontre. À qui sourire ce matin ? En rayonnant cet amour qui vient de Dieu, tu feras venir le ciel sur la terre.
Reste la question de la souffrance...

♦ Mardi 12 et mercredi 13 mars

« Devant ma machine à coudre »

« Quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée. » (Matthieu 6, 6)

... Prie comme tu es. La meilleure méthode pour prier est la tienne, encore faut-il la découvrir. Libère la prière qui est en toi. Ta prière t’appartient et s'accorde à ton tempérament, à ton état de vie. Ne copie pas celle des autres. Tu pries avec ton histoire et surtout avec ton cœur. Tu te présentes devant Dieu en sachant qu'il t'aime tel que tu es...

« Ma trousse de douce compassion »

« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.
» (Matthieu 25, 40)

... Au chevet des personnes malades, j'utilise toujours ma trousse de douce compassion avec ses quatre « P », Présence, Patience, Partage et Prière... Grâce à ma trousse de douce compassion, la personne malade se sent entourée, respectée, considérée et aimée. Les personnes malades sont nos maîtres. Les accompagner est une grâce qui demande toujours de rester humble. Dieu est amour. Il aime le monde à travers chacun de nous, à travers ceux qui manifestent dans le monde Sa compassion.

Dimanche 10 et lundi 11 mars :

Frère Jacques Ambec : le frère Jacques vit au couvent de Toulouse où il accompagne des personnes malades du sida. Il a écrit l'Évangile de la compassion...

« La parabole de la chaise »

« Jésus ne leur disait rien sans parabole. » (Matthieu 13, 34)

  Regardez les chaises, le plus souvent nous en assurons la stabilité au moyen de quatre pieds. Il en est de même dans notre vie chrétienne.
- Le premier pied c'est la communauté chrétienne
- Le deuxième pied reste évidemment la prière
- Le troisième pied nous renvoie au service de notre prochain.
Une chaise pourrait tenir avec trois pieds, mais quand on s’assoit, attention à la chute ! Le quatrième pied équilibre les trois autres, patientez, il vous sera dévoilé jeudi !

« Cœur ouvert »

« Assidus aux instructions des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle,
à la fraction du pain et aux prières, tous les croyants vivaient unis
et mettaient tout en commun.
» (Actes des Apôtres 2, 42)

Des enfants du catéchisme ont tout compris. Par le dessin de deux cœurs, ils ont illustré la parole : « Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur. » Tout d'abord, un cœur fermé par des barbelés, prisonnier du repli sur soi, de l'égoïsme et du péché. Puis, un cœur ouvert d’où jaillissent des flèches qui symbolisent le partage, l'ouverture aux autres, la générosité, le don de soi, l'amitié et le pardon. Un seul mot réunit tous ces éléments : l'amour ; les chrétiens d’ailleurs se reconnaissent à l’amour qu’ils ont les uns envers les autres.

Samedi 9 mars : « rester jeûne »

« L’homme ne vit pas seulement de pain. » (Luc 4, 4)

Le jeûne interroge. Et c'était déjà le cas au temps de Jésus.
Dans ce court film de fiction, Sophie nous communique sa joie et son énergie pour nous encourager à oser l'expérience du jeûne.

Jeudi 7 et vendredi 8 mars

« Objectif terre »

« Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! » (Luc 7, 50)

C’est bien d’avoir la foi, de partir sur la lune chercher un désert… encore faut-il garder les pieds sur terre ! Soyons-en certain, une foi qui ferait perdre le sens du réel est incapable de nous sauver. À quatre personnes dans l’Évangile, le Christ affirme : « ta foi t’a sauvé ». Bartimé, l'hémorroïsse, le lépreux samaritain, la femme au parfum...

C’est en parfumant ce qui rattache le Christ au sol, à la terre, qu’elle embaume toute la maison. Ce dont Jean-Baptiste au désert ne s’était pas senti digne, « dénouer la courroie de ses sandales* », elle le fait. Elle touche la nouveauté de l’Évangile en fait. Cette femme découvre que la foi en Jésus Christ ne commence pas par la tête, mais bien par les pieds, le plus terrestre. Et des pieds, elle remonte au cœur.

 

« Eclipse »

« Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie » (Luc23, 35)

... Le Vendredi saint, tout s’est assombri : « L’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était éclipsé. »
Au pied de la croix, il y avait de quoi perdre la foi. C’est pourtant là que l’amour de Dieu se révèle dans sa nudité et sa puissance. À l’ombre de la croix, la lumière resplendit. Alors, l’un des bourreaux, le centurion, s’exclame : « Celui-ci était réellement un homme juste. »
À ce centurion, le Christ aurait pu dire : « Ta foi t’a sauvé. » N’est-ce pas ce qu’il veut nous dire aujourd’hui ?

Plantée au cœur de notre marche vers Pâques, la croix habitue nos yeux à la lumière de la résurrection et son ambiance lunaire prépare le soleil pascal...

Mercredi 6 mars, mercredi des Cendres, entrée dans le Carême

Frère Charles Desjobert : : Architecte de formation, il a été ordonné en juillet 2018

Un petit pas pour l’homme… (PDF)

« Dans l'Esprit, Jésus fut conduit à travers le désert. » (Luc 4, 1)

 Les hommes se lancent parfois des défis fous. Il y a cinquante ans tout pile, quelques-uns traversaient l’espace pour atteindre la lune. Vraiment, il fallait y croire et oser.
Alors en ce mercredi des Cendres, je vous propose de revivre l'expérience et d’embarquer pour un désert... en plein ciel. Rassurez-vous, la tablette entre vos mains est bien plus performante que l’ordinateur d’une fusée de l’époque. Aussi n’est-il pas nécessaire de nous barder d’autres appareils ultra-sophistiqués.
Au contraire, ce voyage a pour objectif de nous déconnecter de nos habitudes encombrantes pour nous reconnecter à nos frères et sœurs. Effectuons les dernières mises à jour et comptons sur un puissant propulseur, l’Esprit saint, pour nous conduire à ce désert.
À quoi bon partir pour un désert ? À nos astronautes, comme il dut paraître et vaste et beau et silencieux ce désert, après l’étroitesse et les secousses de la fusée. Face à l'étendue lunaire, toute la technique s’est envolée. Dans nos vies, nous traversons bien des déserts stériles : l’isolement, l’incompréhension, le surmenage aussi… de mornes plaines terrestres aux horizons de sable et de cendre.
Un carême c’est autre chose, un désert en plein ciel. Le Père nous y appelle, car il en sait l’horizon ouvert. Et ça change tout. 
Car pour être franc, Dieu nous entraîne, et bien plus haut, et bien plus loin que la lune. Il fera refleurir nos déserts. Il en fallait des êtres raisonnables, bien déraisonnables, pour filer vers les étoiles.
C’est ça avoir la foi : un projet fou, comme partir en plein ciel. Mais pour se lancer, rassurez-vous, pas besoin de décrocher la lune, un premier pas suffit.
Alors que chaque jour de notre carême soit un petit pas pour l’homme et un grand pas en Dieu.

♦ Introduction « Ta foi t'a sauvé »

Frère Benoît Ente : il rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la Ville

 Une femme sans doute très belle, pécheresse et connue comme telle, ose entrer dans la maison d'un pharisien pour, au cours du repas, mouiller de ses larmes, essuyer de ses cheveux, baiser de sa bouche, parfumer de ses mains les pieds de Jésus.
Une autre femme souffrant de perte de sang, impure, étrangère de surcroît, ose toucher un homme juif. Quand celui-ci demande qui a fait cela, de nouveau elle surmonte sa crainte et se dénonce.
Un homme, aveugle de naissance, inexistant aux yeux du monde, brave la réprobation de la foule et crie vers Jésus sa détresse.
Un autre homme, lépreux, samaritain, ose suivre le mouvement de son cœur. Il quitte ses 9 compagnons et retourne sur ses pas rendre grâce à un homme juif qui l'a guéri.
A chacun, Jésus a dit " ta foi t'a sauvé." Tous, ils ont osé transgresser les règles de conduites, les règles de pureté, les codes sociaux et les barrières religieuses de leur époque pour s'approcher de Jésus. Ils croyaient en sa hauteur de vue, ils ont espéré qu'il leur ferait justice, qu'il comprendrait leur soif, leur souffrance, leur joie. Ils ont cru que Jésus prendrait publiquement leur défense, même s'il aurait à en payer les conséquences plus tard. Eux, les exclus des banquets, les méprisés, les intouchables, les invisibles ont cru que Jésus serait des leurs et cette foi les a sauvés. Aujourd'hui, ils sont nos guides sur le chemin du salut, que leur foi devienne la nôtre.

Pour nous préparer à la grande fête de Pâques, les frères Charles, Matthew, Jacques, Dominique, Bernard, les sœurs de l'île de la Réunion Marie-Emmanuelle, Marie-Patricia, Marie de l'enfant Jésus, Louis-Marie, les laïcs dominicains Catherine, Cécile, Yacine, Denis et Philippe ont écrit des méditations pour éclairer notre foi. Une mini série vidéo La foi en actes nous donnera des conseils pour la mettre en pratique. Des vidéos en direct sur facebook les mardis soir nous permettront d'en discuter.
Qu'en ce temps de carême, le Seigneur éclaire votre route et guide chacun de vos pas jusqu'au jour de la Résurrection.