Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal.

Face à cette nouvelle traduction du Notre Père, trois prêtres ont accepter de nous offrir le fruit de leur réflexion :

Mgr Pierre Molères sur l'aspect liturgique : « Epreuve et tentation - Les combats du Christ au désert »

L'abbé Michel Garat sur l'aspect biblique : « Notre Père : visage de Dieu, prière de l'homme »

L'abbé Jacques de Mesmay sur l'aspect spirituel : « Qui prie qui ? »

Retrouvez le texte complet de chacune des conférences en cliquant sur leur photo.
Pour certaines, possibilité de les écouter.

Mgr Pierre Molères, introduction :

« Epreuve et tentation - Les combats du Christ au désert »

Le 13/02/2013, le Pape Benoît XVI dans une audience, invitait chaque chrétien à répondre à une question de fond : « qu’est ce qui compte véritablement dans ma vie ? Quelle place Dieu y tient-il ? Est-ce le Seigneur ou moi ? »

Faire face à la tentation, ce n’est pas une théorie ; c’est un fait, une expérience qui sert au moins à plusieurs choses :

  • Elle nous aide à resituer la place de Dieu dans nos choix de vie, face à ce qui nous semble bien et bon ;
  • A approfondir l’expérience humaine dès les origines (cf : Gn 3). Le récit biblique montre à l’évidence que ce n’est pas Dieu qui tente l’homme, mais le serpent, le rusé, le diable, celui qui veut diviser, briser l’amitié entre Dieu et sa créature ; il s’attaque même à Jésus plusieurs fois ; et cherche à l’éloigner de son Père.
  • La tentation, enfin, nous est l’occasion de voir quels moyens nous prenons pour la surmonter.

Dans cette période de l’Avent, il est bon de revenir sur ce sujet, à partir de nos fragilités et bien sûr, à partir de la modification récente de la prière évangélique du Notre Père dans sa 6ème demande.

Le Notre Père vient de l’Évangile de St Matthieu (Mt 6, 9-11) et de l’Évangile de St Luc (Lc 11, 2-4).

  1. Nous verrons très brièvement l’histoire de la modification et la signification du mot tentation ;
  2. Les causes des tentations ;
  3. Les caractéristiques des tentations de Jésus ;
  4. Sa manière de les surmonter, incitatives pour nous et même profitables.

 

Abbé Michel Garat, introduction :

« Notre Père : visage de Dieu, prière de l'homme »

Pourquoi changer la traduction et avoir introduit : « ne nous laisse pas entrer en tentation » ? Y a-t-il une traduction satisfaisante ? Que recouvre le mot tentation ?  Que recouvrent les Tentations repoussées par le Christ au Désert ?

Autant de questions auxquelles Mgr Molères a déjà répondu lors la précédente soirée. Il ne s’agit pas pour moi de redire cela, mais peut-être d’y répondre différemment à la lumière de la tradition de la bible, et de l’univers propre à chacun des deux évangélistes, Matthieu et Luc, qui nous ont rapporté la tradition du Notre Père.  

Avec Matthieu, Mt 6, 9-13 nous verrons le visage de Dieu que Jésus nous révèle.
Avec Luc, Lc 11, 1-4  nous nous pencherons plutôt sur la prière du disciple, puisque ceux-ci demandent à Jésus : « apprends nous à prier ! »

Ne nous laisse pas entrer en tentation !

Quelle est l’épaisseur de cette demande ? Elle reste difficile à traduire de manière juste. Quelle est le rôle de Dieu dans la Tentation ? S’agit-il d’ailleurs de tentation (Jérome) ou d’Épreuve (Mt et Lc) ? Si la tentation concerne surtout le domaine moral , l’épreuve est de l’ordre de la foi, de notre lien à Dieu !

Ceci  donne encore davantage de densité à la demande.

Abbé Jacques de Mesmay, introduction :

« Qui prie qui ? »

9 février 2018 avec la formation permanente

Conférence sur le Notre Père, l’aspect spirituel.

(les numéros encadré renvoient à la feuille des citations)

Ô Seigneur envoie ton Esprit qu’Il renouvelle la face de la terre

Introduction :

Après l’évêque qui m’a ordonné prêtre, après mon professeur et le supérieur du séminaire qui m’a présenté à l’ordination, je suis intimidé de présenter ce 3° triptyque l’aspect spirituel : merci à la formation permanente d’avoir oser cette audace.
En accord avec l’Abbé Nouvel, je ne me focaliserai pas sur la 6° demande « ne nous laisse pas entrer en tentation » mais nous essaierons ensemble de voir comment ce changement de traduction du Notre Père est l’occasion de redécouvrir la Prière du Seigneur.

Voici une quinzaine d’année, la Compagnie œcuménique de Théâtre Sketch-up avait écrit une pièce remarquable sur le Notre Père, l’acteur ou l’actrice mettait en scène quelqu’un qui priait de manière un peu machinale et Dieu lui répondait (tentation de vous jouer la pièce entière, j’y suis juste un peu entré !)
ROSA : Notre Père qui est aux cieux !
LA VOIX : (l'interrompant) Oui.
ROSA : (surprise et inquiète) Qu'est-ce que c'est ?
LA VOIX : Tu m'as appelé ?
ROSA : Ah non... je ne t'ai pas appelé, je prie... Notre Père...
LA VOIX : (l'interrompant à nouveau) Là... tu l'as encore fait ?
ROSA : Qu'est-ce que j'ai fait ?
LA VOIX : Tu m'as appelé, tu as dit «Notre Père ». Me voici. A quoi pensais-tu ?
ROSA : À rien, je prie, c'est tout. Ça me fait du bien, alors...
LA VOIX : Continue ta prière !
etc.

Et ainsi se poursuivait un dialogue d’une belle profondeur spirituelle.
Oui, le Notre Père est bien d’abord une prière, même si cela peut devenir un sujet de conférence c’est une prière et surtout pas une arme entre les partisans de différentes traductions ! ça serait une tentation dans laquelle nous demandons au Seigneur de ne pas entrer ! Mais qui prie qui ? Je enfin nous prions Dieu... le Seigneur...