Argent, pouvoir, qu'en dit la bible ?

Invité par le Service de Formation Permanente, Mgr Pierre DEBERGE a présenté ce thème. C'est l'un des thèmes de son livre : « Un peu moindre qu’un Dieu » qui traite des problèmes de société. Ce livre est né d'une question : « La Bible s'intéresse-t-elle à ce que nous vivons ? »


Ancien recteur de l'Institut Catholique de Toulouse

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« ... Le pouvoir de l'homme est au service de l'épanouissement de la création, il passe par la capacité des hommes à évaluer ce qui est bon et très bon (Gn 1,4.10.18.21.25-3 1) afin de mettre tout en œuvre pour que triomphe la vie.

La mission de domination, confiée aux humains, implique la reconnaissance du don de Dieu : reconnaitre qu’ils ne sont pas Dieu, mais « un peu moindre qu’un dieu » (Ps 8), et que rien ne leur a été confié qui ne soit d’abord l’œuvre de Dieu. Ce pouvoir reçu de Dieu est donc un pouvoir que les hommes doivent exercer ensemble : pour respecter l’œuvre de Dieu, donc aussi l’ensemble de l’humanité, on entrevoit déjà qu’un exercice du pouvoir, conforme au dessein de Dieu, conciliera les intérêts de chacun et de tous, il éduquera au dépassement des intérêts individuels. S’arrêter, prendre du recul, est aussi nécessaire...

Pour Jésus, la seule manière possible de concevoir l’exercice du pouvoir pourrait se résumer par : « Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur. Et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,43-44). Ce service exigé, c’est donc un service sans limite, qui peut aller jusqu'au don de sa vie ! Jésus en est le modèle...

En parlant de « service », Jésus situe ici l’alternative - ou l’argent ou Dieu - au cœur de la personne humaine qui choisit soit de mettre sa confiance dans ses richesses, soit de mettre sa foi en Dieu : d’un côté, le désir de maîtriser pleinement sa vie, de l’autre, l’acte de foi et le choix de Dieu qui naissent de l’accueil de la fragilité de l’existence humaine. En reconnaissant qu’il n’est pas le propriétaire de son existence, le croyant accepte en effet de se recevoir de Dieu, Celui qu’il reconnaît être l’Amour, et des autres. En acceptant cette dépendance d’amour, il apprend à se libérer de toutes les fausses sécurités ou de toutes les ruses dont il se sert pour affronter la fragilité de la vie et l’épreuve de la rencontre des autres. Il n’aura jamais fini d’aimer, mieux, il n’aura jamais fini de se laisser enfanter par son Dieu pour naître à sa véritable identité... »