Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent : " Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. " Il leur dit : " Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? " Ils lui répondent : " Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans la gloire. " Jésus leur dit : " Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? " Ils lui disaient : " Nous le pouvons. " Il répond : «  La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. " Les dix autres avaient entendu, et ils s'indignaient contre Jacques et Jean. Jésus les appelle et leur dit : " Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude."

Commentaire

Service … gratuit !

Jésus nous dévoile ici, avec les mots « servir », « serviteur », le sens de sa vie et de sa mort. Et c'est ce qu'il propose aux siens comme chemin, en réponse à leurs désirs profonds parfois mal exprimés (…à Jacques et Jean, que leur mère voudrait voir tout près de lui !) « Servir » et « donner sa vie » … Jésus joint comme spontanément les deux expressions. Comme il le fera le soir du Jeudi Saint en testament, avec le geste du lavement des pieds et le signe du pain partagé... Vivre, réussir sa vie, c'est la donner.  Et il est très certain que le « service » est et sera coûteux. Sur ce chemin, la croix n'est pas un accident. Le mystérieux « il fallait » qu'on trouve dans les annonces de la passion, ne dit nullement que Dieu aimerait la souffrance. Mais notre monde étant ce qu'il est, celui qui veut « servir » ses frères de façon désintéressée rencontrera l'opposition, la méchanceté, le rejet. Irons-nous le demander à Gandhi, à Martin Luther King, à Mgr Romero, à Isaac Rabin… ?

Sa souffrance est com-passion…

Nous ne sommes pas invités à aimer la souffrance. Jésus lui-même, qui propose à ses amis de « boire à la coupe qu'il va boire » a supplié le père : « Père, s'il est possible que cette coupe passe loin de moi ! »  Mais nous sommes invités à nous faire réellement proches de ceux qui souffrent, en les aimant. Au long de l'histoire de l'Eglise, combien de familles religieuses sont nées explicitement de ce désir ? Et lorsque ce signe est donné en vérité, simplement, il est largement compris par les hommes. L'Evangile trouve un écho lorsqu'il est proclamé authentiquement. Souvenons-nous de cela, au jour de la béatification de Mère Térésa. « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir », dit Jésus.

Puissions-nous, puisse son Eglise, rester sur ce chemin.