Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc

Jésus s'adressait à la foule en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître.

Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : « Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil », alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère.  Jamais un bon arbre ne donne de mauvais fruits ; jamais non plus un arbre mauvais ne donne de bons fruits.

Chaque arbre se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L'homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l'homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur »


Commentaire

Dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous met en garde contre un esprit faussé qui nous ferait mal voir et les autres et nous-mêmes.

« Un aveugle peut-il garder un autre aveugle ? » Dans la foule, Jésus vise d’abord ceux qui se présentent comme les guides du peuple : scribes, prêtres et pharisiens… mais ce qu’il leur dit vaut pour chacun de nous. Qui de nous n’a pas une certaine responsabilité d’éduquer, de témoigner et parfois de juger, de décider… ? Qui de nous ne se donne pas le droit de juger les autres et d’intervenir dans leur vie ? Mais sommes-nous habilités et surtout aptes à bien le faire ? À vérifier d’abord la qualité de notre vue. Si nous voyons tout sombre c’est peut-être que nous portons des lunettes sombres ou que nous avons la cataracte, alors nous risquons de maudire même le jour et de critiquer les couleurs… Mais plus encore, nous risquons d’avoir le regard faussé parce que nous avons l’esprit faussé. Il peut y avoir une poutre dans notre œil qui ne laisse plus passer que quelques lueurs sur les côtés. Alors nous ne voyons plus l’autre dans la globalité de la vie, mais nous n’en retenons que quelques défauts que nous voudrions vite enlever afin qu’il nous ressemble. Mais si nous sommes sur un chemin de ténèbres et de mort voyons où nous risquons de l’entraîner. C’est pourquoi, nous dit Jésus, enlève d’abord la poutre qui est dans ton œil.

C’était il y a quelques années à la cathédrale de Strasbourg. On enterrait un prêtre qui pendant plus de 40 ans avait été l’aumônier des prostituées et autres paumés de la société. Un touriste demande à une des filles : « Mais qui enterre-t-on ? ». « A gueter Mensch » répondit-elle en alsacien, un « homme bon ». Tout était dit dans cet éloge funèbre ! Des hommes bons. Nous en avons peut-être rencontré dans notre vie. Nous les avons reconnus à la beauté et à la bonté qu’ils ont fait naître en nous et autour d’eux. Ils sont le reflet – à leur insu d’ailleurs – de ce Dieu qui seul est vraiment bon. Dieu a une tendresse particulière pour ceux qui reflètent sa bonté ou qui… ont désir de la refléter.

Dans trois jours, nous allons entrer en carême. Et si nous osions demander à l’AMOUR l’amour ! « Donne-nous Seigneur un cœur nouveau, mets en nous Seigneur un esprit nouveau. »