Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc

Parlant à la foule en paraboles, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un semeur qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même la terre produit l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson. »

Jésus dit encore : « A quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole allons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde ; quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes du jardin ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leurs nids à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole de Dieu, dans la mesure où ils étaient capables de la comprendre. Il ne leur parlait qu’en paraboles, mais il expliquait tout en particulier à ses disciples.

Commentaire

Réussite :

Nous allons essayer de comprendre ce que Jésus veut nous dire à travers ces deux comparaisons qu'il emploie aujourd'hui pour nous expliquer en quoi consiste le Règne de Dieu. Mais pour être très clair, je voudrais d'abord donner une définition de ce qu'il appelle le Règne (ou le Royaume) de Dieu. Cette définition se trouve dans la Préface de la fête du Christ-Roi. On nous dit que le Règne de Dieu est un « Règne de vie et de vérité, de grâce et de sainteté, un règne de justice, d'amour et de paix ». Il s'agit donc d'une réussite totale de l'humanité. Je voudrais ajouter une deuxième remarque : quand on parle du règne de Dieu, il ne faut pas confondre avec l'Eglise. L'Eglise n'est pas le Règne de Dieu, ce n'est qu'une amorce, qu'une petite partie du Règne de Dieu. Nous marchons, nous avançons vers le Royaume, nous les baptisés, mais le Royaume dépasse le cadre de l'Eglise. Il est un appel à tous les hommes de l'humanité tout entière, pour une réussite.

Quel progrès ?

Ces deux remarques étant faites, prenons la deuxième comparaison utilisée par Jésus pour nous dire le Règne de Dieu. Il est, nous dit-il, comme une toute petite graine. Le semeur la jette en terre, et voilà qu'elle va pousser, dépasser en taille toutes les plantes du jardin, devenir un grand arbre, au point que les oiseaux vont venir y faire leur nid. C'est facile à comprendre : le Règne de Dieu grandit sans cesse, au point que toute l'humanité en fera partie un jour.

Mais regardons autour de nous. Cette affirmation du Christ ne semble pas se vérifier. Chaque fois que nous ouvrons notre journal, c'est pour être informés de la violence qui règne dans ce monde, et de l'injustice et de la guerre, et de la torture utilisée comme moyen de gouvernement par plus de la moitié des nations du monde, etc. Peut-on dire qu'il y ait un début de réussite de l'humanité en ce qui concerne la paix, le respect de l'homme, la justice entre nations ? Soyons lucides !

Et si je regarde l'Eglise, qui devrait être à la pointe de ce combat pour une réussite de l'humanité, que vois-je ? Des communautés de plus en plus restreintes. Alors, la croissance du Règne de Dieu dans l'Eglise, où la trouve-t-on ?

Confiance en Dieu :

Il s'agit d'opérer un transfert de confiance : ne plus mettre sa confiance absolue en soi ou dans des hommes soi-disant « providentiels », ou en des programmes, ou en des idéologies, mais d'abord en Dieu. Il a jeté la semence (il a semé en notre terre son Fils Jésus, sa Parole). Croire en lui, c'est croire que malgré tout ce qui se passe en ce monde, que malgré tout le mal, toute la saleté qui existent, il y a un dynamisme du bien. « Tu ne vois rien, nous dit Jésus, mais ne sois pas de ceux qui veulent tout, tout de suite, des impatients. Il faut du temps. Et la mesure du temps, pour Dieu, n'est pas la même que la nôtre : « A ses yeux mille ans sont comme un jour ». Croire, c'est donc, comme nous le dit l’Epître aux Hébreux, « avoir la certitude de ce qu'on ne voit pas encore ».

Confiance active :

Mettre sa confiance en Dieu, cela ne veut pas dire qu'on peut se croiser les bras. C'est en nous que se joue le combat entre les forces du bien, les forces de réussite, et les forces du mal, les forces de destruction. Il y a une manière d'être chrétienne : elle consiste à favoriser, là où l'on vit, dans sa famille, son quartier, son école, tout ce qui va dans le sens d'une ouverture aux autres, dans le sens de la paix, de la justice, de la fraternité universelle.