Spectacle "Semer l'espoir, paroles de familles"

• Pape François


Message de Carême du Pape François

Voir aussi, à la fin de cette page,

le très beau et très complet reportage du doyenné Pau-Périphérie

sur Jean-Claude Caillaux et ATD-Quart Monde.

Groupe ATD-Quart Monde de Toulouse


Grâce à la Communauté des Sœurs de la Bonne Nouvelle et à des Compagnons, tous les mois, les familles du Quart Monde se retrouvent dans une ancienne ferme, près de Toulouse. Elles aiment ces dimanches à la campagne mais surtout les moments de partage de leurs expériences, de leurs soucis mais aussi de leurs espoirs et de leur foi.

Sœur Suzanne : Au début, on parlait de santé, mais un jour, quelqu’un a demandé : « Est-ce qu’on ne pourrait pas parler de Dieu ? »

Quentin, Sandrine mère de six enfants et Corinne - Sœur Suzanne

Comment est né le spectacle ?

Sœur Suzanne : On est parti des talents de chacun dans des ateliers : dessin, photo, lecture, théâtre… Un an et demi après, tout cela faisait un tout, alors, on en a fait une pièce en six mois. Cette pièce a été présentée lors du rassemblement Diaconia 2013 à Lourdes.

Chaque parole, chaque expression a donc été réellement exprimée par une personne qui a l’expérience de l’exclusion, de la pauvreté. Certains se sont exercés à monter sur scène, d’autres à prêter leur voix, ou ont créé les illustrations, les décors, tandis que le groupe Bartimée de Castanet s’initiait aux gospels.

Quelques paroles fortes du spectacle :

Une famille regarde le livre de sa vie

Avoir un bébé, ça renforce les liens dans la parenté… Quand ils font les premiers pas, quand ils commencent à parler, quand ils ont les dents qui poussent, ah, c’est de la joie tout cela ! Le sourire aussi et quand ils disent papa et maman…

Le monde n’est pas tendre. On a du mal à se faire comprendre, il y a aussi, des fois, quand les gens posent des questions, on ne comprend pas les mots. Je crains d’être jugé. On n’a pas l’impression d’être dans les normes… On nous regarde de haut, le regard qu’ils posent sur les gens, c’est du mépris, ils nous ont catalogués… « Tu es un voleur ! » - Non, je ne suis pas un voleur...

On m’a tout pris, jusqu’à mes enfants, même là, je n’ai pas eu la parole… Mes ainés sont dépouillés de leurs frères et sœurs, de l’amour de la famille. J’ai deux enfants placés, j’ai l’impression qu’on me les a arraché… ils avaient 4 et 5 ans !...

J’ai pleuré, j’ai tout encaissé. A cause de trop de souffrances, le bon reste enfoui en nous. Il y a des moments où c’est trop. Jésus est tombé trois fois. Quand on tombe trois fois, c’est qu’on est au bout de tout, c’est presque la fin. Tout nous devient indifférent, on ne peut plus aimer son prochain, on n’en peut plus ! On tombe quand on a un problème, on n’a pas la solution pour se relever.

Quand ma petite fille a failli mourir à l’hôpital Purpan, je pensais à Marie qui souffre pour son Fils. Quand je vois Marie à la Croix, je pense à toutes les mamans qui souffrent pour leurs enfants humiliés. Jésus a vécu tout cela parce qu’il nous aime, il nous aime tant qu’il a choisi de nous ressembler. Donne-nous à moi et à ceux qui sont comme moi, le courage de nous relever, aide-nous à repartir avec toi… Un père n’abandonne pas ses enfants, une mère non plus, Dieu, notre Père ne nous a pas abandonnés, ce n’est pas possible. Quand Jésus me console, il ne console pas seulement une femme, il console ma famille à travers moi. Dieu, c’est mon soutien, il a toujours été là pour moi parce que je sais qu’il accepte tout, il ouvre son cœur à tout…

J’étais brouillée avec ma famille et puis, il y a quatre mois, mon frère m’a appelé et j’ai revu toute ma famille, et la joie de tous, c’est plus que de la joie : c’est Dieu qui m’a pardonnée.

Le monsieur qui était à l’entretien m’a dit « Tu peux parler librement, je t’écoute », j‘ai dit « Des fois, je fais des gaffes », il m’a dit « Cela ne fait rien »

Il faut du courage pour parler, c’est le premier pas, il faut le faire.

J’avais une porte fermée qui était fermée, elle a fait « pouf ! », elle n’est plus cette porte…

Avec Dieu, avec nos enfants, nous ne baissons pas les bras, quelque chose va bouger !

(le spectacle s’est terminé par le chant, en version gospel « Cette petite lumière, je la ferai briller pour toujours, oh oui ! »)

Réaction des acteurs, Quentin, Sandrine, mère de six enfants et Corinne :

Il a fallu apprivoiser la scène… En montrant le DVD, j’ai été heureux car mon neveu avait un sourire jusqu’aux oreilles - Je n’avais pas tout compris et, c’est la confrontation avec les gens qui m’a fait comprendre l’importance de ce que l’on a fait - On m’a dit : « Merci, parce que c’est ce que je vis actuellement », donc on n’a pas fait cela que pour nous, mais pour les autres.

François, le metteur en scène : cette pièce parle de vos vies, mais est-ce que c’était important que la proximité avec Jésus y soit ?

Corinne : Dieu, c’est un tout. Ce n’est pas nous et Dieu, mais nous avec Dieu ! Donc cette pièce, c’est un cadeau qu’on lui fait.

Prière

Quand je regarde quelqu’un, Seigneur,
Donne-moi ton regard
Pour que je voie la personne,
Alors je pourrai la saluer.

Seigneur, apprends-moi à voir les richesses
Que tu as mises au cœur de l’autre
Pour que je l’aide à les mettre en valeur.

Seigneur, apprends-moi à écouter
Ce que mon frère me révèle de Toi.

 

Rencontre avec Jean-Claude Caillaux

Cinquante ans après le premier appel du P. Joseph Wresinski à rejoindre les plus pauvres, des hommes et des femmes sont là pour continuer ce bel élan donné : Jean-Claude Caillaux est venu témoigner, et, un groupe de Toulouse, avec les Sœurs de la Bonne Nouvelle, nous a offert son spectacle « Semer l’espoir, paroles de famille » ainsi qu’un bel échange.

« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

Joseph Wrézinski, Fondateur d’ATD Quart Monde

Nous avons tout à apprendre et donc tout à désapprendre. "Ce que j’ai appris, je ne l’ai appris que du père Wrésinsky et des pauvres rencontrés. Je ne suis le représentant de personne mais je suis Jean Claude : un héritier" (Jean-Claude Caillaux)

Pour le reportage du Doyenné Pau-Périphérie en cliquant sur la photo :

- Qui est Joseph Wresinski
- Le témoignage de Jean-Claude Caillaux
- En savoir plus sur ATD-Quart Monde, et la juste place à trouver pour que les Pauvres se relèvent

Il faut, il faudrait ... Je suis là entre une tension : faire et ne pas faire, agir et ne pas agir. tension entre le faire et le laisser faire. Construire la maison et laisser croître l’arbre. PS 127

« Tais-toi, écoute, apprends » me disait Joseph Wrésinski.

Comment entendre ? « Ce que tu as caché aux sages, tu l’as révélé aux plus petits. » Mat 11, 25

- le film « Joseph l’insoumis, l’Aventure cinématographique » qui est une fiction inspirée de la vie du Père Joseph Wrésinski