(N'étant pas une professionnelle de la prise de notes, je vous invite à me faire passer vos corrections et vos compléments d'information car certains témoignages en ont besoin : adresse en bas du site ou portez vos notes à Saint Joseph, précisez "pour Geneviève")

C'est avec la lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens (12, 31-13, 13) et le décret « Ad Gentes » sur l'activité missionnaire de l'Eglise, que cette très riche soirée de témoignages a commencé.

« Frères, parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur.
Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres.
J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel,
si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour,
je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante... »
.

« ... Dieu nous a aimés d'un amour gratuit ;
de même, que les fidèles soient préoccupés dans leur charité de l'homme lui-même,
en l'aimant du même mouvement dont Dieu nous a cherchés (...)
L'Eglise est par ses fils en liaison avec les hommes de quelque condition qu'ils soient ;
elle l'est surtout avec les pauvres et ceux qui souffrent et,
de tout son cœur, elle se dépense pour eux (...)
Les chrétiens doivent donc travailler, en collaboration avec tous les autres,
à organiser de manière droite les affaires économiques et sociales.
Ils doivent se dévouer avec un soin spécial à l'éducation des enfants et des jeunes
(...) pour promouvoir la dignité humaine et préparer des conditions plus humaines... »
.

Seigneur Jésus Christ, toi qui as envoyé ton Eglise pour manifester et communiquer la charité de Dieu à tous les hommes et à toutes les nations, regarde nos différentes communautés, structures et associations, engagées dans la dynamique « Diaconia 2013 - Servons la Fraternité ». Fais qu'à travers cet élan providentiel de la charité, elles vivent davantage, et dans la réciprocité, la fraternité et l'espérance, avec les personnes en situation de fragilité.

Donne-moi ton regard, ô Seigneur, apprends-moi à te voir.
Montre-toi dans le frère, ô Seigneur, donne-moi ton regard.
Un regard qui libère et qui brise les liens du malheur,
une envie d'être frères et d'aller vers un monde meilleur.
.

9 représentants de la paroisse seront présents au rassemblement de Diaconia 2013.

Blaise Pascal, qui ne pouvait communier car il était trop faible, avait dit :
« Faites entrer un pauvre de la rue. Puisque je ne peux pas communier avec la Tête,
pourrai-je communier avec un membre de son Corps »
.

L'abbé Jean-Jacques Dufau a ensuite introduit les divers mouvements et services qui œuvrent sur la paroisse et plus largement sur l'agglomération paloise. Il leur a posé deux questions :

• Quelles situations de pauvreté êtes-vous amenés à rencontrer, à partager ?

• Qui vous aide ?

Ecoutons-les.

♦ Nicole pour le Secours Catholique

et son fidèle compagnon Isyl.

Nicole, malvoyante, a été accueillie par le Secours catholique, puis elle y est devenue bénévole.

• Plutôt que le mot "pauvreté", personnes que l'on accueille dans le besoin : besoin alimentaire, solitude, rupture sociale, sans domicile fixe... etc...

Exemples d'accueil :
- Centres d'hébergement
- Cours de Français : importance de pouvoir écouter et s'exprimer
- Vacances (10 familles ensemble). Au début, les personnes sont très angoissée et remplis de peurs
: budget, comment faire la valise ?...
Au retour, « Mais, on n'est pas tout seul », des liens se sont créés, la confiance est retrouvée « Je peux faire ça ! »
Notre but, plutôt que de donner, c'est accompagner, redonner confiance.
- Visites à la maison d'arrêt : la première chose à faire, c'est écouter.

• Parmi nos partenaires : tous les bénévoles... Un petit nombre d'entre eux avaient été accueillis et sont devenus accueillants...

♦ Anne-Marie et Roseline des Equipes St Vincent

• Notre action :

- La coopérative alimentaire est surtout pour les familles que nous suivons pendant 6 mois à un an, et, pour les aider à gérer un budget, nous les accompagnons dans les courses.
- Les sorties parents-enfants : certains ne sont jamais partis, donc, par exemple, mardi nous allons les amener à Gourette pour faire de la luge ; il faudra donc leur trouver des vêtements.
- Nous voisitons les personnes âgées ou isolées.
- Au local, la pause café offre un temps pour parler, passer un moment.

• Parmi nos partenaires sociaux :
Le Conseil Général qui nous aide pour « l'atelier cuisine ». C'est un temps très convivial : c'est important car il y a beaucoup de solitude dans les personnes côtoyées. Certaines sont devenues bénévoles.

♦ Joseph pour la Conférence St Vincent de Paul

• Notre action pourrait se résumer à : prier, agir et être imaginatif comme St Vincent de Paul. Quelques exemples :

- La vieillesse demande un accompagnement : une personne n'a pas quitté son lit depuis 4 ans, d'où l'importance de la visite d'amis en plus des aides dues à sa dépendance.

- Une femme seule élève quatre enfants de quatre pères différents, il est nécessaire de la soutenir. Souvent, comme avec elle, il faut un soutien matériel, mais aussi de l'amitié : une façon d'être la providence, le Bon Samaritain qui dépanne.
- Aide administrative : les aider à se débrouiller n'est pas simple...
- Il y a aussi des actions collectives comme le « Coupfin », rue Bernadotte. A plusieurs, comme les apôtres, on est plus efficaces.
- Il y a aussi « le Point d'eau », un accueil de jour pour les SDF : on y rencontre des gens cassés, il faut donc être patient, car certains mettent des années à se reconstruire, il leur faut des repères de bénévoles. Les bénévoles sont aidés par un Psychiatre et des professionnels de la santé.
L'amitié ou tout simplement la présence aide à se reconstruire car beaucoup sont malades au niveau psychologique.
Après un chomage de longue durée, il faut les aider à retrouver un peu d'espérance et de paix.

• Ceux qui nous aident :

On espère que c'est nous tous car vous le pouvez.
Les personnes envoyées le sont par les assistantes sociales qui leurs donnent un ticket, mais parfois certains vont un peu partout...

 

♦ Marie-Thérèse pour la « Maison de la Joie »


13 rue Lespy à Pau

• Nous rencontrons des personnes de tous âges avec

- des souffrances morales liées à des blessures anciennes remontant parfois à l'enfance :
un abus sexuel, carences affectives...
- avec des difficultés relationnelles : des difficultés parents-enfants ou avec le conjoint, divorce...
- des blessures résultant de la drogue, l'alcool ou d'un avortement (besoin de confier sa culpabilité, sa solitude, ses rancœurs envers ceux qui l'ont abandonnée ou forcée)
- des souffrances physiques qui les ont amenées des guérisseurs : les aider à se libérer parfois de certaines influences occultes...
- des personnes en pleine dépression

Comment les aider ?

- En priant et en demandant au Seigneur ce pourquoi nous devons prier.
- En demandant de l'aide l'Esprit Saint pour qu'elles retrouvent confiance.
- En faisant redécouvrir la prière.
- Par des silences pour les laisser cheminer à leur rythme.
- Sans faire de forcing, c'est à ces personnes de nous dire ce qu'elles veulent nous dire.
- Par le pardon : aider la personne à vouloir du bien à l'autre, à la personne pardonnée, et à se demander pardon.

• Nos aides :

- Le groupe de prière pour les personnes anonymes
- Les cinq écoutants
- Le Père Guy Lepoutre qui est exorciste
- Les paroisses

Tout ceci nous engage dans la durée, car on ne quitte jamais une personne qui n'est pas dans la paix. On a été témoins de guérisons et de réconciliations.

♦ Cathy et Bernard pour la Pastorale du Deuil

• Cathy, malvoyante, qui est responsable de l'équipe sur Notre Dame avec 15 autres personnes raconte :

- Michel, rencontré à la paroisse, était malade. Nous lui avons proposé la communion et nous la lui avons portée en partageant les textes. Sa femme s'est jointe à nous et plus tard, il a aussi reçu le sacrement des malades. Avant sa femme ne venait pas à la messe, mais depuis son décès, elle y vient tous les dimanches.

- Ma voisine Germaine de 95 ans était malade, et elle me disait « Je n'ai pas besoin de médecine », mais j'ai appelé l'hôpital. Après cinq mois d'hôpital, son fils, qui était athée, a été très étonné lors de la communion, puis lors du sacrement des malades. Il m'a téléphoné lors de ses derniers moments, les infirmières étaient admiratives...

- Il y a eu aussi la rencontre d'un jeune qui avait perdu sa maman. Après les obsèques, le jeune couple est venu à la messe et ils continuent d'y venir. Ils ont été présentés aux paroissiens et maintenant, ils veulent se préparer pour faire leur première communion.

• C'est l'équipe qui aide à la préparation des obsèques, à la prière au cimetière et essaie d'accompagner les personnes.

♦ Bernard pour l'Estanguet

L'Estanguet est un foyer d'hébergement de six places pour hommes, où ils peuvent rester quatre nuits. Ils sont envoyés par le 115. Il y a des Roumains, des Tchèques, des Français... etc... qui y viennent. Le responsable de la nuit est là pour les accueillir, les écouter.

Ils peuvent se faire de la cuisine s'ils le veulent, car le frigo et le congélateur sont toujours approvisionnés. Après ils vont dormir ou ils restent parler :
- un homme s'est retrouvé là car sa femme l'a mis à la porte
- un autre parce que sa femme était très agressive

Il faut faire attention car certains sont malades psychiquement.

♦ Pierre pour le monde carcéral

• La prison de Pau est une maison d'arrêt pour hommes, femmes et mineurs, et il y a aussi une structure pour accueillir une maman et son bébé.

Qui y est ? Des personnes malades, dérangées, des personnes incapables de payer... Il y a beaucoup d'indigence : certains ont 0 ou 1 €. Ils sont souvent angoissés. En tant que visiteurs de prison, nous n'avons pas à savoir pourquoi ils sont là.

Les difficultés :

- "M" a 70 ans et il est malade : il est attiré par les enfants (attouchements), il est là pour 7 ans et pourtant « J'ai tout essayé pour m'en sortir ! » nous a-t-il dit.
- "MC" traîne là depuis deux ans...
- La roumaine qui y est avec son bébé a 30 € et son mari 0 €, elle peut rester en prison 18 mois et, elle a 7 enfants...

Mais il y a aussi des "richesses" qui s'y vivent :

- Une anglaise ne comprenait pas le français et elle nous a fait comprendre qu'elle avait besoin de timbres. Elle en a donc reçu et plus tard, elle nous en a donné pour que d'autres puissent en avoir.
- "S" a 45 ans et est avec quatre personnes, il leur donne des cours d'échec. Il ne pouvait recevoir ses enfants, mais il a reçu 500 € pour que sa femme et ses enfants puissent venir le voir.

• Qui aide ?

12 personnes du Secours Catholique : argent, confection de colis, correspondance... De plus les jeunes peuvent travailler (Travaux d'intérêt général)

Que faire pour eux ? Etre à leur côté, à leur écoute, les encourager, les aider à entrer et à sortir de la prison.

• Il y a aussi « La Passerelle »

avec 70 bénévoles, pour accueillir les familles de détenus, les rassurer, les consoler, comme cette personne qui n'a pas été reçue à la prison pour faire une visite.

♦ Laetitia pour l'établissement St Maur-Nicolas Barré

• Laetitia, CPE au collège, raconte :

Nicolas Barré disait « Il faut faire grandir chacun selon son génie propre » d'où des aides très personnalisées.

- "M", 10 ans, ne connaît pas son papa et voit sa maman une heure par semaine. Il vient souvent dans mon bureau avec des « J'ai mal au ventre... ». Etre là, l'écouter... Il va à la messe du vendredi à St Jacques.
- "X" a besoin de relations. Un contrat quotidien a été fait pour qu'il puisse avoir un contact privilégié avec un adulte.
- Une maman est très seule, nous l'accueillons une fois par mois... Nous sommes les seules personnes qu'elle voit.
- "Y" a touché à l'alcool, à la cocaïne. Il suit des cours de soutien et l'étude du soir car il veut s'en sortir.

Mgr Albert Rouet : « ... »

• Qui aide ?

- L'Esprit Saint
- Le chef d'établissement qui est très présent
- Toute la communauté éducative
- Et quand nous atteignons nos limites, les psychologues, les assistantes sociales...

♦ Foi et Lumière


• Le mouvement a été créé par Jean Vanier. En 1971, avec Marie-Hélène Mathieu, il organise un pèlerinage à Lourdes pour les personnes présentant un handicap mental à l'appel de parents, car avant cela, ils étaient souvent refusés. La joie et la communion profonde vécue ont fait que de petites communautés se sont créées pour des rencontres d'amitié, de prière et de fête.

Aujourd'hui plus de 1500 communautés existent dans 70 pays. Dans la région, il y en a à Auch, Biarritz, Bagnères de Bigorre, Pau.

Les communautés (25 à 40 personnes), composées d'enfants, d'adolescents ou d'adultes ayant un handicap mental (1/3), de parents (1/3) et d'amis (1/3) et de l'aumônier, se rencontrent une fois par mois (avec un carnet de route)

Importance de l'accueil de la personne car il ne s'agit pas ici d'une pauvreté matérielle mais morale car la personne handicapée ne se sent pas reconnue très souvent, et il y a aussi la souffrance de certains parents quand ils ne l'ont pas encore dépassée.

D'où l'importance de ces rencontres et de l'amitié, de la gaieté qui y règne (jeux, chants, prière) : la personne handicapée vit cela avec ce qu'elle est.

Livre : Plus jamais seul.

♦ Bénédicte pour le CCFD-Terre Solidaire

a rappelé brièvement trois points essentiels en ce temps de Carême :

- Un milliard de personnes souffrent de la faim
- Le travail de Gracita en Haïti pour aider les Haïtiens à vivre de l'agriculture
- Le problème des Roms : rejetés en Roumanie et ailleurs

♦ Dédée pour le quartier Paul Doumer


• Un quartier situé entre la caserne et le cimetière, et une association très dynamique. L'abbé Saba avait posé la question « Savez-vous qui est votre voisin ? ». L'objectif principal est donc : accueillir l'étranger.

- Une famille est arrivée du Burundi. M. Labarrère a aidé le mari à venir : elle, est infirmière mais elle a dû repasser ses diplômes, lui, est professeur mais ne trouvant pas de travail... malgré certaines promesses... il a dû repartir dans son pays. Nous soutenons sa femme et ses enfants.

- Elle est arrivée du Rwanda car son mari a été tué sous ses yeux, nous l'avons aidée à repasser ses diplômes, car les diplômes de certains pays ne sont pas reconnus en France.

- Une sage-femme et un architecte Afghans ont pu rester et retrouver du travail. Il leur fallait 1500 € pour obtenir leur visa.

- Des jeunes en échec scolaire travaillent l'été (ils reçoivent 90 €) et, une année, ils sont partis dans la vallée du Drâa pour amener une ambulance. Les jeunes, comme les adultes, ont le sens des autres : ils portent les courses des personnes âgées... etc...

- Notre rôle quotidien : regarder si les personnes âgées ou seules ouvrent leurs volets : c'est ce qui a permis un jour de découvrir qu'une personne âgée vivaient dans des conditions désastreuses, de la faire hospitaliser pour la soigner, puis de lui retrouver un logement décent.

• Qui aide ? Tout les habitants du quartier, quel que soit l'âge, les origines, la religion.

♦ Bertrand, diacre

Dans les entreprises :

- voir les jeunes demandeurs d'emploi

- aider les personnes à avoir les compétences requises

Les entreprises peuvent être attentives aux détresses requises

Avec les enfants handicapés :

- essayer de favoriser des rencontres

- accompagner les deuils

- baptiser, préparer les mariages

Avec le groupe « Amitié-Espérance »

C'est un groupe pour les personnes atteintes d'une maladie mentale ou d'une dépression... qui les renferme sur elles-mêmes, les isole. Elles ont donc besoin de rencontrer des personnes qui respectent leur faiblesse.

Exemple de cette dame qui voulait une bougie pour se sentir moins seule chez elle.

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Le diacre présente à l'autel tout ce qu'il a vécu,

ce cœur blessé présent dans les tous petits