Journée Mondiale de Prière 2016

La Journée Mondiale de Prière des femmes est un mouvement œcuménique mondial. Créé en 1887 aux Etats-Unis, son secrétariat est à New York. Actuellement, plus de 180 pays participent à cette journée de prière.
Une fois par an, nous prions AVEC et non POUR les habitants d’un pays. Cet œcuménisme est novateur. Il sollicite un esprit et un travail œcuméniques à tous les niveaux.

Le vendredi 4 mars de 19h à 20h, ce sont les femmes de Cuba qui nous ont invités à la prière, au Temple de la rue Serviez, en communion avec tous ceux qui, dans le monde, vivaient ce même temps de prière (Plus de 300 lieux, rien que pour la France).

Leur thème invitait à l’amour en action,
selon la parole de Jésus adressée à ses disciples :

« Qui reçoit les enfants, me reçoit »

La prière a donc été conçue et organisée par les femmes de Cuba,
pour toutes les communautés : hommes et femmes !

Écoutons-les, à travers ces quelques portraits de femmes,
des femmes exemplaires, pleines de courage, de foi et d'espérance,
mais aussi à travers la force de leur foi et de leurs prières.

Une femme âgée porte la Bible : « Mon nom est Juana. J'apporte la Parole de Dieu. Comme beaucoup de chrétiennes de ma génération, nous avons gardé la foi malgré les discriminations dont nous avons été victimes en raison de notre foi en Dieu et nos assemblées de prières. Nous avons transmis la Parole de Dieu à nos petits-enfants. Grâce à nous, ils ont appris que Dieu les aime et ils ont commencé à croire en lui. Nous avons gardé nos églises ouvertes même si peu de personnes venaient au culte. Nous étions les pierres vivantes offrant des raisons d'espérer - voilà pourquoi nous sommes des femmes qui avons l'expérience de la résistance et de la douleur, mais aussi de la joie, parce que nous voyons comment la vérité fleurit et la Parole de Dieu est reçue avec joie par notre peuple. Dieu soit loué ! »

Une femme adulte porte un plat de fruits de la terre : « Je m'appelle Yamilka. Je suis une femme qui a de multiples responsabilités : au travail, à l'église et dans ma famille. J'apporte les fruits de la terre car les femmes de ma génération ont la responsabilité de préparer de manière créative les repas quotidiens de nos enfants. Un des plats traditionnels de la cuisine cubaine est l'ajiaco, un genre de soupe à base de différents légumes et fruits que nous cultivons : le yucca, les patates douces, le potiron, la racine de Malanga, la banane plantain et le maïs. Ce mélange a beaucoup de goût car chaque fruit dégage sa propre saveur, et ensemble, ils produisent une nouvelle saveur. C'est le reflet de notre vie. Nous sommes différentes les unes des autres : des docteures, des architectes, des enseignantes, des ingénieures, des musiciennes, des pasteures, des coiffeuses, des femmes d'affaire et ainsi de suite. Mais nous sommes unies par la créativité avec laquelle nous nourrissons et prenons soin de nos familles dans notre lutte pour la survie. Nous sommes aussi unies par la contribution que nous apportons à la société, grâce à notre sagesse et à nos dons. Nous donnons de la saveur à notre vie quotidienne. Dieu soit loué ! »

Une jeune femme porte une bougie : « Je m'appelle Liudmila. Depuis toute petite, j'ai écouté les histoires de la Bible que ma grand-maman Juana me racontait. J'allais à l'église avec elle, je participais aux différentes activités, ainsi qu'à l'école biblique pour les enfants, qui avait lieu chaque été. Elle est mon exemple au sein de mon groupe de jeunes. Je représente ces jeunes femmes de ma génération qui désirent apporter cette lumière dans ce sombre contexte de notre vie. Nous avons la possibilité d'étudier gratuitement, d'avoir accès à une éducation universitaire, si bien que nous pouvons soutenir financièrement nos familles et nos communautés. Mais, malgré mon niveau d'étude, je ne gagne pas assez pour pourvoir à tous mes besoins ainsi qu'à ceux de ma famille. Nous avons subi les effets d'une crise économique pendant des années et nos salaires sont insuffisants. L'émigration réduit la présence de ma génération ; beaucoup de mes amis vivent à l'étranger. Chaque départ augmente mon sentiment de solitude et de frustration. Cependant, j'ai confiance : la lumière de ma génération pourra indiquer le chemin à beaucoup de jeunes, aussi bien aux hommes qu'aux femmes, lumière pleine de promesses pour l'avenir de notre pays, même si nous ne pouvons pas la voir maintenant. Nos enfants ont le droit de profiter de ce merveilleux pays que Dieu nous a donné. Dieu soit loué ! »

Des jeunes filles :

« Je m'appelle Olivia. Je viens de la région est du pays et j'apporte la joie et le rythme. J'aime aller à l'église chaque dimanche et j'aime parler de Dieu à mes amis. Je vis avec ma mère. Mon père est docteur et travaille au Venezuela. Je suis fière de lui, mais mon papa me manque. Même si ma mère ne vient pas à l'église avec moi, je lui raconte ce que j'ai appris. » (Elle joue des maracas)

« Je m'appelle Ana Paula. Je viens de la région centre et j'apporte de l'amour, représenté par ce morceau de canne à sucre. A Cuba, tous les garçons et les filles jouent ensemble avec leurs amis, à l'école et dans le voisinage. Nous allons à l'école et nous nous sentons aimés, même si parfois les adultes ne nous écoutent pas. Aucun de nous n'est obligé de travailler pour vivre. »

Tous les objets ont été posés sur l'autel.

« Je m'appelle Maria Carla. Je viens de la région ouest et j'aime aller à l'église, où je me sens heureuse et chante avec les autres enfants.
Maintenant, je vous invite à vous saluer les uns les autres à la mode cubaine : une bise sur la joue avec une étreinte ou une poignée de main en disant "Buenas noches !" (après 19h) »


JMP Cuba 1- Jeunes et vieux par Chr-Sa-64

Des prières de pardon, ou de confiance et d'amour, d'action de grâce,
des passages de la Bible ont suivi, ainsi que des chants.

« ... Dieu de notre vie, Tu te réjouis de la vie comme un enfant et Tu la combles de bonté. Tu sais transformer chaque jour en un miracle et chaque instant en une raison de célébration.

Dieu de la vie, Tu as été présent dans toutes les générations. Nous sommes les enfnats qui te reçoivent et nous te demandons d'habiter cette célébration, comme Tu as habité l'humanité par la naissance d'un petit enfant qui nous a enseigné le miracle de l'amour. Au nom de cet enfant, Jésus, nous te prions. »

« Tout comme la fleur Mariposa (fleur papillon) qui pousse le long des ruisseaux et qui a besoin d'eau fraîche pour révéler sa beauté, nous aussi, nous avons besoin de l'amour et de la sagesse de Dieu qui coulent comme un ruisseau. Prenons le temps de confesser que nous n'avons pas accepté cette invitation à recevoir cet amour de Dieu. »

Suit une confession ou une demande de pardon pour le manque de respect des droits des enfants... pour ne pas toujours refléter leur joie... « quand nous ne créons pas un authentique espace de dialogue entre les générations... pour ne pas avoir élevé suffisamment nos voix pour dénoncer l'injustice, par exemple le blocus économique qui a nui au peuple cubain pendant plus de 50 ans, mettant en danger la santé et la croissance de nos enfants... quand nous ne reconnaissons pas la violence quotidienne envers les femmes, les enfants et les personnes âgées... quand nous construisons des murs qui ne nous permettent pas d'être une communauté et de nous donner des raisons de croire et d'espérer. »


JMP Cuba 2-Pardon et louange par Chr-Sa-64

« Puisque nous croyons que nous sommes vraiment membres de ta création bien aimée, avec une place dans ton cœur, nous nous engageons à :
- parler avec douceur et être une  communauté qui pardonne,
- accepter chaque être humain comme unique et digne à tes yeux,
- garder l'espoir en un avenir de justice et de paix,
- recevoir les enfants pour qu'ils puissent rêver, rire, danser et aimer sans discrimination.
Nous nous engageons au nom de celui qui nous a appris la prière du Seigneur :
Notre Père... »


JMP Cuba 3-A l'horizon le jour s'éloigne par Chr-Sa-64

Et c'est dans la joie et la convivialité que s'est terminée ce temps de prière.


JMPCuba 4-Joie d'être ensemble par Chr-Sa-64

La joie des Cubains