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♦ 1ère Conférence de l'Avent :

« L'appel à la Sainteté

dans le monde actuel »

Méditation sur l'Exhortation du Pape François
« Soyez dans la joie et l’allégresse » Gaudete et exsultate
par les pères Pierre Haramburu et Amédée

(méditation complète et vidéos en préparation)

Extraits :
C’est un appel qui existe dès le début de la Bible ; voici comment le Seigneur le proposait à Abraham : « Marche en ma présence et sois parfait » (Gn 17, 1) L’humble objectif du pape François est de faire résonner, une fois de plus, aujourd’hui cet appel.

  • Premier chapitre : l’appel à la sainteté.

Cet appel n’est pas réservé à ceux qui sont déjà dans le ciel, c’est nous tous qui sommes appelés à devenir des saints. Le Pape aime voir la sainteté chez les papas et mamans qui doivent élever avec amour leurs enfants, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire, chez chacun et chacune d’entre nous au cœur même de nos activités du quotidien...

Nous connaissons bien les saints et les saintes de Dieu que nous donne l’Eglise, mais il y a quantité d’hommes, de femmes, de jeunes qui vivent saintement chaque jour et le Pape François nous dit : « La sainteté, c’est le plus beau visage de l’Eglise ». Cet appel à la sainteté il s’adresse à toi aussi, car le Pape tutoie dans le document, et il cite le Lévitique : « Vous êtes devenus saints car je suis saint » (Lv 11, 44) et le Concile Vatican II l’a souligné avec force…

Alors comment devenir des saints au quotidien ?

Le Pape nous dit, c’est très simple, c’est en faisant notre devoir d’état, là où nous sommes, chaque jour...
c’est dans mon devoir d’état, dans mon travail, dans ma famille, dans mes responsabilités, qu’en grandissant et en faisant partager mes talents, et en mettant beaucoup d’amour dans tout ce que je fais, que peu à peu je vais grandir dans la sainteté...

Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos activités quotidiennes. Le Pape nous dit : « Laisse la grâce de ton baptême grandir en toi… choisis Dieu sans relâche, ne te décourage pas, parce que tu as la force de l’Esprit Saint en toi »...
Il nous donne l’exemple de la Vierge Marie, qui dans sa vie toute humble, toute discrète, est devenue la Mère de Dieu et Mère de l’Eglise. Il cite aussi le cardinal chinois François-Xavier Nguyên Van Thuân qui écrivait en prison : « Je saisis les occasions qui se présentent chaque jour, pour accomplir les actes ordinaires de façon extraordinaire »...
Le pape nous invite à la prière, à avoir ce lien fort avec Jésus par la prière, ce cœur à cœur avec lui et à avoir un équilibre entre prière et action. Si notre action est nourrie par la prière, alors Jésus passe à travers nous...

Et dans ce premier chapitre, le Pape termine par ces deux phrases : « N’aie pas peur de la sainteté, elle ne t’enlèvera pas les forces, ni la vie, ni la joie. N’aie pas peur de viser plus haut, de te laisser aimer et libérer par Dieu. »

  • Deuxième chapitre : Deux ennemis subtils de la sainteté.

Dans ce chapitre, tout en parlant de la sainteté, le pape aborde la question des hérésies qui la contaminent : le gnosticisme et le pélagianisme.

Le Pape : « Voyons ces deux formes de sécurité, doctrinale ou disciplinaire, qui donnent lieu à un élitisme narcissique et autoritaire, où, au lieu d’évangéliser, on analyse et classifie les autres, et, au lieu de faciliter l’accès à la grâce, les énergies s’usent dans le contrôle. Dans ces deux cas, ni Jésus Christ ni les autres n’intéressent vraiment »

Le gnosticisme.

C’est d’abord un mouvement religieux qui s’est développé au 2ème et au 3ème siècle après Jésus Christ, constituant un immense défi pour la foi catholique et même la foi chrétienne de façon générale. C’est une hérésie qui propose à des initiés une voie vers le salut par la connaissance de certaines vérités sur Dieu, sur la création et sur le monde, disons que c’est une doctrine où une certaine connaissance apporte à l’homme le salut, autrement dit cette doctrine offre le salut sur la base d’une connaissance subjective enfermant l’homme dans les limites de la raison. Dans ce contexte, il suffit d’être un peu théologien, intelligent et puis on devient saint...
Le Pape rappelle ici que ce qui peut me conduire à la sainteté, ce n’est pas d’abord par la connaissance, mais l’amour et la charité, ce qui est le fondement d’une vie de Sainteté.

Le pélagianisme.

Il est issu du gnosticisme parce que, avec le cours de l’histoire, les hommes se sont rendus compte que ce n’est pas la connaissance qui conduit au salut, la connaissance ne peut pas aider l’homme à s’épanouir. Donc ils vont déplacer la question… et baser le chemin de la sainteté sur la force de la volonté humaine… Ça, c’est un autre danger. Fondé par un moine breton Pélage, vers 411, Saint Augustin va combattre toute sa vie cette hérésie...
Axés sur le principe de la volonté du Créateur et sur la dignité privilégiée de la nature humaine, Pélage refusait de reconnaitre les déficiences de cette nature humaine : la faiblesse, le péché, la nécessité de recourir à un secours surnaturel… En revanche, il considérait l’appel à la grâce comme un moyen impropre à stimuler le ciel : ce recours à la grâce, c’est l’excuse des hommes lâches et vicieux...

Pour le Pape, c’est la grâce divine, l’Esprit de Dieu, qui doit soutenir la volonté humaine... Il est évident que la nature humaine laissée à elle-même ne peut rien, elle est marquée par des fragilités, et la grâce ne peut faire de nous des surhommes. Il faut accepter et accueillir humblement cette réalité, ce qui implique le recours constant à la miséricorde divine. Il est intéressant dans cette vision de voir que la grâce ne peut faire de nous des surhommes, parce que parfois, on a l’impression, qu’avec la grâce de Dieu, le chemin du bonheur est automatiquement ouvert pour nous… mais cette grâce n’est pas de la magie qui va faire que, du jour au lendemain, ta vie va se transformer d’un coup., mais cette grâce vient nous mettre sur le chemin de la sainteté, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de difficultés, ni que c’est la fin de ta fragilité ou de tes péchés ; et même, le chemin de la sainteté exige de te reconnaitre pécheur

(Texte méditation chapitres 1 et 2)

(vidéo 1 et 2)

(suite bientôt)