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Et aussi un temps pour la JOIE

Une page pour retrouver quelques extraits des belles méditations proposées par « Avent dans la Ville »

♦ Samedi 1er Décembre :

« Comment vivre de la Joie ? »

« Que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jn 15, 11)

Il y a bien des occasions légitimes de pleurer et de se lamenter : le monde va mal, les hommes sont fous et méchants, la planète est malade, l’avenir est sombre, notre vie est pleine de ratages, de déceptions, pauvre en amour, mais riche en trahison, souffrances, défaillances de santé.
Mais le temps de l’avent nous invite à une conversion. Une conversion en trois temps pour accueillir la joie que Dieu veut nous offrir à la crèche.

- D’abord, faire mémoire.
Célébrer les moments où le souffle chaud et enivrant de la joie nous a enveloppés, nous a soulevés dans un bonheur inoubliable. C’est souvent dans notre enfance qu’il faut chercher ces moments de pur bonheur, de joie émerveillée.

- Ensuite, ouvrir nos yeux et nos oreilles pour voir ce que la grisaille veut nous cacher :
les gens sont plus beaux qu’on ne croit. Le monde recèle des merveilles. Dans la routine d’une journée banale, une mélodie du bonheur joue peut-être en sourdine. Enfin, partir à l’exploration de notre cœur. Dieu y a enfoui un trésor. La joie ne demande qu’à sourdre en nous. Au plus profond de notre être, il y a la joie de se savoir connu par Dieu, aimé de lui, capable à notre tour d’aimer, de danser, de jouer, de rire, d’avoir un regard bienveillant sur les autres.

- La joie est un choix.
L’avent est le moment privilégié pour développer en nous toutes les potentialités de la joie que contient un cœur vaste. Avec l’avent est venu le temps de l’insurrection de la joie. C’est par la joie qu’on peut commencer à changer le monde. C’est par la joie de l’avent qu’on peut commencer notre métamorphose de sainteté.

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♦ Vendredi 7 Décembre :

« L'Amour est Don de Dieu »

« Dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri » (Mt 8, 8)

L’humoriste Jean-Marie Bigard que nous interrogeons sur la joie de Dieu, la joie qui vient du ciel à Noël, a tenu à parler d’abord de l’amour de Dieu. Il se réfère à la lecture que nous entendions mardi dans la messe, au début de l’avent. Il est saisissant de sentir combien la Parole de Dieu, toujours nouvelle, touche les hommes les plus divers avec force aujourd’hui encore.

Le mystère de Dieu est bien là : l’amour reçu et partagé. C’est ce que Dieu fait à Noël : il nous envoie l’amour incarné en son Fils pour que nous « diffusions à profusion cet amour ». Comme Jean-Marie, prions « derrière le rideau » ou dans notre chambre pour que la révolution de l’amour triomphe en ces jours de grâces.

 Une semaine de témoignages de jeunes

qui sont passés des épreuves à la Joie.

♦ Samedi 8 Décembre : 

« Tout est grâce »

« Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8, 28)

David de Paris (Etudiant, converti de l'islam au christianisme) : J’ai appris, dès mon enfance, à remercier Dieu en toutes circonstances, même dans les moments difficiles, quand on se sent seul, abandonné et que l’on se demande : est-il vraiment là ? Si nous nous posons cette question, c’est que nous nous sommes égarés.

Converti de l’islam au catholicisme, j’ai été rejeté par ma famille, obligé de quitter mon pays natal. Je suis arrivé en France comme un pauvre réfugié malheureux. Le prix à payer a été lourd. J’ai tout perdu. Mais j’ai tout gagné dans le Christ : depuis 5 ans, la vie dans ce pays m’a apporté plein de belles choses, la joie, la réussite dans mes études et l’amitié avec des gens en or, une amitié qui double les joies et réduit de moitié les peines. Le Christ agit dans nos faiblesses en faisant de nous des merveilles, car une grâce cachée dans l’épreuve est comme une perle cachée dans son coquillage : il suffit de croire, d’oser l’ouvrir, de patienter, d’accepter ses faiblesses et de recevoir. Sur ce chemin, on croise d’autres éprouvés, comme cette famille de réfugiés irakiens que j’ai connue à Lyon, si heureuse maintenant, qu’elle prie même pour ses persécuteurs et rend grâce à Dieu pour toutes choses.

D’où vient cette joie qui brille dans leurs yeux ?
L’amour est le secret de cette joie intérieure et Jésus en est la source. Abandonner cet amour, c’est se séparer du Christ en plein combat, c’est se trouver seul sur le champ de bataille. Accrochez-vous toujours à son amour, vous y puiserez la joie qu’aucune peine ne pourra vaincre. Et comme le dit Saint Paul : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur, je le répète, réjouissez-vous. »*

* Livre de saint Paul aux Philippiens (4, 4)

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♦ Dimanche 9 Décembre :

« De la désespérance à la joie »

« Chaque fois que je prie pour vous, c’est avec joie que je le fais,
dans la communion » (Philippiens 1, 4)

Cédric de Lille (animateur en pastorale) : Lors d’une retraite pour adolescents un prêtre nous bénit ainsi : « Je vous condamne à la joie du Seigneur à perpétuité ! » Quelle claque je me suis prise ! En effet, j’ai vécu un début de vie pas simple, mes parents se déchirent, ma mère m’abandonne à 6 mois, la violence jusqu’à mes 8 ans, la dépression, la désespérance durant mon adolescence… La joie, j’ai mis du temps à la trouver !

C’est à 20 ans que je ferai ma première expérience d’une joie profonde avec le Seigneur. Quelle joie de se savoir aimé et de voir une Église qui s’aime ! Pour vous dire à quel point j’étais bloqué, au début de mon chemin de conversion, je ne supportais pas la prière de louange.

Et pourtant, un des premiers fruits de la prière de louange, c’est la joie. Dieu a beaucoup d’humour, car rapidement j’ai rencontré des jeunes chrétiens qui lançaient un groupe de prière de louange : je me suis retrouvé responsable de ce groupe pendant 4 ans ! Moi, le « p’tit » jeune sans grande talent, timide et pas très gai. Comme le dit Saint Paul dans la 2  lecture, « chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais ». Je sais que Dieu libère, guérit, console et transforme mon cœur petit à petit pour me faire rentrer dans une vraie joie profonde ! Aujourd’hui, j’anime des messes, des veillées de louange et je témoigne auprès des jeunes de ma joie de vivre avec Jésus. Je crois que la joie est aussi un choix de notre part à renouveler chaque matin. Et qu’elle est possible même dans l’épreuve et la souffrance ! Comme une ancre au fond de nos cœurs. Quand je regarde ma femme qui a subi un cancer à l’âge de 12 ans et qui a toujours cette pêche et cette joie de vivre, ça booste ma vie ! Je remercie Dieu pour la moindre chose qu’il me donne plutôt que de me plaindre ! Avec Jésus, j’exulte de joie sous l’action de l’Esprit saint comme dans l’évangile de Luc 10, 21.

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♦ Lundi 10 Décembre : 

« Feu d'artifice »

« Sauve-moi Seigneur par ton amour » (Psaume 6, 8)

Laurène de Paris (Etudiante rescapée des attentats du 13 novembre 2015) : Un soir comme un autre à Paris, en novembre 2015. Je dîne avec une amie dans un restaurant en bas de chez moi. De violents coups de pétard éclatent à côté de nous. Mon corps sent instinctivement qu’il est en danger de mort. Je me jette à terre. Je suis prostrée, mais mon esprit comprend qu’on nous tire dessus et qu’aucune issue n’est possible… Mon âme implore le Seigneur : « Sauve-moi, Dieu de miséricorde ! » 130 innocents seront tués ce soir-là.

Notre joie de chrétien ne peut pas se draper d’artifices ou de naïveté : nous savons que la vie offre à chacun son lot d’épreuves et d’humiliations. Mais l’ange n’est-il pas apparu aux bergers au cœur de l’obscurité ? Je crois que c’est dans nos nuits que nous pouvons hurler vers le Christ et savoir pleinement qu’il est notre unique secours. Par son Incarnation et sa Passion, le Seigneur nous rejoint dans toute notre misère. Et il en a triomphé. Elle est là, la source de ma joie et de mon espérance. L’Amour ne passera pas. La vraie joie n’est pas un feu de paille sensible et autocentré, mais un moteur ardent pour me tourner vers l’autre.

Nous sommes tous invités à regarder et à aimer passionnément cette société complexe, injuste et violente ! Quelle joie de savoir que je peux chaque jour bâtir la paix à mon niveau : un regard dans le métro, une critique gardée pour soi au boulot, un temps d’écoute avec un ami, un engagement dans une association de quartier… La mort, la douleur, la violence, la bêtise, la folie n’auront pas le dernier mot ! À nous d’annoncer et de répandre le feu de la joie, sincère et juste, de servir ses frères !

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♦ Mardi 11 Décembre :

« Des rencontres, une rencontre »

« Qui vous accueille m’accueille » (Matthieu 11, 40)

Adrien (étudiant et chef scout) : Le Seigneur Jésus me rend visite chaque jour. Plusieurs fois par jour et même des dizaines de fois par jour. Ce n’est pas une rencontre abstraite, intellectuelle ou seulement spirituelle ; non, il me parle, il me regarde. Il me touche. Car, en fait, c’est le Christ qui vient à moi au travers de chaque personne que je rencontre dans ma journée.

C’est merveilleux : le Christ me propose de le rencontrer dans chaque interaction, quel qu’en soit le contexte. Ce mendiant, dès le matin dans le métro, c’est le Christ qui vient me saluer et me demander si j’aurai le cœur généreux aujourd’hui. Ce collègue, que je vois chaque matin en réunion, c’est à nouveau lui – difficile pourtant de voir le prêcheur des foules de Galilée dans ce triste orateur.

C’est normal : la rencontre est d’autant plus exigeante qu’elle est régulière. Si ma volonté est éprouvée, c’est peut-être que le Christ veut me montrer une partie de lui-même que je n’ai pas su voir. Ou c’est peut-être que Jésus me joue un tour.
Mon quotidien est bien ordinaire. Métro, boulot, (apéro), dodo. Pourtant, j’y trouve une source de joie extraordinaire : déceler la présence du Christ en chacune des personnes que je croise. Cette joie entraîne d’autres joies. Si je tâche de voir le Christ dans cette personne, je vais apprendre à l’aimer. Si je grandis dans ma capacité à aimer, je trouverai la paix profonde qui est source de la vraie joie. Je serai alors capable, comme les bergers, de reconnaître et d’aimer l’enfant-Dieu qui vient dans la crèche.

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♦ Mercredi 12 Décembre :

« L’amour est joie de Dieu »

« La joie du Seigneur est notre rempart » (Néhémie 8, 10)

Amicie et Côme (Jeune couple marié cet été) : La joie annoncée par les anges, c’est celle de la venue d’un Sauveur. Dieu ne nous a pas oubliés ! Il vient nous tirer du pétrin ou de l’engourdissement. Ce salut s’est révélé il y a deux mille ans, mais aujourd’hui encore, le Sauveur agit parmi nous. Il naît à chaque instant de notre vie.
Pour nous deux, 2018 a été l’année de notre mariage en Bourgogne. Ce premier avent de notre couple nous offre l’occasion de méditer sur la forme que revêt cette annonce du salut dans notre vie quotidienne.
La joie naît d’abord du bonheur d’être ensemble, chaque jour l’un pour l’autre. C’est aussi de savoir que nous faisons la volonté du Père. C’est surtout la grâce que nous recevons de Dieu en étant à la place qu’Il a voulue pour nous. Quand on engage sa vie sur le chemin où Dieu nous appelle, une joie sereine s’empare de nous : nous savons que nous nous sommes embarqués pour une aventure qui nous dépasse et nous transcende.
Dans le mariage, Dieu vient à notre rencontre à travers notre conjoint.

Les époux sont l’un pour l’autre le signe visible de l’Amour de Dieu pour nous tous. C’est cet Amour que Dieu nous a manifesté en venant à notre rencontre dans notre humanité. Notre conjoint devient donc le relais de l’Amour de Dieu dans notre vie. Cette révélation nous invite à exercer notre regard pour voir en l’autre les étincelles de Dieu avant de récapituler ses défauts, ses manquements, ses erreurs. Cette certitude que l’autre est l’intermédiaire de Dieu nous illumine de joie. Cette certitude que l’autre est l’envoyé de Dieu nous pousse à pardonner ses travers. Dieu est là, dans la chair de l’autre, plus précisément dans ce qui nous lie l’un l’autre, dans l’amour. C’est parce que Dieu est source de notre amour que nous pouvons grandir tous les deux sur le chemin que nous avons choisi d’emprunter ensemble, où le Seigneur nous guide et nous attend. Nous sommes comme Joseph et Marie (toute proportion gardée !). Nous croyons que Dieu nous a guidés l’un vers l’autre pour être ensemble signe de son Amour. L’enfant de la crèche nous sourit déjà, parce qu’il aime notre amour.

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Après ces témoignages, retrouvons

quelques méditations des frères dominicains

 ♦ Jeudi 13 Décembre :

« Invités à la joie ? »

« Laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie » (Philippiens 4, 4)

Frère Bernard-Dominique (Dominicain depuis 1954) : Invités à la joie ? Pour répondre à cette invitation, il faut être fou ou amoureux !
Aux yeux des gens réalistes, on passe un peu pour des illuminés lorsqu’on parle de joie… Il y a tellement de raisons de ne pas se réjouir : insécurité, injustice, chômage, maladie sont des réalités quotidiennes. Nos vies personnelles sont tout sauf de longs fleuves tranquilles ! Quant aux joies qui existent, certaines sont factices et destructrices. Il y a des joies qui se vendent : pensez à la débauche de propositions commerciales à l’occasion de Noël. Mais, Dieu merci, certaines sont réelles et vraies.
La joie véritable ne se vend pas. Elle peut naître alors même que nous vivons l’absence : c’est le cas lorsque quelqu’un que l’on aime nous annonce sa visite. Les jours qui précèdent sont colorés d’une attente joyeuse et lorsque, sur le quai de gare ou dans le hall d’aéroport, je devine au loin sa silhouette, mon cœur se met à battre plus vite. Tel est le climat de l’avent que nous sommes invités à vivre ! « Le Seigneur va venir, Le Seigneur vient ! ».

Le personnage de Jean-Baptiste, qui marque ce temps liturgique, m’émeut, lui qui dit : « Moi je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui […] j’entends sa voix […] Telle est ma joie : elle est parfaite. »* La joie est plus profonde que la gaîté. La joie naît dans le cœur de celui qui aime et qui se donne. C’est elle qu’évoque Jésus, au soir du jeudi saint, alors même qu’il sait que ses disciples vont l’abandonner ; mais le moment est venu de leur montrer à quel point il les aime en même temps que Dieu son Père. Ce qu’il va faire est fou aux yeux des hommes : de la mort, qui est la situation de séparation maximum, il va faire le moment de communion maximum, puisque c’est par amour pour son Père et par amour pour nous qu’il donne sa vie !
Nous sommes parfois dans la tristesse ; mais dans chaque eucharistie, Jésus nous fait communier à sa joie, comme il l’a dit à ses apôtres : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. »**

* Jn ch 3, v 28
** Jn ch 15, v11

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♦ Vendredi 14 Décembre :

« La joie de Dieu à Noël »

« Pousse des crie de joie, peuple du Seigneur !
Voici que ton roi vient vers toi dans l'humilité » (Zacharie 9, 9)

« La joie de Noël, c’est Dieu qui descend dans le cœur des hommes. En présence de ce bébé dans la crèche, on se sentait rempli de joie… ».

C’est ainsi que l’humoriste Jean-Marie Bigard nous parle cette semaine de la joie qui est un don de Dieu. Il nous explique comment la joie est l’antidote contre le péché : « Cette joie dissout le mal ».
Dans ce deuxième entretien, après son bouleversant témoignage sur l’amour de Dieu vendredi dernier, il nous propose d’être des artisans de joie pour contribuer au Salut du monde.

« Le rire est un don de Dieu »

Dans cette 3e vidéo, le fameux humoriste nous parle de la prière : « les prières servent la gloire de Dieu, la paix et l’amour entre les hommes » et du rire qui est un don de Dieu, du rire missionnaire.

 ♦ Lundi 24 Décembre :

« La joie d'un peuple »

« Grâce à la tendresse à l’amour de notre Dieu » (Évangile selon saint Luc 1, 78)

Soeur Dominique (Monastère de la Clarté Notre-Dame) :
C’est qu’elle grandit, cette petite joie, quand nous en prenons soin, elle n’est pas là pour rester petite. Annoncée à la voisine, au marché, la voici qui court, elle a soif d’horizon rempli d’hommes et de femmes assoiffés d’une source pure et joyeuse, car nous sommes faits pour un bonheur qui désaltère, nous sommes faits pour la nouveauté que porte toute joie quand elle est une vraie joie, elle nous rajeunit !
« Venez, crions de joie pour le Seigneur  ! » (Psaume 94)
La joie, même si elle s’exprime selon la langue, la culture de chacun, reste universelle, destinée à tous, à tous les hommes de la terre. Nous la reconnaissons sur le visage d’un Français, d’un Inuk, d’un Wolof, offerte à tous !
Lorsque Zacharie parle après avoir été muet neuf mois, c’est pour dire la joie. Il bénit le Seigneur. Il fait connaître au monde la source de cette joie universelle : non pas la puissance d’une armée au chef invincible, non pas une abondance offerte à portée de main distribuée par un père Noël riche et ventripotent.

La source de toute joie est un enfant qui naîtra demain, fruit de l’infinie tendresse miséricordieuse de Dieu, celle qui doit se crier sur le toit du monde, car elle va naître dans la maison commune qu’est notre planète, comme le dit le pape François. La tendresse du Père miséricordieux prend demain le visage d’un enfant, la joie de Dieu va visiter son peuple cette nuit, la petite joie dont tu as pris soin va devenir une grande joie !

(Texte en PDF)