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Que de temps forts pendant cette semaine, avec :

- la veillée de prière en l'église Saint Pierre, vendredi 19 janvier
- la célébration œcuménique au temple de la rue Serviez, dimanche 21 janvier
- le spectacle « Marie de Nazareth » d'Alain Combes au temple de la rue Serviez, dimanche 21 janvier (Une voix et un violoncelle... texte poétique et théâtral très profond et une présentation sobre mais très belle avec de vrais artistes !)


C'est chaque année un plaisir de se retrouver ensemble, en l'église Saint Pierre, pour prier et louer celui qui nous rassemble, le Seigneur. C'est l'abbé Plazanet, nouveau curé de Saint Pierre, et Eric Van Der Does, le pasteur de l’Église Évangélique Libre, qui nous ont accueillis. Merci beaucoup à ceux qui ont préparé ce temps fort et à l'équipe d'animation.

Cette année, ce sont les chrétiens des Caraïbes qui ont préparé cette veillée sur le thème (Ex 15,1-21):

« Le Seigneur est ma force et ma louange,

il est mon libérateur »

Pour en savoir plus, cliquer sur la photo


Une célébration très fraternelle qui a réuni des chrétiens de plusieurs confessions.
Une parole à « deux voix » avec Helena Vicario, nouvelle pasteure de l'Eglise Réformée
et l'abbé Jean-Jacques Dufau pour l'homélie.

Quand on arrive au temple, tout d'abord, on est accueilli par le sourire d'Inès.

Retrouvons quelques extraits de cette célébration.

Petite histoire juive :
Un rabbin à ses élèves : « A quoi peut-on reconnaître le moment où la nuit s'achève et le jour commence ? ». Ce moment est important parce que, dans la religion juive, c'est à ce moment-là, exactement, qu'il faut faire la prière du matin. Alors les élèves ont commencé à poser des questions : « Est-ce que c'est quand on peut distinguer un chien d'un loup ? », le rabbin dit : « Non, c'est pas ça ». Un autre élève essaie : « Est-ce que c'est quand on peut distinguer un dattier d'un figuier », le rabbin dit : « Non, c'est pas ça ». Alors ils se demandent tous : c'est quand ? Et le rabbin dit : « C'est lorsque en regardant le visage de n'importe quel être humain, tu reconnais ton frère ou ta sœur. Jusque là, il fait encore nuit dans ton cœur (nos vies) ».

En ce premier jour de la semaine pour nous chrétiens nous sommes invités à goûter à cette vie nouvelle que nous offre le Christ. Vie nouvelle, vie intense, vie ouverte, vie donnée. Vie où l’on abandonne comme un vieux manteau le souci de soi. Dieu veille, Dieu prend soin, Dieu renouvelle nos forces et nous donne à nous tous ici réunis sa Paix, le Shalom, cette Paix qui est plus que l’absence de conflit, cette Paix qui est confiance, joie et solidarité.
La Paix du Seigneur, le Shalom de Dieu, est avec nous tous.

Nous te louons Seigneur pour la beauté et la diversité de Ta création. Pour les nations, les cultures, les langues, pour tous les êtres vivants qui chantent ta Gloire. Pour la beauté de la montagne, de la mer, de la terre. Pour la faune et la flore. Pour la diversité des formes, des teintes, des couleurs. Nous te louons Seigneur pour la diversité de nos vies, de nos parcours, de nos pensées. Nous te louons Seigneur car c’est Toi Seigneur qui nous réunis.

Seigneur Jésus nous ne savons pas être riches. Nous savons être riches en argent, nous voulons être riches en argent, nous ne savons pas être riches en accueil, en fraternité, en inattendu, en compagnons de route. Nous ne savons pas être riches en élargissant l’espace de notre tente, de notre cœur, de notre regard. Nous ne regardons plus aux richesses sans nombres que tu places sous nos yeux. Sur le chemin au travail, au supermarché ou au temple regardons-nous vraiment les personnes, les frères et les sœurs que nous croisons ?

Recevons de la bouche du Seigneur lui-même l’assurance du pardon. Nous lisons l’annonce du pardon dans la première épître de Jean, chapitre 1 versets 7 à 10.

[…] si nous marchons dans la lumière, comme Dieu lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché.
Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous.
Si nous reconnaissons nos péchés, il est juste et digne de confiance : il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute injustice. Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous faisons de lui un menteur, et sa parole n'est pas en nous.

Seigneur, personne d’entre nous ne peut avoir la prétention d’être complètement juste, nous avons tous porté nos fardeaux, et nous avons tous trébuché à un moment donné. Mais Tu es là Seigneur qui nous relève. Tu es là et cette certitude nous permet de continuer à marcher, de continuer à faire confiance, de continuer à aimer malgré tout.
Par Ta lumière Seigneur tu viens éclairer nos obscurités, tu nous accueilles dans nos faiblesses, nos abandons et nos trahisons, si nous nous tournons vers Toi.
Seigneur Tu es notre Père et nous sommes Tes enfants.

C'est ensemble qu'ils ont continué de prier.

Symbole des Apôtres

Pasteure Helena Vicario : Dans Ta maison, Seigneur, les demeures sont nombreuses : éclaire, nous t’en prions, tous nos lieux de louange que Tu vois si nombreux et que Tu veux joyeux ; que l’unité de l’Esprit par le lien de la paix nous donne de marcher d’une demeure à l’autre dans la confiance et la fraternité ; que dans chaque maison Ton alliance nous surprenne; que dans cette surprise notre église grandisse, toujours plus belle et libre selon Ta bienveillance, gage de toutes nos alliances.

Abbé Jean Jacques Dufau : Qu’un véritable engagement pour le dialogue, Seigneur, réveille sur la terre Tes paroles d’alliance. Que les terres les plus exposées à la violence et à la haine reconnaissent le pas des artisans de paix ; qu’elles entendent la voix de tous ceux qui comme le baptiste au désert du Jourdain désigne avec courage le passage de l’agneau. Sur cette terre bénie où Ton Fils a marché donne nous de transmettre des paroles de paix, d’alliance et de bonté.

Nous prions ensemble avec les mots que le Seigneur lui-même nous a donnés : Notre Père

Augustin ; père de l’Eglise au IVe siècle,  nous dit :
« Ce n’est pas seulement ta voix qui chante, mais ta main chante aussi, Quand tes actes se conforment à tes paroles. Si ta langue loue Dieu à certaines heures, ta vie doit le louer sans arrêt.
Si tu ne chantes qu’avec ta voix, il y aura des silences. Que ta vie soit un chant que rien n’interrompt.
Chante avec ta vie. Que ton cœur ne se taise pas. Ne laisse jamais ta vie se taire. »

Chantons à l’unisson à la gloire de Dieu le Père, réjouissons-nous pour chaque voix qui s’ajoute à notre chant, que toutes les confessions chrétiennes catholique, protestante, et orthodoxe te chantent Seigneur à l’unisson.

Bénédiction

Helena : Paix à ceux qui sont proches,
Paix à ceux qui sont loin
Paix à vous tous qui êtes de sang divin
Paix par le sang de la Croix.
Paix à tout ce qui commence
s’achève et recommence
dans la fragilité de vos mains nues
Paix à la terre qui est à Dieu
Paix à tout homme, toute femme sur la terre
à tous la Paix de Dieu

Abbé Jean Jacques Dufau :
Et que Dieu tout puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

A la fin de la célébration qui a ravi tout le monde, un échange chaleureux a eu lieu
et certainement des projets pour se retrouver...


Marie de Nazareth est un texte poétique et théâtral d’Alain Combes. Dans ce poème, s’instaure un dialogue imaginaire entre la comédienne du 21e siècle qu’est Marion Combes et Marie de Nazareth qui, à l’âge le la maturité porte un regard sur sa vie. Marie se souvient de la petite fille qu’elle était, ancrée dans les traditions, les paysages, les coutumes de son peuple… Dans le poème, la comédienne tente d’imaginer qui était cette jeune fille si différente, cette femme simple qui va vivre l’impossible…

C’est une Marie très incarnée que l’auteur fait vivre avec délicatesse. Il a écrit ce texte dans un grand élan de joie et de ferveur. Marion Combes est accompagnée par Estelle Besingrand, jeune violoncelliste de talent. Le son chaleureux du violoncelle, très proche de la voix humaine, tisse des fils sonores avec le récit.

L'enfance de Marie à Nazareth

 

 

Marie fiancée à Joseph

Le OUI de Marie... c'est l'entrée dans l'espérance !

« N'aie pas peur Marie... Tu deviendras enceinte et tu enfanteras un fils, tu lui donneras le nom de Jésus... Il sera grand et il sera appelé fils du Très Haut... »

Marie : Où étais-je ce jour-là, à ce moment de l'histoire du monde ? Debout dans ma maison ? Assise sur la terre ? A genoux ou couchée ? Cette folie divine... comment a-t-elle surgi ?
Je ne suis pas prophétesse pour qu'un ange s'adresse à moi ! A peine encore fillette... A peine bientôt femme... Et l'ange me dit terre fertile accueillant un enfant... que je vais recevoir l'unique, le sauveur de mon peuple... qu'il viendra se lover par le souffle de Dieu...
Un enfant, sans l'homme, sans Joseph, comme un nouvel Adam.
A peine encore fillette... et déjà bientôt mère... Que répondre à cette folie divine ? Qui comprendra la sagesse infinie venue par ce chemin étrange jusqu'à mo, crocus fragile balancé par le vent...
Et j'avais les jambes grelottantes, les joues qui frissonnaient et le regard inquiet...

La comédienne : Mais qui voyait sous la douce brise, la force du chêne ? Le rocher qui retient la colline ?
Qui a vu sous la plante fragile les racines profondes accrochées à deux mille ans de promesse...
Car Marie n'était pas seulement Marie... Elle était le fruit d'une longue histoire... Et cette histoire la faisait femme de roc au cœur de chair. Tu vois, je viens roder près de ton courage, petite sœur de sable qu'aucun vent ne disperse... [...]

Toi, Marie, quand l'ange t'a parlé, tu t'es dite servante du Seigneur, disponible à la grâce de Dieu... pour qu'il fasse naître en toi sa propre révélation... Et le chemin de Dieu sera toujours le chemin du vrai, de la bonté, de l'amour, des choses à leur juste place... [...]

Un « oui » est-il faiblesse ou courage ?
Il y a tant de « oui » dans l'histoire des hommes...
L'obéissance arrachée par la force, la peur ou la douleur...
Le « oui » d'innocence abusée, de naïveté séduite...
Ton « oui » à toi n'est pas de renoncement. Tu n'es pas la femme de l'abandon... Tu désires entrer dans le projet de Dieu... au prix d'une folie..;
Pourtant, des millions douteront, moi-même j’hésitais si longtemps, et mon « oui » si petit n'était qu'un « peut-être » attendant d'autres gages, d'autres dons.
Ton « oui » à toi est un « oui » de combat ! Contre le repli, l'avarice de l'existence, la joie pour soi seul, contre les mains serrées qui enferment la vie... Un « oui » de combat pour laisser éclater l'amour en mille paroles, mille gestes, mille pétillements de la lumière de Dieu, un « oui » pour se mettre du côté du Créateur, dans l'absolu de son dessein.
Ce n'était pas un « oui » obéissant, servile, mais... l'entrée dans l'espérance !

 Jésus grandit

Marie : Maintenant, je le sais, je ne serai pas seule, il y a la promesse de Dieu, le fruit comme un soleil de joie qui n'en finira pas de briller...
Je ne serai pas seule : il y a Joseph, le juste qui répond lui aussi à la parole de l'ange, lui aussi choisi, lui aussi appelé... Nos yeux à tous les deux sur l'enfant qui grandit... [...]

Et à l'enfant qui grandit, j'ai dit les mots de mon cœur, j'ai joué avec lui, j'ai dansé avec lui, et Rachel riait de ma fraîcheur de mère, et Joseph fatigué, s'endormait le sourire aux lèvres aux derniers babillements du soir... Car le sauveur du monde, pour l'instant, se tenait dans mes bras. Je le berçais pour l'apaiser, je le soutenais pour marcher, je lui disais les limites et l'espace à franchir... Je grandissais, grandie par mon enfant... [...]

Débuts de la vie publique de Jésus

La comédienne : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? Voici ma mère et mes frères autour de moi. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère... » Et Marie se souvient de la parole de l'ange, et Marie sait qu'elle l'a donné au monde... Mère comme toute mère, elle doit ouvrir ses mains, ouvrir son cœur et regarder se poursuivre la vie... rebondir la vie... [...]

Des pas sur le chemin, des pas sans trop savoir où l'on va, des pas pour se nourrir chaque jour un peu plus de la parole de Jésus, avec le sentiment de s'ouvrir davantage, de respirer plus large...
Ah le ciel infini qui envahit le cœur, qui remplit le corps, qui renouvelle le sang !
Ces hommes et ce femmes traversés d'un regard neuf, voyant le monde avec d'autres yeux...
Et Marie qui balançait entre la joie et la crainte, heureuse de faire partie de ce voyage promis depuis l'aube des siècles... inquiète aussi des prêtres au visage dur, des religieux au silence de fer... Pourtant, tout autour, au bord du chemin, il y a tant de sourires... tant de cris joyeux aux puits, aux sources, au cœur des villages, tant de corps guéris, de vies transformées... Ah le ciel infini qui envahit le cœur !

La Passion

Marie : Et puis, je me souviens de cette nuit où s'est rassemblée la violence des hommes... Oh, ce n'était pas ces quelques soldats, ces serviteurs du temple, ces épées dérisoires... non plus les prêtres en réunion, les chefs religieux, le gouvernement romain...
C'était cette foule qui criait contre Jésus... ce refus de l'amour offert, cette folie qui traverse les siècles pour se débarrasser de l'appel d'en haut, pour être dieu sans Dieu...
N'écoutez pas la douleur d'une mère, le cœur déchiré par le fouet et l'insulte... car c'est l'amour qu'on tue et les hommes qu'on blesse... [...]

 

 

La comédienne : La nuit de Marie, c'est la nuit des disciples, ombres inquiète de ceux qui n'étaient pas au Golgotha, qui fuient la répression, en qui meurt l’espoir, en qui s'éteint la beauté du regard de Dieu recréant l'homme par la main de Jésus, la parole de Jésus, l'amour de Jésus...

La Résurrection

Croire à l'impossible ce n'est pas difficile quand Jésus est là... de nouveau ! 
Sur le chemin d'Emmaüs, dans la chambre fermée... quand il parle, quand son enseignement ouvre l'avenir... « Allez ! » dit-il, et le chemin se trace... « Parlez au monde entier ! » [...]

Marie, ce n'est pas ton fils qui revient !
C'est le Fils qui vient,
le bras de Dieu,
l'espérance des hommes...
Chante Marie !
Chante le Nouveau,
le Vivant,
le Toujours,
chante Marie, chante !