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Marie de Nazareth est un texte poétique et théâtral d’Alain Combes. Dans ce poème, s’instaure un dialogue imaginaire entre la comédienne du 21e siècle qu’est Marion Combes et Marie de Nazareth qui, à l’âge le la maturité porte un regard sur sa vie. Marie se souvient de la petite fille qu’elle était, ancrée dans les traditions, les paysages, les coutumes de son peuple… Dans le poème, la comédienne tente d’imaginer qui était cette jeune fille si différente, cette femme simple qui va vivre l’impossible…

C’est une Marie très incarnée que l’auteur fait vivre avec délicatesse. Il a écrit ce texte dans un grand élan de joie et de ferveur. Marion Combes est accompagnée par Estelle Besingrand, jeune violoncelliste de talent. Le son chaleureux du violoncelle, très proche de la voix humaine, tisse des fils sonores avec le récit.

L'enfance de Marie à Nazareth

 

 

Marie fiancée à Joseph

Le OUI de Marie... c'est l'entrée dans l'espérance !

« N'aie pas peur Marie... Tu deviendras enceinte et tu enfanteras un fils, tu lui donneras le nom de Jésus... Il sera grand et il sera appelé fils du Très Haut... »

Marie : Où étais-je ce jour-là, à ce moment de l'histoire du monde ? Debout dans ma maison ? Assise sur la terre ? A genoux ou couchée ? Cette folie divine... comment a-t-elle surgi ?
Je ne suis pas prophétesse pour qu'un ange s'adresse à moi ! A peine encore fillette... A peine bientôt femme... Et l'ange me dit terre fertile accueillant un enfant... que je vais recevoir l'unique, le sauveur de mon peuple... qu'il viendra se lover par le souffle de Dieu...
Un enfant, sans l'homme, sans Joseph, comme un nouvel Adam.
A peine encore fillette... et déjà bientôt mère... Que répondre à cette folie divine ? Qui comprendra la sagesse infinie venue par ce chemin étrange jusqu'à mo, crocus fragile balancé par le vent...
Et j'avais les jambes grelottantes, les joues qui frissonnaient et le regard inquiet...

La comédienne : Mais qui voyait sous la douce brise, la force du chêne ? Le rocher qui retient la colline ?
Qui a vu sous la plante fragile les racines profondes accrochées à deux mille ans de promesse...
Car Marie n'était pas seulement Marie... Elle était le fruit d'une longue histoire... Et cette histoire la faisait femme de roc au cœur de chair. Tu vois, je viens roder près de ton courage, petite sœur de sable qu'aucun vent ne disperse... [...]

Toi, Marie, quand l'ange t'a parlé, tu t'es dite servante du Seigneur, disponible à la grâce de Dieu... pour qu'il fasse naître en toi sa propre révélation... Et le chemin de Dieu sera toujours le chemin du vrai, de la bonté, de l'amour, des choses à leur juste place... [...]

Un « oui » est-il faiblesse ou courage ?
Il y a tant de « oui » dans l'histoire des hommes...
L'obéissance arrachée par la force, la peur ou la douleur...
Le « oui » d'innocence abusée, de naïveté séduite...
Ton « oui » à toi n'est pas de renoncement. Tu n'es pas la femme de l'abandon... Tu désires entrer dans le projet de Dieu... au prix d'une folie..;
Pourtant, des millions douteront, moi-même j’hésitais si longtemps, et mon « oui » si petit n'était qu'un « peut-être » attendant d'autres gages, d'autres dons.
Ton « oui » à toi est un « oui » de combat ! Contre le repli, l'avarice de l'existence, la joie pour soi seul, contre les mains serrées qui enferment la vie... Un « oui » de combat pour laisser éclater l'amour en mille paroles, mille gestes, mille pétillements de la lumière de Dieu, un « oui » pour se mettre du côté du Créateur, dans l'absolu de son dessein.
Ce n'était pas un « oui » obéissant, servile, mais... l'entrée dans l'espérance !

 Jésus grandit

Marie : Maintenant, je le sais, je ne serai pas seule, il y a la promesse de Dieu, le fruit comme un soleil de joie qui n'en finira pas de briller...
Je ne serai pas seule : il y a Joseph, le juste qui répond lui aussi à la parole de l'ange, lui aussi choisi, lui aussi appelé... Nos yeux à tous les deux sur l'enfant qui grandit... [...]

Et à l'enfant qui grandit, j'ai dit les mots de mon cœur, j'ai joué avec lui, j'ai dansé avec lui, et Rachel riait de ma fraîcheur de mère, et Joseph fatigué, s'endormait le sourire aux lèvres aux derniers babillements du soir... Car le sauveur du monde, pour l'instant, se tenait dans mes bras. Je le berçais pour l'apaiser, je le soutenais pour marcher, je lui disais les limites et l'espace à franchir... Je grandissais, grandie par mon enfant... [...]

Débuts de la vie publique de Jésus

La comédienne : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? Voici ma mère et mes frères autour de moi. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère... » Et Marie se souvient de la parole de l'ange, et Marie sait qu'elle l'a donné au monde... Mère comme toute mère, elle doit ouvrir ses mains, ouvrir son cœur et regarder se poursuivre la vie... rebondir la vie... [...]

Des pas sur le chemin, des pas sans trop savoir où l'on va, des pas pour se nourrir chaque jour un peu plus de la parole de Jésus, avec le sentiment de s'ouvrir davantage, de respirer plus large...
Ah le ciel infini qui envahit le cœur, qui remplit le corps, qui renouvelle le sang !
Ces hommes et ce femmes traversés d'un regard neuf, voyant le monde avec d'autres yeux...
Et Marie qui balançait entre la joie et la crainte, heureuse de faire partie de ce voyage promis depuis l'aube des siècles... inquiète aussi des prêtres au visage dur, des religieux au silence de fer... Pourtant, tout autour, au bord du chemin, il y a tant de sourires... tant de cris joyeux aux puits, aux sources, au cœur des villages, tant de corps guéris, de vies transformées... Ah le ciel infini qui envahit le cœur !

La Passion

Marie : Et puis, je me souviens de cette nuit où s'est rassemblée la violence des hommes... Oh, ce n'était pas ces quelques soldats, ces serviteurs du temple, ces épées dérisoires... non plus les prêtres en réunion, les chefs religieux, le gouvernement romain...
C'était cette foule qui criait contre Jésus... ce refus de l'amour offert, cette folie qui traverse les siècles pour se débarrasser de l'appel d'en haut, pour être dieu sans Dieu...
N'écoutez pas la douleur d'une mère, le cœur déchiré par le fouet et l'insulte... car c'est l'amour qu'on tue et les hommes qu'on blesse... [...]

 

 

La comédienne : La nuit de Marie, c'est la nuit des disciples, ombres inquiète de ceux qui n'étaient pas au Golgotha, qui fuient la répression, en qui meurt l’espoir, en qui s'éteint la beauté du regard de Dieu recréant l'homme par la main de Jésus, la parole de Jésus, l'amour de Jésus...

La Résurrection

Croire à l'impossible ce n'est pas difficile quand Jésus est là... de nouveau ! 
Sur le chemin d'Emmaüs, dans la chambre fermée... quand il parle, quand son enseignement ouvre l'avenir... « Allez ! » dit-il, et le chemin se trace... « Parlez au monde entier ! » [...]

Marie, ce n'est pas ton fils qui revient !
C'est le Fils qui vient,
le bras de Dieu,
l'espérance des hommes...
Chante Marie !
Chante le Nouveau,
le Vivant,
le Toujours,
chante Marie, chante !