Conférences de Carême : Aide à l'Eglise en Détresse, l'ARCHE et le CCFD

 

Le Carême : un temps fort pour prendre le temps d'ouvrir encore plus notre regard et notre cœur à ce que vivent les autres comme nous y ont invités :

- Loïc Bondu de l'AED, Aide à l'Église en Détresse, avec, en supplément, deux témoignages ; celui de Mère Marie-Catherine Kingbo au Niger et celui du Père Jacques Mourad de Syrie. Deux forts témoignages de foi.

- Marie Salesses avec une animatrice et deux pensionnaires de la communauté de l'Arche à Nay.

- un partenaire du CCFD-Terre Solidaire, mais aussi des artisans de Paix de notre région.

 


 

Le 7 mars M. Loïc Bondu, responsable Ouest de l'AED France est venu, à la Maison Saint Jacques, nous partager ce que vivent les chrétiens dans certains pays du monde et comment l'AED leur vient en aide. Une conférence au titre imagé : « Le puits, la moto et l'église : vies chrétiennes aux quatre coins du monde »

Mais avant tout, qu'est-ce-que l'AED, quels sont ses objectifs, ses projets ?

Loïc Bondu : « Ce n'est pas une ONG qui construit des puits (sauf exception), nous on construit des églises (lorsque cela est possible) Ce sont les évêques qui nous disent les besoins, donc notre structure est légère.
Au départ, c'est une Association Catholique Romaine, mais depuis 2 ou 3 ans, nous sommes une Fondation Pontificale. Après la chute du Mur de Berlin, nous nous sommes aperçus que les orthodoxes avaient aussi souffert avec leurs églises détruites, d'où l'extension aux orthodoxes, même si ça a été difficile à faire accepter.

Nous ne travaillons pas dans l'urgence, mais au côté des communautés chrétiennes dans la durée... »


AED Présentation par Chr-Sa-64

Projets de ce Carême 2017 :

- Reconstruction de 50 maisons à Quseir, près de Homs en Syrie. La ville était devenue une ville fantôme car 70% de la population a fui, mais 470 familles ont décidé de rentrer chez elle, 50 d'entre elles ont vraiment besoin d'aide pour vivre dans des conditions décentes (Electricité à réinstaller... portes et fenêtres à poser...)

- Construction de 6 salles de classe pour les réfugiés d'Erbil pour 560 élèves du primaire. Ils ont quitté Mossoul et les villages environnant avec leurs familles en 2014, abandonnant leur maison et tous leurs biens pour fuir l'état islamique. Pour eux, pouvoir poursuivre leur scolarité est l'espoir d'un avenir meilleur...


Des enfants heureux avec leur livre de catéchisme

- Achat d'une moto pour un prêtre des Philippines. Pour accomplir sa mission dans les 11 villages reculés et difficiles d'accès dont il a la charge, il doit pouvoir se déplacer.

- Forage d'un puits d'eau potable en République Démocratique du Congo pour les moniales du Monastère des Carmélites Déchaussées de Kinshasa (même si l'AED n'est pas une ONG). Depuis plus de 30 ans le puits de leur jardin leur permettait de maintenir un petit élevage de poules et de lapins, leur assurant ainsi un petit revenu, mais le puits s'est asséché et effondré.

- Construction d'une église à 25 km de Port-au-Prince en Haïti pour une communauté catholique très pauvre qui a été touchée de plein fouet par le terrible tremblement de terre de 2010, et plus récemment par l'ouragan Matthew. Même si la communauté ne peut pas compter sur l'aide locale pour survivre et se développer, elle reste pleine d'espoir !

Loïc Bondu : « L'AED ne finance pas la totalité des projets pour que les personnes se prennent en charge. La France est le premier pays pour l'argent investi : 25 millions d'euros. (dons, legs, offrandes de messes aux prêtres dans le besoin : certains n'ont même que cela pour vivre)
Le partage entre pays riches et pays pauvres est très important. »

Les trois missions de l'AED :

Informer, inviter à la prière, partager.

Dans cette vidéo, les enfants d'Alep nous partagent leur espoir de PAIX


AED Dessins des enfants d'Alep par Chr-Sa-64

Après cette présentation et ces projets, un autre film
(non visible ici, mais en voici quelques photos)
nous a ouvert les yeux sur une réalité que l'on ne soupçonnait pas :

La vie des chrétiens dans les pays riches du Moyen Orient
Péninsule arabique : 7 états dont Qatar, Arabie Saoudite...

Contrairement au passé, le 21ème siècle voit l'ouverture religieuse dans ces états, alors les églises se remplissent.
Mais, si l'on constate la réussite de ces pays grâce au pétrole, les travailleurs migrants vivent dans des conditions précaires :
52 personnes dans une villa
14 personnes dans 18 m2
manque de droits
12h de travail par jour, 6 à 7 jours par semaine
camps de travail...

Ces conditions de vie difficile engendrent le racisme.
Parmi les travailleurs, 1 million sont citoyens des émirats et 8 millions sont des expatriés.


Les chrétiens sont libres de pratiquer leur religion mais avec des restrictions, car, s'ils s'entendent avec les musulmans modernistes, ce n'est pas le cas avec les 5% de musulmans fondamentalistes, or ce sont eux qui détiennent le pouvoir.

A noter toutefois la vitalité des paroisses catholiques : 300 000 à 400 000 chrétiens, les messes et les sacrements sont célébrés dans plusieurs langues (12 même si la langue officielle est l'anglais) et dans plusieurs rites (8 orientaux dont 6 d'origine arabe et 2 indiens, plus 1 rite latin) Exemple : au Koweit, 5 rites différents dans une même église.

Mgr Paul Hinder d'Abu Dahbi : « Pour la formation spirituelle de tous ces gens (et avec tous ces rites) nous avons besoin de beaucoup plus de prêtres. Chaque groupe veut être seul, séparé des autres, indépendant, c'est tellement difficile de regrouper tous ces gens. Et comment former, avec tant de rites, une Église catholique ? Notre plus grand défi est de former une Église catholique unie avec le respect de la liturgie de chaque rite. »
Un prêtre : « Notre évêque nous dit de ne pas céder à l'exclusivisme, mais que nous devons être unis et, quelles que soient nos différences, ne former qu'un. »
La paroisse devient, pour les chrétiens, un lieu pour regagner leur identité et leur culture, un lieu des référence.

Mgr Camillo Ballin du Bahrein : « Selon certains critères, nous pouvons dire qu'au Bahrein, nous avons 140 000 catholiques et 2 églises, au Qatar 350 000 et 1 église, au Koweit entre 350 et 400 000, et 2 églises, en Arabie Saoudite 1 500 000 uniquement de catholiques et zéro église.
Au total, dans la péninsule arabique, il y a environ 3 millions de fidèles pour 20 églises. Donc, en construire de nouvelles est un défi majeur. Grâce au don généreux d'un terrain, cadeau du roi de Bahrein, le vicariat compte relever le défi en construisant une cathédrale dédiée à Notre Dame d'Arabie. Ce sera une lueur d'espoir pour tous les chrétiens, un symbole de la continuité de l'espérance dans cette région si importante. La nouvelle cathédrale devrait contenir au moins 2000 personnes car nous avons besoin d'espace pour la formation.

Ici, au Bahrein, les chrétiens ont la vie dure, pas à cause du gouvernement, mais parce qu'ils ont quitté leur pays, ils ont quitté leur famille, leurs proches, leurs amis, ils sont ici seuls. Alors nos fidèles souffrent beaucoup, ils ont besoin d'une formation spirituelle particulière pour les aider à rester ce qu'ils sont, autrement ils se perdent. »

Importance aussi de la catéchèse et de la formation des enfants et les jeunes, dans les paroisses et les écoles, c'est un des objectifs de l'Arabie Saoudite, car ce sont eux  les futurs chrétiens, ceux qui auront à continuer de construire des ponts entre les cultures.


Lors d'une messe au Bahrein

Il y a une paroisse avec 6000 enfants le dimanche a Dubaï (Abu Dabi) !
Ce sont des enfants de tous les pays, et ce n'est pas obligatoire à leur âge.
(il n'y a pas d'erreur dans le nombre de zéros !)

Père Tomasito Veneracion : « Les enfants du Catéchisme, sont une des merveilles du monde que vous trouverez à Dubaï, car, je ne pense pas que vous trouverez une paroisse de 6000 enfants qui fréquentent l'école le dimanche ! C'est vraiment formidable comment les sœurs ont organisé ce programme et l'éducation est formidable... »

 

L'Église fait face à de nombreux défis dans cette région historique, connaissant un développement rapide. Cependant, tout au long de l'histoire, la foi a pris racine et a su à s'épanouir sur les terres les plus inattendues. Il y a beaucoup de raisons d'espérer et il ne fait aucun doute que l'Église continuera à grandir et prospérer au milieu du sable, de la roche, de la culture en constant changement de la péninsule arabique.

C'est dans ces états qu'il y a la plus grosse croissance de présence chrétienne
dans le monde, en raison des travailleurs émigrés.

En Arabie Saoudite, la famille royale est ouverte mais elle n'a pas le pouvoir, ce sont les musulmans intégristes qui l'ont.
Comme il n'y a pas d'église, certains catholiques passent la frontière du Bahrein pour assister à des offices religieux, mais pour la plupart, les messes sont clandestines et il faut prendre beaucoup de précautions : 3 voitures différentes, une pour les objets sacrés, une pour le prêtre... et ces messes sont célébrées dans des maisons avec deux portes, pour pouvoir s'enfuir...
Les émigrés français peuvent avoir la messe à l'ambassade car l'archiviste est un prêtre.

Il y a beaucoup de conversions de l'Islam vers la religion chrétienne malgré l'interdiction :
- Si la conversion est en famille, la famille doit quitter le pays.
- Si elle est individuelle, elle reste secrète, les gens n'en parlent pas.

Un immense merci à Loïc Bondu pour la richesse de cette rencontre.

Campagne de Carême 2017

En plus des projets mentionnés,
le 31 mars 2017, ce message est arrivé :

Une invitation à découvrir Mère Marie-Catherine Kingbo, fondatrice de la Congrégation des Servantes du Christ au Niger, qui vient de témoigner pendant une semaine (Nuits des Témoins) de son action dans une région où l'islamisme radical connaît une montée en puissance avec Boko Haram. Ainsi dans la nuit du 16 au 17 janvier 2015, en 4 heures, 80% des églises du pays ont été saccagées et brûlées à cause des caricatures dans Charlie Hebdo.
Cette Église est ultra-minoritaire (98% de musulmans au Niger), mais son action porte des fruits formidables. Un chef de village a un jour dit à Mère Kingbo : "S'il y avait 10 femmes comme vous, tout le Niger aurait changé !"

Elle y délivre un message aux bienfaiteurs de l'AED, et répond à quelques questions.Voir la vidéo ou lire son témoignage en cliquant sur sa photo.

 

Le 13 avril, un autre message à la veille du Vendredi Saint :

celui du Père Jacques Mourad pour les chrétiens de Syrie,
il a vécu un véritable Chemin de Croix dans les geôles de l'État islamique.

Extrait : « Dans ce temps de Carême, je vous demande de porter notre pays, la Syrie, et notre région, le Moyen-Orient, dans vos prières, afin que ce pays trouve bientôt la paix par votre intercession. Qu'il trouve le chemin de la réconciliation, qu'il permette une nouvelle espérance, une nouvelle résurrection pour le peuple syrien.
Je vous demande de prier pour toutes les victimes, tous les morts de cette guerre… Et je vous demande de consacrer les sacrifices que vous pratiquez pendant ce temps de Carême pour sauver des familles qui souffrent dans les camps de réfugiés, dans ce pays.
Ce message est l'occasion de vous remercier pour tout ce que vous avez déjà fait, en sachant que vous avez sauvé la vie de beaucoup de malades, qui ont subi des opérations, dont la vie a été sauvée grâce à votre aide. 
Beaucoup de familles qui n'ont plus rien, qui n'ont pas de logements, qui vivent grâce à vos aides.
Si je suis vivant aujourd'hui, c'est grâce à tout le bien qu'on a fait dans les années passées, avant ma captivité [son enlèvement par Daech pendant 5 mois en 2015]. Merci de m'avoir donné une nouvelle vie. »

Écouter son témoignage : comment sa foi l'a soutenu dans l'épreuve


 

Le 20 mars, à la salle paroissiale Sainte Thérèse, Marie Salesses nous a présenté le dernier film de l'Arche, film magnifique plein de tendresse et d'émotion, suivi du témoignage de membres de la communauté de Nay.

Pour en savoir plus, cliquer sur le logo de l'ARCHE

 


 

Plan de la page :

- Le thème du Carême
- Les témoins de notre région
- Le partenaire du Burundi

Carême 2017 avec le CCFD

Tenant compte du contexte social et politique en France, le thème retenu pour « Vivre le Carême 2017 » par le CCFD est :

« Citoyens responsables,

transformons la clameur du monde en Espérance ».

Cette année 2017, « Vivre le Carême » a mis en résonance les cris et les clameurs du monde en lien avec la période électorale :

« Une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres ». (Laudato Sí § 49)

La responsabilité politique de chacun au moment des élections, c’est qu’ensemble, nous soyons tous attentifs aux cris du monde afin que l’intérêt général soit au cœur de notre société. Cela sous-entend de renouveler l’engagement citoyen par l’écoute des cris d’ici et de là-bas.

Pendant ce temps de Carême, nous passons par un processus qui nous transforme :

  • Entendre les cris du monde : comment sommes-nous attentifs personnellement aux cris ici et là-bas ?
  • Transformer les cris en clameur : que l’on porte alors de manière collective.
  • Agir ensemble vers une action transformatrice : agir aux côtés de ceux qui sont loin, comme ceux qui sont proches.

À travers témoignages en France, paroles de nos partenaires, animations, passons d’une posture d’écoute à celle d’un engagement, qui nous mène vers une transformation sociale, et au-delà, vers une Espérance.

Le 3 avril, à la salle paroissiale de l'église Saint Jean Baptiste, l'un des partenaires du CCFD-Terre Solidaire nous a parlé des actions au Burundi avec une association très dynamique qui œuvre pour la paix.
Trois témoins locaux ont aussi témoigné de leurs actions.

Des témoins dans notre région


Hélène et Marie-Paule nous ont accueillis et ont présenté ces témoins :

« ... C'est intéressant de voir comment, ici, des gens, tout près de nous, s'engagent pour faire des petits pas et construire un "vivre ensemble"... »

 

Alice est animatrice auprès des jeunes.
Avec le mouvement « Franca », elle essaie de les rendre autonomes, mais aussi,
d'ouvrir leur regard vers les autres en leur faisant rencontrer
d'autres jeunes, y compris des jeunes de cultures et de langues différentes.


Carême 2017 avec le CCFD - 1er témoin par Chr-Sa-64

Court extrait : « Les FRANCAS : une association d'éducation populaire créée en 1944 pour les jeunes et pour redynamiser la vie citoyenne de la France. C'est une asso qui porte des valeurs humanistes et dont le cœur du projet, c'est rendre l'enfant autonome pour en faire plus tard un citoyen actif, donc pour l'instant rendre l'enfant acteur de son loisir... Je crois beaucoup à l'apprentissage par l'expérience donc être éducateur de Paix, c'est d'abord pour moi poser un cadre pour ces enfants et les faire jouer dans ce cadre où ils voient des adultes qui sont des citoyens actifs et qui, entre eux, peuvent promouvoir la Paix...
On s'est posé la question de l'accueil de l'étranger, et, comment parler de ça aux enfants...

Pour la dimension internationale, on a eu l'idée de faire venir des personnes d'autres pays dans le centre de loisir ; ça n'allait pas forcément parler aux enfants... On a donc demandé à de jeunes étrangers de venir, pas pour leur parler, mais pour animer des ateliers avec les enfants. Donc, depuis trois mois, on accueille, un Allemand, une Vietnamienne et un Népalais pour faire des jeux que l'on peut faire. Ils ont un accent et ne parlent pas forcément bien le français... mais finalement ça casse des barrières chez les enfants et ils s'aperçoivent que quelqu'un qui vient d'un autre pays et ne parle pas la même langue peut être aussi quelqu'un de sympa... On essaie de casser ainsi l'image "étranger, ça fait peur"... »

 

Denis est professeur au Lycée technique d'Oloron
et, à l'image de ce qui se vit en Italie à Marzabotton près de Bologne,
sorte d'Oradour sur Glane, et en Espagne à Guernica, il a fondé une école de la PAIX.


Carême 2017 avec le CCFD - 2ème témoin par Chr-Sa-64

Court extrait : « A l'école de la Paix de Marzabotto, deux choses se mettent en place : c'est d'abord un lieu de mémoire pour sensibiliser les jeunes italiens, les jeunes européens à ce qui s'est passé pendant la deuxième guerre mondiale, et c'est aussi, pendant les vacances, un lieu où des jeunes peuvent échanger comme ça se fait dans les Francas. Il y a un peu cet embryon d'école de la Paix à Guernica. Et, il y a une personne, un enseignant à la retraite originaire de Bologne, a eu l'idée de monter quelque chose, ici, dans le Béarn, près d'un autre lieu de mémoire, le camp de Gürs, camp d'accueil des gens qui ont fui la guerre d'Espagne, d'indésirables pendant la deuxième guerre mondiale et aussi de juifs qui y ont stationné avant d'être déportés et exterminés...
Il y a eu les attentats en France et j'ai beaucoup écouté mes élèves... et à partir de là, on a mis tout en commun pour essayer de bâtir quelque chose et une chose dont ils doivent être acteurs. Mon rôle a juste été d'être un pont entre les intervenants du lieu, des fictions et mes élèves pour qu'ils puissent bâtir quelque chose. »
Suit la façon dont fonctionne cette ouverture à la paix après avoir réfléchi à la dynamique de la violence mais aussi à la dynamique de l'espérance, à celle de la Paix.

 

Nicole et Babeth agissent au sein de l'association « Bienvenue »
c'est un réseau de familles dont l'objectif est l'accueil inconditionnel des personnes dans la rue

(Dans la vidéo, petits bruits parfois dus à des problèmes de micro)


Carême 2017 avec le CCFD - 3ème témoin par Chr-Sa-64

Court extrait : « ... Migrants : être présents tous simplement au quotidien. L'approche que l'on a, c'est l'accueil inconditionnel de la personne que nous recevons, c'est-à-dire quels que soient sa religion, ses motifs... On n'est pas là pour juger, mais pour accueillir et offrir le maximum d'hospitalité... donc permettre à la personne de réussir au mieux à accéder à un bien-vivre en France, là où elle est venue. Cette association « Bienvenue », si elle n'a pas de grands moyens, elle a un réseau de familles qui, en accueillant pour une semaine ou plus, ouvre une porte supplémentaire à l'espérance pour des personnes qui sont à la rue...
Je pense à une action qui va dans le sens de construire la Paix : j'ai sollicité des amis qui, comme beaucoup de personnes, se disaient "Tous ces étrangers, on ne peut quand même pas accueillir toute la misère du monde, et puis ces musulmans ! Il faut quand même défendre nos valeurs, le catholicisme". On aurait pu rentrer dans des débats qui auraient pu ternir notre amitié et qui seraient stériles si chacun reste campé sur sa position. Mais un jour où j'étais désolée à cause d'une personne seule dans la rue, en leur en parlant, ils ont été touchés dans leur cœur par cette situation, ils ont réfléchi à cette personne qui était un homme de couleur noire et de confession musulmane, avec ses contraintes alimentaires... Ils n'étaient pas préparés à cela et avaient des jeunes filles à la maison, donc tout pour susciter une certaine méfiance, mais, en discutant, ils ont dit "On va dépanner car on ne peut pas en tant que chrétien et humainement accepter de laisser quelqu'un à la rue"...
On a fait tomber une barrière : la peur de l'étranger, du musulman étranger, tout simplement la peur, c'est la politique des petits pas...
»

 

Sylvestre Nshimirimana, partenaire du CCFD-Terre Solidaire,
est venu nous parler du Burundi
et de l'association « REJA » qui œuvre pour la Paix


Carême 2017 avec le CCFD - Partenaire... par Chr-Sa-64

Images et textes du film de présentation du « REJA » avec des témoignages de jeunes

65% de la population sont des jeunes de moins de 25 ans.

Depuis l'accession à l'indépendance du Burundi, des jeunes ont participé activement à des actes de violence. Depuis avril 2015 jusqu'à nos jours, avec le début des mouvements de contestation de la candidature du président sortant, le Burundi est tombé dans une crise humanitaire caractérisée par des assassinats ciblés causant des fuites massives de la population vers les pays voisins.

Ainsi, la peur de rechuter dans les violences à grande échelle s'est installée au sein des communautés, nourrissant ainsi un  climat de méfiance entre les compatriotes en général, entre les jeunes en particulier. Cette même peur n'a pas épargné les investisseurs qui se sont abstenus d'engager leurs capitaux. Le rythme des actions économiques a aussi diminué suite à l'instabilité politique, et les jeunes ont été le premiers à en payer le prix.

Le « REJA », Réseau des organisations des Jeunes en Action pour la Paix, créé en 2001 et agréé en 2003, contribue à la promotion de l'éducation citoyenne dans la ... et le plaidoyer... Il a initié le projet : participation des jeunes à la consolidation de la paix et au développement communautaire du pays en faveur des jeunes de la province de Gitéga, afin de leur permettre d'être actifs dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, à travers l'épargne et le crédit dans cette commune.
D'où la formation à l'épargne et au crédit dans cette commune.

La formation sur l'Épargne et Crédit permettra aux jeunes d'être des créateurs d'emploi,
et par conséquent de lutter contre le chômage.

Témoignages :

Jeanette : "Depuis hier jusqu'à aujourd'hui, j'ai compris qu'une Association ou Groupement n'est pas une seule personne, mais est un contrat entre deux ou plusieurs personnes. Ces dernières se mettent d'accord sur certaines choses et elles doivent se faire confiance mutuellement.
Je vais convaincre les autres de mon Groupement de Solidarité en leur montrant ce que j'ai appris de cette formation. Nous allons aussi échanger et établir les statuts de notre Groupement pour la pérennisation de nos activités."

Eric : "On est en train de nous former sur l'Épargne et le Crédit dans le but de nous permettre de s'auto-développer par de petites activités génératrices de revenus, en utilisant nos petites épargnes par octroi de petits crédits.
Mon attente est l'auto-développement car je vais avoir ou m'orienter quand j'aurais besoin d'un petit crédit pour mener mes petits projets d'intérêt personnel."

Estelle : "Cette formation est bonne pour nous les jeunes d'aujourd'hui. Avant ce projet, beaucoup d'entre nous n'avions pas de visions. Nous ne nous regroupions pas pour partager des idées et des connaissances. Mais maintenant ça nous aide depuis que nous avons commencé avec les GS (Groupements de Solidarité). Aujourd'hui, les choses sont bonnes car nous nous aidons mutuellement.
L'avantage de faire partie d'une Association ou d'un Groupement c'est d'être avec les autres  quand on connaît des problèmes ou des difficultés, il y a toujours des personnes pour te remonter le moral et te soutenir. En plus, avec des Groupements d'Épargne et Crédit, ça te donne la possibilité d'avoir des moyens financiers, même si petits, de satisfaire certains des besoins fondamentaux, alors que seul(e) tu ne pourrais pas."

Anicet : "Après cette formation de l'association REJA, je vais restituer ce que j'ai appris auprès des membres de mon Groupement de Solidarité. Je leur dirai l'importance d'être membre d'une Association ou d'un Groupements de Solidarité, et l'intérêt que ça porte étant donné que les gens y adhérent par influence des autres.
Quant tu es dans un Groupement de Solidarité, tu peux emprunter de l'argent pour mener tes projets qui te permettent de t'auto-développer dans l'avenir. Comme ça, on ne peut pas être chômeur à la fin de ses études quand on mène ses activités génératrices de revenus."

Des jeunes des Groupements de Solidarité ont effectué
des travaux de développement communautaire, moyennant une petite rémunération.
Une partie leur revient et l'autre va dans les caisses de solidarité
pour servir d'impôt interne et de crédit.

Ils ont contribué à la construction du stade de Gitéga, d'une école fondamentale, de courbes de niveau, d'une route. Le traçage des courbes de niveau sur les versants des collines est très important dans la lutte contre l'érosion.

Germain, chef de colline/GIHETA : "Si on ne lutte pas contre l'érosion en traçant les courbes de niveau, tous les éléments nutritifs du sol sont écoulés vers les marais. Pour ces jeunes qui sont en train de tracer des courbes de niveau, premièrement, ils se rassemblent et échangent dans l'objectif de promouvoir le patriotisme. Ils apprennent aussi beaucoup de choses concernant la vie sociale, la solidarité, ainsi que l'épargne et le crédit."

 

Au niveau de l'administration locale, ils sont satisfaits du travail réalisé par les jeunes.

Le projet a été étendu aux plus jeunes pendant les vacances pour éviter la délinquance.

Pour la cohésion sociale, il y a aussi des séances d'animation
sur la non-violence et la résolution pacifique des conflits.

Ernest, conseiller technique/commune Gitega : "Tout ceci est une valeur ajoutée à trois niveaux. Comme ces élèves se connaissaient entre eux, il y avait de bonnes relations, donc, tout d'abord, il y a une bonne cohésion sociale entre les élèves. Deuxièmement : valeur ajoutée envers leurs parents parce que ça diminue la délinquance pendant ces périodes de vacances. Troisièmement, valeur ajoutée au niveau de la commune et de la province..."

Aristide, formateur communal du REJA/GIHETA : "Pour nous les jeunes, premièrement, le contenu de cette séance de formation nous aide à nous préparer pour l'avenir, ça nous permet aussi de travailler ensemble pour l'intérêt commun.
Nous sommes contents de nous retrouver venus de différentes collines, de nous rassembler et de nous entendre sur un même objectif, celui de consolider la PAIX... donc la nécessité de résoudre pacifiquement les conflits s'impose. En effet, nous parlons aussi du conflit dans ces échanges et nous y mettons une grande importance : nous leur montrons que tout doit se passer dans le consensus et la liberté de s'exprimer dans son Association ou Groupement en cas d'incompréhension, et de ne pas critiquer en dehors du groupe. Pour cela, chacun s'exprime en cas de problème, dans le but de trouver la solution ensemble et en toute entente.
"

Les activités ont été clôturées par la caravane pour la Paix
avec la danse des tambourinaires, un concours artistique, des artistes et chanteurs...

Les autorités provinciales et du ministère de l'intérieur ont remercié le REJA.

Remerciements du Gouverneur de la province Gitega

et du DG du ministère de l'intérieur : "Dans cette province de Gitega, il y a eu un plus car le réseau REJA a pu organiser dans 7 communes des activités... Nous voulons remercier le Gouverneur de la province Gitega et le réseau REJA...
Nous sommes satisfaits mai les objectifs ne sont pas encore tous atteints car, pour qu'il y ait la PAIX et la stabilité dans le pays, c'est un travail de longue haleine...
"

Quelques précisions sur le film du REJA par Sylvestre Nshimirimana


Carême 2017 avec le CCFD - Partenaire - après... par Chr-Sa-64