Conférences de Carême : Aide à l'Eglise en Détresse, l'ARCHE et le CCFD - CCFD-Terre Solidaire

 

Plan de la page :

- Le thème du Carême
- Les témoins de notre région
- Le partenaire du Burundi

Carême 2017 avec le CCFD

Tenant compte du contexte social et politique en France, le thème retenu pour « Vivre le Carême 2017 » par le CCFD est :

« Citoyens responsables,

transformons la clameur du monde en Espérance ».

Cette année 2017, « Vivre le Carême » a mis en résonance les cris et les clameurs du monde en lien avec la période électorale :

« Une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres ». (Laudato Sí § 49)

La responsabilité politique de chacun au moment des élections, c’est qu’ensemble, nous soyons tous attentifs aux cris du monde afin que l’intérêt général soit au cœur de notre société. Cela sous-entend de renouveler l’engagement citoyen par l’écoute des cris d’ici et de là-bas.

Pendant ce temps de Carême, nous passons par un processus qui nous transforme :

  • Entendre les cris du monde : comment sommes-nous attentifs personnellement aux cris ici et là-bas ?
  • Transformer les cris en clameur : que l’on porte alors de manière collective.
  • Agir ensemble vers une action transformatrice : agir aux côtés de ceux qui sont loin, comme ceux qui sont proches.

À travers témoignages en France, paroles de nos partenaires, animations, passons d’une posture d’écoute à celle d’un engagement, qui nous mène vers une transformation sociale, et au-delà, vers une Espérance.

Le 3 avril, à la salle paroissiale de l'église Saint Jean Baptiste, l'un des partenaires du CCFD-Terre Solidaire nous a parlé des actions au Burundi avec une association très dynamique qui œuvre pour la paix.
Trois témoins locaux ont aussi témoigné de leurs actions.

Des témoins dans notre région


Hélène et Marie-Paule nous ont accueillis et ont présenté ces témoins :

« ... C'est intéressant de voir comment, ici, des gens, tout près de nous, s'engagent pour faire des petits pas et construire un "vivre ensemble"... »

 

Alice est animatrice auprès des jeunes.
Avec le mouvement « Franca », elle essaie de les rendre autonomes, mais aussi,
d'ouvrir leur regard vers les autres en leur faisant rencontrer
d'autres jeunes, y compris des jeunes de cultures et de langues différentes.


Carême 2017 avec le CCFD - 1er témoin par Chr-Sa-64

Court extrait : « Les FRANCAS : une association d'éducation populaire créée en 1944 pour les jeunes et pour redynamiser la vie citoyenne de la France. C'est une asso qui porte des valeurs humanistes et dont le cœur du projet, c'est rendre l'enfant autonome pour en faire plus tard un citoyen actif, donc pour l'instant rendre l'enfant acteur de son loisir... Je crois beaucoup à l'apprentissage par l'expérience donc être éducateur de Paix, c'est d'abord pour moi poser un cadre pour ces enfants et les faire jouer dans ce cadre où ils voient des adultes qui sont des citoyens actifs et qui, entre eux, peuvent promouvoir la Paix...
On s'est posé la question de l'accueil de l'étranger, et, comment parler de ça aux enfants...

Pour la dimension internationale, on a eu l'idée de faire venir des personnes d'autres pays dans le centre de loisir ; ça n'allait pas forcément parler aux enfants... On a donc demandé à de jeunes étrangers de venir, pas pour leur parler, mais pour animer des ateliers avec les enfants. Donc, depuis trois mois, on accueille, un Allemand, une Vietnamienne et un Népalais pour faire des jeux que l'on peut faire. Ils ont un accent et ne parlent pas forcément bien le français... mais finalement ça casse des barrières chez les enfants et ils s'aperçoivent que quelqu'un qui vient d'un autre pays et ne parle pas la même langue peut être aussi quelqu'un de sympa... On essaie de casser ainsi l'image "étranger, ça fait peur"... »

 

Denis est professeur au Lycée technique d'Oloron
et, à l'image de ce qui se vit en Italie à Marzabotton près de Bologne,
sorte d'Oradour sur Glane, et en Espagne à Guernica, il a fondé une école de la PAIX.


Carême 2017 avec le CCFD - 2ème témoin par Chr-Sa-64

Court extrait : « A l'école de la Paix de Marzabotto, deux choses se mettent en place : c'est d'abord un lieu de mémoire pour sensibiliser les jeunes italiens, les jeunes européens à ce qui s'est passé pendant la deuxième guerre mondiale, et c'est aussi, pendant les vacances, un lieu où des jeunes peuvent échanger comme ça se fait dans les Francas. Il y a un peu cet embryon d'école de la Paix à Guernica. Et, il y a une personne, un enseignant à la retraite originaire de Bologne, a eu l'idée de monter quelque chose, ici, dans le Béarn, près d'un autre lieu de mémoire, le camp de Gürs, camp d'accueil des gens qui ont fui la guerre d'Espagne, d'indésirables pendant la deuxième guerre mondiale et aussi de juifs qui y ont stationné avant d'être déportés et exterminés...
Il y a eu les attentats en France et j'ai beaucoup écouté mes élèves... et à partir de là, on a mis tout en commun pour essayer de bâtir quelque chose et une chose dont ils doivent être acteurs. Mon rôle a juste été d'être un pont entre les intervenants du lieu, des fictions et mes élèves pour qu'ils puissent bâtir quelque chose. »
Suit la façon dont fonctionne cette ouverture à la paix après avoir réfléchi à la dynamique de la violence mais aussi à la dynamique de l'espérance, à celle de la Paix.

 

Nicole et Babeth agissent au sein de l'association « Bienvenue »
c'est un réseau de familles dont l'objectif est l'accueil inconditionnel des personnes dans la rue

(Dans la vidéo, petits bruits parfois dus à des problèmes de micro)


Carême 2017 avec le CCFD - 3ème témoin par Chr-Sa-64

Court extrait : « ... Migrants : être présents tous simplement au quotidien. L'approche que l'on a, c'est l'accueil inconditionnel de la personne que nous recevons, c'est-à-dire quels que soient sa religion, ses motifs... On n'est pas là pour juger, mais pour accueillir et offrir le maximum d'hospitalité... donc permettre à la personne de réussir au mieux à accéder à un bien-vivre en France, là où elle est venue. Cette association « Bienvenue », si elle n'a pas de grands moyens, elle a un réseau de familles qui, en accueillant pour une semaine ou plus, ouvre une porte supplémentaire à l'espérance pour des personnes qui sont à la rue...
Je pense à une action qui va dans le sens de construire la Paix : j'ai sollicité des amis qui, comme beaucoup de personnes, se disaient "Tous ces étrangers, on ne peut quand même pas accueillir toute la misère du monde, et puis ces musulmans ! Il faut quand même défendre nos valeurs, le catholicisme". On aurait pu rentrer dans des débats qui auraient pu ternir notre amitié et qui seraient stériles si chacun reste campé sur sa position. Mais un jour où j'étais désolée à cause d'une personne seule dans la rue, en leur en parlant, ils ont été touchés dans leur cœur par cette situation, ils ont réfléchi à cette personne qui était un homme de couleur noire et de confession musulmane, avec ses contraintes alimentaires... Ils n'étaient pas préparés à cela et avaient des jeunes filles à la maison, donc tout pour susciter une certaine méfiance, mais, en discutant, ils ont dit "On va dépanner car on ne peut pas en tant que chrétien et humainement accepter de laisser quelqu'un à la rue"...
On a fait tomber une barrière : la peur de l'étranger, du musulman étranger, tout simplement la peur, c'est la politique des petits pas...
»

 

Sylvestre Nshimirimana, partenaire du CCFD-Terre Solidaire,
est venu nous parler du Burundi
et de l'association « REJA » qui œuvre pour la Paix


Carême 2017 avec le CCFD - Partenaire... par Chr-Sa-64

Images et textes du film de présentation du « REJA » avec des témoignages de jeunes

65% de la population sont des jeunes de moins de 25 ans.

Depuis l'accession à l'indépendance du Burundi, des jeunes ont participé activement à des actes de violence. Depuis avril 2015 jusqu'à nos jours, avec le début des mouvements de contestation de la candidature du président sortant, le Burundi est tombé dans une crise humanitaire caractérisée par des assassinats ciblés causant des fuites massives de la population vers les pays voisins.

Ainsi, la peur de rechuter dans les violences à grande échelle s'est installée au sein des communautés, nourrissant ainsi un  climat de méfiance entre les compatriotes en général, entre les jeunes en particulier. Cette même peur n'a pas épargné les investisseurs qui se sont abstenus d'engager leurs capitaux. Le rythme des actions économiques a aussi diminué suite à l'instabilité politique, et les jeunes ont été le premiers à en payer le prix.

Le « REJA », Réseau des organisations des Jeunes en Action pour la Paix, créé en 2001 et agréé en 2003, contribue à la promotion de l'éducation citoyenne dans la ... et le plaidoyer... Il a initié le projet : participation des jeunes à la consolidation de la paix et au développement communautaire du pays en faveur des jeunes de la province de Gitéga, afin de leur permettre d'être actifs dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, à travers l'épargne et le crédit dans cette commune.
D'où la formation à l'épargne et au crédit dans cette commune.

La formation sur l'Épargne et Crédit permettra aux jeunes d'être des créateurs d'emploi,
et par conséquent de lutter contre le chômage.

Témoignages :

Jeanette : "Depuis hier jusqu'à aujourd'hui, j'ai compris qu'une Association ou Groupement n'est pas une seule personne, mais est un contrat entre deux ou plusieurs personnes. Ces dernières se mettent d'accord sur certaines choses et elles doivent se faire confiance mutuellement.
Je vais convaincre les autres de mon Groupement de Solidarité en leur montrant ce que j'ai appris de cette formation. Nous allons aussi échanger et établir les statuts de notre Groupement pour la pérennisation de nos activités."

Eric : "On est en train de nous former sur l'Épargne et le Crédit dans le but de nous permettre de s'auto-développer par de petites activités génératrices de revenus, en utilisant nos petites épargnes par octroi de petits crédits.
Mon attente est l'auto-développement car je vais avoir ou m'orienter quand j'aurais besoin d'un petit crédit pour mener mes petits projets d'intérêt personnel."

Estelle : "Cette formation est bonne pour nous les jeunes d'aujourd'hui. Avant ce projet, beaucoup d'entre nous n'avions pas de visions. Nous ne nous regroupions pas pour partager des idées et des connaissances. Mais maintenant ça nous aide depuis que nous avons commencé avec les GS (Groupements de Solidarité). Aujourd'hui, les choses sont bonnes car nous nous aidons mutuellement.
L'avantage de faire partie d'une Association ou d'un Groupement c'est d'être avec les autres  quand on connaît des problèmes ou des difficultés, il y a toujours des personnes pour te remonter le moral et te soutenir. En plus, avec des Groupements d'Épargne et Crédit, ça te donne la possibilité d'avoir des moyens financiers, même si petits, de satisfaire certains des besoins fondamentaux, alors que seul(e) tu ne pourrais pas."

Anicet : "Après cette formation de l'association REJA, je vais restituer ce que j'ai appris auprès des membres de mon Groupement de Solidarité. Je leur dirai l'importance d'être membre d'une Association ou d'un Groupements de Solidarité, et l'intérêt que ça porte étant donné que les gens y adhérent par influence des autres.
Quant tu es dans un Groupement de Solidarité, tu peux emprunter de l'argent pour mener tes projets qui te permettent de t'auto-développer dans l'avenir. Comme ça, on ne peut pas être chômeur à la fin de ses études quand on mène ses activités génératrices de revenus."

Des jeunes des Groupements de Solidarité ont effectué
des travaux de développement communautaire, moyennant une petite rémunération.
Une partie leur revient et l'autre va dans les caisses de solidarité
pour servir d'impôt interne et de crédit.

Ils ont contribué à la construction du stade de Gitéga, d'une école fondamentale, de courbes de niveau, d'une route. Le traçage des courbes de niveau sur les versants des collines est très important dans la lutte contre l'érosion.

Germain, chef de colline/GIHETA : "Si on ne lutte pas contre l'érosion en traçant les courbes de niveau, tous les éléments nutritifs du sol sont écoulés vers les marais. Pour ces jeunes qui sont en train de tracer des courbes de niveau, premièrement, ils se rassemblent et échangent dans l'objectif de promouvoir le patriotisme. Ils apprennent aussi beaucoup de choses concernant la vie sociale, la solidarité, ainsi que l'épargne et le crédit."

 

Au niveau de l'administration locale, ils sont satisfaits du travail réalisé par les jeunes.

Le projet a été étendu aux plus jeunes pendant les vacances pour éviter la délinquance.

Pour la cohésion sociale, il y a aussi des séances d'animation
sur la non-violence et la résolution pacifique des conflits.

Ernest, conseiller technique/commune Gitega : "Tout ceci est une valeur ajoutée à trois niveaux. Comme ces élèves se connaissaient entre eux, il y avait de bonnes relations, donc, tout d'abord, il y a une bonne cohésion sociale entre les élèves. Deuxièmement : valeur ajoutée envers leurs parents parce que ça diminue la délinquance pendant ces périodes de vacances. Troisièmement, valeur ajoutée au niveau de la commune et de la province..."

Aristide, formateur communal du REJA/GIHETA : "Pour nous les jeunes, premièrement, le contenu de cette séance de formation nous aide à nous préparer pour l'avenir, ça nous permet aussi de travailler ensemble pour l'intérêt commun.
Nous sommes contents de nous retrouver venus de différentes collines, de nous rassembler et de nous entendre sur un même objectif, celui de consolider la PAIX... donc la nécessité de résoudre pacifiquement les conflits s'impose. En effet, nous parlons aussi du conflit dans ces échanges et nous y mettons une grande importance : nous leur montrons que tout doit se passer dans le consensus et la liberté de s'exprimer dans son Association ou Groupement en cas d'incompréhension, et de ne pas critiquer en dehors du groupe. Pour cela, chacun s'exprime en cas de problème, dans le but de trouver la solution ensemble et en toute entente.
"

Les activités ont été clôturées par la caravane pour la Paix
avec la danse des tambourinaires, un concours artistique, des artistes et chanteurs...

Les autorités provinciales et du ministère de l'intérieur ont remercié le REJA.

Remerciements du Gouverneur de la province Gitega

et du DG du ministère de l'intérieur : "Dans cette province de Gitega, il y a eu un plus car le réseau REJA a pu organiser dans 7 communes des activités... Nous voulons remercier le Gouverneur de la province Gitega et le réseau REJA...
Nous sommes satisfaits mai les objectifs ne sont pas encore tous atteints car, pour qu'il y ait la PAIX et la stabilité dans le pays, c'est un travail de longue haleine...
"

Quelques précisions sur le film du REJA par Sylvestre Nshimirimana


Carême 2017 avec le CCFD - Partenaire - après... par Chr-Sa-64